Artiste pluridisciplinaire parmi les plus influents de sa génération, Ibrahim Mahama s’est imposé sur la scène internationale par ses installations réalisées à partir de matériaux collectés, d’archives et de fragments de patrimoine industriel qu’il réactive pour façonner de nouveaux imaginaires.
Son œuvre explore les héritages coloniaux et postcoloniaux du Ghana. La question extractiviste est au cœur de cette conférence et de son exposition en préparation à la Fondation Cartier, intitulée Le Temps des Récoltes.
S’appuyant sur l’histoire industrielle et commerciale de son pays, il interroge la circulation des biens, la transmission des savoir-faire et la préservation du patrimoine. Son travail met en lumière les continuités et les ruptures politiques, sociales et économiques, en portant une attention particulière aux infrastructures, aux traces du passé et aux dynamiques collectives.
Au-delà de sa pratique artistique, Ibrahim Mahama a joué un rôle important dans le développement de la scène artistique contemporaine ghanéenne. Depuis 2019, il a créé plusieurs espaces culturels et artistiques à Tamale, notamment le Savannah Centre for Contemporary Art (SCCA), Red Clay et Nkrumah Volini, offrant ainsi de nouveaux lieux de production, d'échange et d'apprentissage artistiques dans le nord du Ghana. Au cours de cette conférence, l’artiste revient sur son travail et amorce une réflexion plus large sur une œuvre majeure : le Parliament of Ghosts. Cette installation prend la forme d’une chambre parlementaire autant que d’une agora autour de laquelle les visiteurs sont invités à s’asseoir. Elle incarne la pratique collective et vivante de l’artiste, qui façonne le présent en créant des espaces de vie et de potentiels à partir de matériaux anciens. Comme l’écrit l’artiste : « C’est du passé que l’on peut exhumer le potentiel de l’avenir. Le futur n’est pas une chose qui “existe” simplement quelque part ; il vit aussi dans nos mémoires, sous la forme de futurs inaccomplis ».
Ibrahim Mahama est le premier artiste africain à figurer en tête du classement « Power 100 » d’ArtReview. Vivant et travaillant entre Accra et Tamale, sa pratique se caractérise par l’utilisation de matériaux urbains de récupération – restes de bois, documents papier, sacs de jute, boîtes à chaussures, tableaux noirs d’école et vieilles portes – qu’il manipule et transforme pour explorer des thèmes tels que le phénomène de la mondialisation, les migrations et le commerce des marchandises. Comme il l’explique : « Je m’intéresse à la manière dont la crise et l’échec sont absorbés par ces matériaux, en faisant clairement référence aux transactions mondiales et au fonctionnement des structures capitalistes. »
Son travail a été largement présenté dans de grandes institutions et expositions internationales. Au cours de la dernière décennie, son œuvre a fait l’objet de nombreuses expositions individuelles dans des institutions, notamment sa première exposition personnelle à Vienne à la Kunsthalle Wien (2025) ; à la Kunsthalle de Berne (2025) ; au Fruitmarket, à Édimbourg (2024) ; au Mönchehaus Museum de Goslar (2024) ; et au Palazzo Diedo, à Venise (2024), dans le cadre de la 60e Exposition internationale d’art de la Biennale de Venise. Parmi ses expositions collectives récentes et à venir, ainsi que ses présentations internationales, figurent « A Necessary Fiction : Maps, Art, and Models of Our World », organisée par le ministère saoudien de la Culture à l’Abbazia di San Gregorio, à Venise, en Italie (2026) ; le musée Voorlinden, à Wassenaar (2025) ; la Zachęta – Galerie nationale d’art, à Varsovie (2025) ; la Biennale de Kochi-Muziris, en Inde (2025) ; la Biennale TPB, à Phuket (2025) ; et le Musée d’art contemporain de Skopje, en Macédoine du Nord (2025).
Parmi ses commandes d’art public, ses installations in situ et ses autres expositions marquantes, on peut citer une commande publique temporaire au Barbican Centre de Londres (2023-2024) ; la 18e Exposition internationale d’architecture de la Biennale de Venise (2023) ; la 35e Biennale de São Paulo (2023) ; l’Oude Kerk d’Amsterdam (2022) ; le Frac des Pays de la Loire, à Nantes (2022) ; le Museum of Fine Arts de Houston (2021) ; la High Line, à New York (2021) ; le Centre Pompidou, à Paris (2020) ; les 58e et 56e Biennales d’art de Venise (2019 et 2015) ; En 2023, Mahama a été nommé directeur artistique de la 35e Biennale des arts graphiques de Ljubljana.
Il a été désigné lauréat principal du Prix Prince Claus en 2020, a reçu le tout premier Prix Sam Gilliam en 2024 et s’est vu décerner le Prix d’or dans la catégorie « Artiste confirmé » lors de la première édition des Art Basel Awards en 2025.
La même année, la République du Ghana lui a décerné un passeport diplomatique en reconnaissance de ses contributions culturelles. Mahama est représenté par APALAZZOGALLERY et White Cube.
Crédit photo : Ibrahim Mahama, Parliament of Ghosts, 2025, Kochi-Muziris Biennale, Kochi, India, 2025 © Courtesy of the Kochi Biennale Foundation