PHILIPPE COGNEE « Collection 3 ».
Département des pratiques artistiques

« Le XXe siècle a été riche en rebondissements techniques et technologiques de toutes sortes; le XXIe qui commence promet de l’être encore plus. Notre perception du temps et de l’espace, donc notre vision, s’est considérablement transformée. Parce que nous sommes les témoins vivants de ces changements, voire les acteurs, notre devoir en tant que plasticiens est d’inventer de nouvelles interprétations de la vision. Comment situer l’acte pictural dans ces nouveaux champs perceptifs ? Comment faire se correspondre technique et forme pour produire du sens? Quels moyens mettre en œuvre que la peinture est à même de prendre en compte sans se dénaturer ? Ce sont là les questions essentielles qui seront abordées au sein d’un atelier qui se veut un lieu laboratoire.»

Né en 1957 à Nantes où il vit et travaille, ayant passé son enfance et son adolescence au Bénin, Philippe Cognée a enseigné à l’École des beaux-arts d’Angers avant d’être nommé en 2005 aux Beaux-arts de Paris. Il a commencé à montrer son travail au début des années 1980 dans le contexte d’une époque qui posait la question du figurable, exposant dans des galeries tant fran
çaises qu’étrangères et notamment au musée des beaux-arts de Nantes en 1988. Son travail de peinture et de sculpture était alors élaboré sur la mémoire des ressentis de son passé africain. Au tournant des années 1990, un changement radical s’est opéré dans son travail, impliquant l’image photographique, puis filmée, dans le processus de création de l’image peinte. À la vision photographique s’est ajouté le recours à la technique de la peinture à la cire chauffée au fer à repasser, lui permettant la réalisation d’images peintes spécifiques, caractérisées par leur floutage et un effet très singulier de dématérialisation. Son univers peint semble dès lors s’organiser entre deux pôles opposés, construction et destruction. De nombreuses expositions institutionnelles et en galeries jalonnent son parcours tout au long des vingt dernières années. Il expose régulièrement à la galerie Templon à Paris et à la galerie Alice Pauli à Lausanne. Des expositions personnelles lui ont été consacrées en 2008, à la galerie Alice Pauli à Lausanne, en 2009 et 2010, à la galerie Templon à Paris qui a publié une monographie, avec une préface d’Henry-Claude Cousseau, en 2011 au musée Mori à Tokyo.
En 2009-2010, il réalise une commande publique (1%) pour le château de Versailles et participe à l’exposition C’est la vie vanités au musée Maillol à Paris.