CM Philosophie de l’art

Fenêtres ouvertes ou fermées

Enseignante

Clélia ZERNIK

Objectifs

Ce cours introduit aux grands débats de la philosophie de l’art en s’appuyant sur des textes classiques ou contemporains et en les articulant avec des analyses constantes d’oeuvres.

Contenu et méthodes

« Celui qui regarde du dehors à travers une fenêtre ouverte, ne voit jamais autant de choses que celui qui regarde une fenêtre fermée. Il n’est pas d’objet plus profond, plus mystérieux, plus fécond, plus ténébreux, plus éblouissant qu’une fenêtre éclairée d’une chandelle. Ce qu’on peut voir au soleil est toujours moins intéressant que ce qui se passe derrière une vitre. »

(Les fenêtres, Petits poèmes en prose, Charles Baudelaire).

Dans son De pictura (1435), Leon Battista Alberti utilise la comparaison de la fenêtre ouverte pour saisir l’essence du tableau. Outre un rapport inaugural à la peinture, l’image de la fenêtre permet d’articuler des concepts comme ceux d’intérieur et d’extérieur, de surface et de profondeur, d’objectivité et de subjectivité, de participation et de distanciation, de proche et de lointain, de pays et de paysage. Par son cadre, par la transparence de sa vitre, la fenêtre est à la fois frontière et ouverture, appel d’air et mise à disposition du monde. Figure de l’accès et du point de vue, elle nous permet de penser notre rapport au monde ordinaire comme notre percée vers tout un champ de mondes possibles parallèles, de monde dans le monde et d’espaces autres.

Suivant le fil conducteur de la fenêtre, nous aborderons des questions classiques de représentation, avec les peintres et les philosophes, tout autant que celles plus contemporaines de virtualisation du monde et de mise en abîme, au prisme par exemple de la fenêtre d’ordinateur.

Année d’études : 1 ; 2 ; 3

Les lundis, de 13h à 15h30, amphithéâtre des Loges