Le cadre de ce livre est la Cour pénale internationale (CPI).

En ce lieu où s’invente la justice internationale pénale du XXIe siècle, que peuvent faire l’art ou la poésie ? Ressaisir des matériaux et des situations, et les traiter à partir de leurs propres outils et dispositifs, pour tenter d’en faire émerger d’autres types de savoirs, latents, et non exploités.
Ce livre rend compte d’une expérience déployée à la CPI entre 2016 et 2022 par Franck Leibovici et Julien Seroussi au moyen d’œuvres-outils, à la fois œuvres d’art et outils pour professionnels. En plongeant dans le procès de deux chefs de milice accusés de crimes de guerre et de crimes contre l’humanité dans l’Est de la République Démocratique du Congo, les auteurs montrent comment, à chaque étape du procès ou dans chaque département de la CPI, l’art et la poésie peuvent s’immiscer – non pour alléger ou égayer par un « supplément d’âme » des crimes trop lourds à porter, mais pour ouvrir des espaces de représentation, susciter de nouvelles questions, permettre aux juges mêmes de nouvelles actions.

L’art et la poésie comme instruments d’action, au même titre que le droit et les sciences sociales. En ce sens, ce livre est
une méditation sur ce que peuvent l’art et la poésie aujourd’hui. L’ouvrage se construit comme une visite guidée de la CPI et des œuvres-outils conçues pour l’occasion, à travers des photographies, des schémas, des modes d’emploi, mais aussi des contributions de membres de la CPI. Il décrit des zones aveugles des pratiques juridiques, et les propositions que portent ces oeuvres-outils. Aucune compétence juridique ni artistique n’est toutefois requise pour cette visite guidée.

Franck Leibovici est artiste et poète. Julien Seroussi est agrégé de sciences sociales et docteur en sociologie, il a été analyste aux Chambres à la CPI, puis au Pôle « Crimes de masse » du Tribunal judiciaire de Paris.


Prix : 30€
Format : 25,5 × 32 cm
258 pages