Emmanuelle HUYNH
Département des pratiques artistiques  

Emmanuelle Huynh danseuse, chorégraphe et enseignante a étudiée la danse et la philosophie. Son travail explore la relation avec la littérature, la musique, la lumière, l’ikebana (art floral japonais) et l’architecture.

Elle crée « Mùa » (1994), « A Vida Enorme » (2002), « Cribles » (2009), « Shinbai, le Vol de l’âme » (2009), « TÔZAI !... » (2014).

De 2004 à 2012, elle a dirigé le Centre national de danse contemporaine d’Angers et refonde l’école, en créant notamment un nouveau cursus, « Essais », qui dispense alors un « master danse, création, performance ».

En février 2016, avec Jocelyn Cottencin, elle crée « A taxi driver, an architect and the High Line », Un portrait de la ville de New York à travers son architecture, ses espaces, ses habitants, un spectacle composé de films portraits et d’une performance, à la Passerelle Centre d’art contemporain (Brest).

Elle prépare actuellement une pièce à partir de « Formation » l’oeuvre autobiographique de Pierre Guyotat.

Elle est nommée professeure dans le domaine de la chorégraphie, de la danse et de la performance aux Beaux-Arts de Paris en juin 2016.

Note d’intention : Entrer
C’est le titre de cette première année de la danse à l’ENSBA. Je travaillerai cette année à ENTRER. Comme entrer sur scène, entrer à l’école, entrer en formation, en travail, en relation. Les danseurs disent aussi « entrer en création » quand la date de première posée, les semaines de répétition commencent.

ENTRER prendra toute l’année puisqu’il faudra se préparer à quelque chose qui a déjà eu lieu. ENTRER contribuera à faire émerger une pensée et une pratique du corps au sein de l’ENSBA, induire des circulations entre les différents ateliers, les cours théoriques, les séminaires, considérera l’école entière comme une scène avec laquelle expérimenter.

Produire par et avec le corps nécessite des outils particuliers qui font appel et mettent en synergie une pluralité de connaissances : conscience corporelle, spatiale, temporelle mais aussi histoire des formes chorégraphiques elles-mêmes reliées à un contexte artistique élargi, historique, philosophique, anthropologique, religieux, politique et économique.

Produire un geste, un espace est tout autant un geste pratique qu’un geste théorique.

J’envisagerai chaque projet d’étudiant comme une école en soi que celui-ci, le groupe de l’atelier et moi-même devrons nourrir, questionner et soutenir par des ressources présentes dans l’école ou ailleurs.

Ainsi, suivant les projets des étudiants, la danse abstraite américaine, les avants gardes des années 1960, l’expressionnisme allemand, le butô, la nouvelle danse française, la performance, la danse-théâtre, la danse-conceptuelle, le théâtre, le théâtre d’objets, la poésie sonore mais aussi le yoga dynamique ou la danse techno, la lumière et la musique, et leur projet de corps pourront servir de « fondamentaux provisoires » et d’appuis historiques à la quinzaine de projet écoles qui constitueront l’atelier. Ces appuis permettront de reconnaitre d’où l’on parle et comment situer son travail aujourd’hui.

Des artistes ou théoriciens invités visiteront l’atelier.

ENTRER sortira régulièrement de l’école : lieux de répétition, de création, de formation en danse, en architecture, en théâtre permettront d’autres gestes.