Lea Gattoni à un travail du dessin qui se déploie sur papier ou sur toile, en petit comme en très grand format, jusqu’à s’évader parfois dans une édition, sur bois, ou même sur les murs. Les traits qu’elle donne à voir, libres et organiques, semblent nous donner les clefs d’un dess(e)in incertain, brouillon et presque chaotique. Son travail de peinture met au centre du récit la trace, le reste.
Les formes sont comme effacées, les mots barrés, raturés, recouverts ; la matière déposée sur la toile semble évoquer la texture de la chaux, surface minérale et froide ; les couleurs terreuses et organiques gardent les traces du pinceau. Bien que se déployant en 2D, son travail n’est jamais figé et tout semble bouger encore. Il grandit et se métamorphose comme un système organique, presque charnel, qui célèbre les failles, fragilités et secrets du quotidien.
Mêlant extraits de vie, souvenirs d’enfance et formes presque obsessionnelles, son travail est rempli de symboles qui composent et recomposent des récits rapides et vivants, qui nous font sentir particulièrement présents. Une louve, une flèche, une horloge, un jeu, une cellule. On regarde ses toiles comme un code à déchiffrer, une énigme qui nous appelle et nous prend dans un tourbillon flottant.
Texte par Olga de Bastier.
Lea Gattoni’s drawing practice unfolds on paper or canvas, in both small and very large formats, sometimes branching out into prints, woodwork, or even murals. The lines she presents—free and organic—seem to offer us the keys to an uncertain, rough and almost chaotic design. Her painting places the trace, the remnant, at the heart of the narrative.
The forms appear as though erased; the words are crossed out, scribbled over, or covered up; the material applied to the canvas seems to evoke the texture of lime, a cold, mineral surface; the earthy, organic colours retain the traces of the brush. Although presented in two dimensions, her work is never static, and everything still seems to be in motion. It grows and transforms like an organic, almost carnal system, celebrating the flaws, fragilities and secrets of everyday life.
Blending snippets of life, childhood memories and almost obsessive forms, her work is filled with symbols that compose and recompose swift, vivid narratives, making us feel particularly present. A she-wolf, an arrow, a clock, a game, a cell. We look at her canvases as if they were a code to be deciphered, a riddle that calls out to us and draws us into a floating whirlwind.
Text by Olga de Bastier.