ARP : séminaire ART RECHERCHE PRATIQUE

Placé sous la direction de Marie José Burki, responsable de la recherche, le séminaire se décline sous la forme de séances de discussion autour des travaux en cours des doctorant.e.s et de tables-rondes. Leur objectif  est de créer un dialogue avec des intervenant.e.s du milieu artistique ou culturel, artistes, commissaires d’expositions, critiques, historiens, conservateurs et directeurs de musées, écrivains et  éditeurs, autour d’une question commune.

Ces rencontres d’un format de deux jours, se déroulent suivant un principe fondamental, propre au programme : croiser les expériences et les univers. La première journée est consacrée aux échanges et aux discussions avec les invité.e.s et la seconde dédiée aux des entretiens individuels avec les doctorant.e.s. 

En parallèle de ces rencontres, de personnalités qualifiées ont lieu ponctuellement au long de l’année : artistes, écrivains, artisans, etc. seront invités à s’exprimer autour de leurs pratiques et de leurs recherches. Ces invitations particulières d’un format d’une journée, comprennent des séances de travail individuelles avec les doctorant.e.s.

En 2016-2017, deux thématiques seront abordées : 

Raconter/Montrer 

Les questions anthropologiques, politiques, sociétales suscitent un vif intérêt de la part des commissaires d’expositions.  Aux  sources de beaucoup d’expositions, se trouvent des questions et des préoccupations qui   empruntent au champ de la réflexion  critique ou au champ littéraire. Comment dès lors articuler ce qui relève du discours dans l’espace d’exposition ? 

Ce premier axe de réflexion s’enrichira d’autres interrogations sur les dispositifs d’exposition eux-mêmes. 

Un écrivain, une œuvre littéraire, se retrouvent à la source d’une exposition,  du dispositif artistique émergent à partir de récits historiques, le cinéma se retrouve exposé...Qu’en est-il de la présence d’œuvres narratives et discursives dans les salles d’expositions ? Quelles en sont les lisibilités ?  Comment s’articulent-elles à l’espace ? 

Nous interrogerons les rapports entre l’œil et le récit et le sens à donner au visible. 

Des artistes construisent un parcours dans l’espace muséal telle une narration, les salles s’enchaînent selon un certain développement.  Comment un tel procédé d’exposition se construit-il ? L’œuvre est parfois le dispositif d’exposition lui-même. Qu’en est-il de sa spécificité ? Celui-ci est-il reproductible dans un autre lieu et un autre temps ? 

La forme même du récit et sa critique seront questionnées lors des rencontres, les doctorant.e.s  seront invité.e.s à réfléchir aux questions posées au moyen de leurs pratiques  propres et à faire des propositions de présentations d’œuvres. 

Développer/Montrer  

S’articulant autour de ces deux termes, la réflexion portera sur l’espace même de la production de l’artiste. Comment qualifier aujourd’hui le lieu de travail de l’artiste ? Qu’en est-il de cet espace multiple dans ses définitions : portatif (ordinateur), virtuel (internet), physique (atelier), matériel (table), intime (chambre), collaboratif ou partagé (galerie, musée)... 

A partir de la rentrée 2016-2017, les doctorant.e.s ont également la possibilité de suivre le séminaire de Pierre Alferi intitulé « Écritures de l’art » ainsi qu’un séminaire intitulé Désirs d’Asie, proposé par Antoine de Baecque (Ens) et Clélia Zernik (Beaux-Arts de Paris)

Ce séminaire est organisé en collaboration avec l’Ens et la Fémis et se tiendra à tour de rôle dans chacune des trois écoles. Il est ouvert aux doctorant.e.s SACRe ainsi qu’aux étudiants des trois écoles (4e et 5e années).

Présentation du séminaire :

Depuis quelques décennies, le voyage en Asie prend la tournure d’un nouveau « Grand Tour » : le parcours en Asie, centré sur les mégalopoles de Tokyo, Hong Kong, Singapour, Séoul ou Shanghai, constitue un voyage initiatique, un nouveau territoire pour la connaissance et l’imaginaire. Intellectuels et artistes font ainsi constamment l’épreuve de ce déplacement, rejoignant ces terres éloignées, traditionnellement associées à la figure symbolique des « antipodes », de l’envers du monde. L’enjeu du séminaire ne sera pas tant d’approfondir nos connaissances de la culture asiatique, mais plutôt de comprendre l’origine de ce désir d’Asie ; non pas tenter de définir ce que l’Asie « est », mais bien plutôt ce que l’Asie « fait » aux intellectuels, aux artistes et aux cinéastes. Nous voudrions comprendre ce que le séjour en Asie opère comme déplacement, aussi bien dans la pensée que dans les arts.

Durée : 8 séances de 3h, le premier mardi de chaque mois, d’octobre 2016 à mai 2017.