Avoir fait le choix de suivre une formation en école d’art est audacieux. Audacieux parce qu’il vous engage dans des études qui ne sont pas normées mais qui ne sont pas non plus sans règles. Audacieux parce qu’il suppose un engagement personnel intense qui touche sans doute à ce qui vous est le plus propre mais qui ne se fait pas sans une conscience vive du collectif, que ce soit celui de l’École, de l’atelier, de tel collectif artistique ou associatif auquel vous participez ou participerez. Avoir fait ce choix suppose que vous soyez activement prêtes et prêts à être formés. Ce qui ne veut pas dire déformés ou réformés et qui ne se limite pas à être informés. Mais ce qui suppose bel et bien d’être « formés » et de surcroît formés à l’invention des formes, à l’exploration de leurs langages, à l’extension de leurs limites dans divers contextes, du plus politique au plus intime. Cette formation n’est pas uniforme. Elle n’est pas tout à fait prévisible. Elle se conforme à l’ensemble des trajectoires singulières qui se dessinent : la vôtre mais aussi celle de toutes les étudiantes et tous les étudiants, de toutes les enseignantes et tous les enseignants dont bon nombre sont aussi artistes et qui, à certains égards, continuent aussi de se former à votre contact. Autrement dit, ce choix d’une formation audacieuse est beaucoup plus large qu’un choix personnel. Il est aussi un choix d’école, celui de l’École nationale supérieure des beaux-arts qui, elle aussi, se transforme.
L’année 2026-2027 sera à cet égard l’année du début de grands travaux qui concerneront en particulier les cours d’Honneur et Bonaparte et impacteront les entrées et circulations dans l’École. Il s’agit donc d’aborder cette année en prenant résolument en compte les efforts que nous aurons collectivement à faire pour organiser dans les meilleures conditions possibles cette formation que vous avez fait le choix de suivre. Il s’agit aussi d’aborder cette année en réservant le meilleur accueil aux nouvelles étudiantes et aux nouveaux étudiants (que ce soit en formation initiale, à la Via Ferrata, dans le cadre du programme Hérodote, de la Filière Fresque & Art en situation ou du doctorat SACRe), mais aussi aux nouvelles cheffes d’atelier qui nous rejoignent : Katinka Bock et Myriam Mihindou, ainsi qu’à Sébastien Lifschitz qui remplace Clément Cogitore au premier semestre, à la nouvelle professeure invitée : Jill Mulleady, aux nouveaux professeurs qui porteront chacun et chacune un semestre du séminaire invité de deuxième cycle : Barbara Glowczewski et Mohamed Amer Meziane. Ils et elles ont fait aussi un choix audacieux en rejoignant l’École. Nous pourrons ensemble travailler à l’axe de recherche « Héritages extractivistes » qui mobilise l’École tout au long de l’année, mais aussi se positionner de manière ni béatement servile ni unilatéralement hostile face aux intelligences artificielles. Ces questions nous traversent, à Saint-Germain-des-Prés comme à Saint-Ouen-sur-Seine, il s’agit de ne pas les subir mais de les intégrer constructivement à cette formation que nous avons en partage.
Éric de Chassey
Directeur