Mercredi 1 février 2023

19H00 - 21H00

Amphithéâtre des Loges

14 rue Bonaparte, 75006 Paris

ENTRÉE LIBRE

Projection de courts métrages de six artistes étudiants ou diplômés de l’École : Théo Audoire et Lova Karlson, Emma Boudon, Julie Coulon, Isabella Hin, Valentin Pinet.

 

Théo Audoire et Lova Karlson - Ovan Gruvan (13'34)

La mine de fer de Kiruna, en Suède, l’une des plus vastes au monde, ronge les sous-sols de la ville. Menacées par les glissements de terrains, certaines habitations imposantes du centre doivent être déplacées d’un bloc, en un lent et majestueux ballet saisi par la caméra de Théo Audoire et Lova Karlsson, cinéastes-architectes d’un paysage urbain en perpétuel mouvement. Avec le soutien de Gide. 

 

Emma Boudon - Rage They Deserve (6’06)

Ce film se situe à mi-chemin entre pièce de danse contemporaine et film expérimental. Lors de cette deuxième collaboration avec la danseuse Hava Hudry, Emma Boudon souhaitait questionner la place du corps féminin dans l’espace public, et dans ce cas précis celui de la nuit et de la fête, qui peut être très ambivalent (à la fois brave space queer, mais aussi un lieu dangereux, et particulièrement pour les femmes ou personnes perçues comme femmes). La relation qu’entretient la danseuse avec le sol est primordiale ; elle choit, se redresse, se cambre, casse ses mouvements, rampe. C’est à la fois une transe libératrice et une expression primaire de la violence intériorisée qui finit par exploser. L’interprétation d’Hava renvoie le spectateur à sa propre relation avec son corps, et au jugement qu’il a pu émettre sur celui d’autrui, notamment celui de personnes sexisées (femmes ou perçues comme femmes). La projection est accompagnée d’un parfum dont les notes salines et métalliques rappellent des odeurs corporelles aussi attractives que répulsives.

 

Julie Coulon - Kissing in a Cabriolet (9'27)

Dans un élan amoureux, deux figures s’offrent au public, cachées sous les ombres dorées et changeantes d’un tunnel infini. Blotties dans un reflet de rétroviseur, leurs visages ne font plus qu’un et la dualité se transforme alors, sous nos yeux, en entité fusionnée. Présenté comme un jeu de miroir où les plans s’alternent et se répondent par un face à face, le baiser nous apparaît comme le motif même du double. Julie Coulon, dans sa pièce Kissing in a Cabriolet, explore cet espace mince et dense duquel naît la tension : le flottement lourd de la confrontation avant qu’elle n’éclate. L'alternance incessante de l’ombre et de la lumière nous évoque ainsi une urgence, un danger, la fuite sur une route sans fin. Le temps s’étire ad nauseam et nous immobilise le temps d’un baiser qui s’éternise. Ce temps fictif de la subjectivité se joue de nos représentations collectives et questionne ce que serait « le baiser de cinéma ». Une blonde hitchcockienne noyée dans les bras d’un jeune premier aux cheveux plaqués, un cabriolet rouge fendant la route dans la nuit, un clair-obscur de plateau de tournage - dont on aperçoit le contrechamp dans le reflet du pare-brise.

 

Isabella Hin - Fight or Flight (10')

Fight or Flight est un film expérimental, sensoriel, émotionnel. Semblable à un tableau vivant – animé, esthétique –, cherchant à provoquer une sensation d’immersion, de submersion, retraçant les souvenirs inhabituels et inconscients, liquides, de deux figures effectuant des mouvements de brasse dans l’air. Passant de la suspension à l’immersion et vice-versa. Le film s’inspire des principes exigeants de la méthode d’apprentissage de la natation de Paul Beulque, inventée en 1913 à Tourcoing. Les apprentis nageurs sont soutenus par une ceinture/balançoire et plongés dans un environnement aqueux, où ils effectuent à répétition les mouvements de nage appris à sec. Ce support permet la survie du nageur face à ce nouvel environnement. Suggérant un va-et-vient entre respiration et noyade/asphyxie, le film attire l’attention sur l’incapacité de l’humain à respirer sous l’eau, ainsi que sur son désir d’émancipation au travers de la nage et de l’envol. L’accent est mis sur la division et la dualité.

 

Valentin Pinet - Construire un feu (6'30)

De jeunes gens tentent d’adapter la nouvelle Construire un feu de Jack London. À leur manière et avec leurs gestes, ils nous emmènent là où il fait -50°C pour construire un feu.

 

Les projections seront suivies d’un moment d’échange avec les artistes.

 

Une programmation pensée et élaborée par Alice Narcy, curatrice et directrice du festival Premiers Films.

 

Penser le Présent est réalisé avec le soutien de Société Générale.

 

Amphithéâtre des Loges – 14 rue Bonaparte, Paris 6e

Entrée libre dans la limite des places disponibles

 

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