À l’occasion de la parution de l’ouvrage Et pourtant… édité par les Beaux-Arts de Paris dans la collection écrits d’artistes, Annette Messager échange avec Marie-Laure Bernadac, complice de longue date qui a préfacé le livre. La rencontre sera suivie d'une signature de l'ouvrage.
À partir de cette cartographie de l’œuvre d’Annette Messager, qui réunit notamment poèmes, notes d’atelier inédites ou carnets intimes et en écho à l’exposition personnelle d’Annette Messager actuellement présentée au musée de la Chasse et de la Nature – Une hirondelle ne fait pas le printemps – elles reviennent sur une œuvre séminale, Les pensionnaires (1971-1972), sur l’album-collection qui l’accompagne et sur la présence de l’écrit dans l’œuvre d’Annette Messager.
Comme le note Marie-Laure Bernadac : « Cette installation polymorphe de 1971-1972 est une œuvre fondatrice parce qu’elle rassemble toutes ses pratiques artistiques : cahiers, animaux empaillés, dessins, planches documentaires, écriture, alphabet et énonce d’emblée le dédoublement de sa démarche, divisée entre artiste et collectionneuse (…) Cette déclaration sur la division de l’appartement et sur la double identité est un manifeste de la situation d’artiste-femme pour Annette Messager ».
Annette Messager est née à Berk-sur-Mer en 1943. Elle vit et travaille à Malakoff. Depuis les années 1970, son œuvre se distingue et oscille entre le personnel et le fictionnel, le social et l’universel. En utilisant des matériaux du quotidien et en s’appuyant sur des principes d’assemblage, de collection et de mise en scène théâtrale, elle a exploré une grande variété de médiums : constructions, documents, langage, objets, taxidermie, dessins, photographies, tissus, broderies, ensembles d’images, albums, sculptures et installations.
Messager a abordé les contes de fées, la mythologie et les figures de double à travers toute son œuvre. Souvent nourrie par le souvenir et la mémoire comme sources d’inspiration, sa pratique protéiforme entretient des affinités avec des traditions aussi diverses que le romantisme, le grotesque, l’absurde ou le phantasmagorique.
Lauréate du Lion d’or à la Biennale de Venise en 2005 et du Praemium Imperiale en 2016, elle a bénéficié d’expositions majeures au Centre Pompidou (2007), à la Hayward Gallery de Londres (2009), au Mori Art Museum de Tokyo (2008), au MCA de Sydney (2014), au K21 de Düsseldorf (2014), ainsi qu’au Tel Aviv Museum of Art (2022). Son exposition Une hirondelle ne fait pas le printemps est actuellement présentée au Musée de la Chasse et de la Nature.
Marie-Laure Bernadac est conservatrice générale honoraire du patrimoine. Elle a notamment travaillé au Musée Picasso (conservatrice en chef), au Centre Pompidou (directrice du cabinet d’art graphique), au CAPC – musée d’art contemporain de Bordeaux (directrice adjointe) et au Musée du Louvre (chargée de l’art contemporain).
Elle a assuré le commissariat de nombreuses expositions, dont : Féminin – Masculin, le sexe de l’art (avec Bernard Marcadé, Centre Pompidou, 1995) ; Louise Bourgeois, (CAPC, 1998 et Centre Pompidou, 2008), Présumés innocents (avec Stéphanie Moisdon, CAPC, 2000) ; Picasso et les maîtres (avec Anne Baldassari, Grand Palais, 2008) ; Leiris & Co (Centre Pompidou-Metz, 2015) ; Cindy Sherman (Fondation Louis Vuitton, 2020) ; William Kentridge (LaM, 2020) ; Dans l’air, les machines volantes (Hangar Y, 2023). Lacan, l’exposition. Quand l’art rencontre la psychanalyse (avec Bernard Marcadé) 2024 au Centre Pompidou-Metz
Elle a invité au Musée du Louvre des artistes tels que Tunga, Mike Kelley, Jan Fabre, Joseph Kosuth, Wim Delvoye, Elisabeth Ballet, Marie Ange Guilleminot, Michal Rovner, Nan Goldin, Michelangelo Pistoletto...
Elle a publié plusieurs livres, dont Annette Messager, mot pour mot (Les Presses du Réel, 2006) et la biographie Louise Bourgeois (Flammarion, 2019).
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Beaux-Arts de Paris éditions, 2026
