CM Histoire de la création littéraire

Quel était le sujet?

Enseignant

Pierre ALFERI

Objectifs

Sous ce titre, et dans le droit fil du cours précédent consacré aux détours narratifs avant 1800, nous suivrons à la trace le sujet perdu de la prose moderne.

En démarquant, dix ans après, le Tristram Shandy de Laurence Sterne, Diderot fait le Jacques pour désorienter ses lecteurs et lectrices. L’avenir est alors à cette manière marrante de narrer que Friedrich Schlegel nomme l’« arabesque ». Ainsi, Baudelaire a beau désapprouver les détours incessants de Thomas de Quincey, il lui emboîte le pas dans ses propres récits d’ivresses. Il aurait dû compter parmi les caractéristiques de la modernité qu’il épingla, le triomphe de la digression. Car ce divertissement devient une paradoxale épine dorsale pour plusieurs mastodontes de la prose moderne : le labyrinthe du temps perdu dans La Recherche, les deux massifs romanesques de James Joyce, la trilogie de Samuel Beckett. Et l’on apprend encore à perdre joyeusement résolument le fil, grâce aux jeux de piste narratifs de leur compatriote Flann O’Brien, à la prose piétonne de Robert Walser, et à celle, cycliste et ferroviaire, d’un autre Suisse fantasque, Charles-Albert Cingria.

Dans l’examen de courts extraits au compte-fils comme dans la traversée de deux siècles au pas de charge, le leitmotiv du cours sera donc :

« Il faut suivre ».

Année d’études : 1 ; 2 ; 3

Les mercredis, de 14h à 16h, amphithéâtre du Mûrier