Kader Attia est l’un des artistes contemporains les plus reconnus à l’international. Sculpteur, photographe, vidéaste, il construit depuis les années 1990 une œuvre forte et engagée nourrie de culture philosophique.
Par sa double culture algérienne et française, il est l’un des premiers artistes de sa génération à interroger les conséquences du colonialisme. Depuis le constat de la « blessure », il a forgé le concept de « réparation » sur lequel il revient au cours de son échange avec le théoricien Jacinto Lageira, qui a préfacé l’ouvrage Blessures, réparations et traces édité aux Beaux-Arts de Paris.
Hôte entre 2024 et 2026 du musée du Louvre, qui lui consacre actuellement une exposition, Kader Attia a prononcé trois conférences magistrales dans le cadre de cette invitation, qui font elles aussi l’objet d’une publication. Ce deuxième ouvrage est introduit par Donatien Grau et co-édité par les Beaux-Arts de Paris avec le Musée du Louvre.
La rencontre sera suivie d’une signature des deux ouvrages.
Kader Attia
Né à Dugny, en France, en 1970, vit et travaille actuellement entre Berlin et Paris.
L’œuvre de Kader Attia s’articule autour de la pratique conceptuelle et matérielle de la réparation, et de la manière dont l’acte de réparer — toujours inachevé — révèle autant qu’il dissimule. Travaillant avec des médiums allant de la sculpture à l’installation, en passant par la photographie et la vidéo, ainsi que la recherche et l’écriture, Attia examine la manière dont les sociétés traitent les traumatismes, la répression et la perte. Ayant grandi entre la banlieue parisienne et l'Algérie, et après avoir passé plusieurs années au Congo et en Amérique du Sud, la pratique d’Attia évolue avec fluidité entre les systèmes culturels et les registres historiques, retraçant les conséquences psychiques, physiques et émotionnelles persistantes de l'hégémonie culturelle occidentale et des systèmes de pouvoir coloniaux sur les subjectivités non occidentales, et mettant en lumière les nouvelles formes de conquêtes capitalistes sur les territoires de l’esprit à travers la gouvernance algorithmique.
Jacinto Lageira est professeur en philosophie de l’art et en esthétique à l’université Paris 1 Panthéon-Sorbonne, et critique d’art. Parmi ses dernières publications : L’art comme Histoire. Un entrelacement de poétiques, Paris, éd. Mimésis, 2016 ; L’art du don. Éléments d’esthétique économico-politique, Paris, éd. Mimésis, 2021 ; L’histoire sans fin de la fin de l’Histoire, de la fin de l’art et de son histoire, Paris, éd. Mimésis, 2024. Il a contribué récemment à des catalogues consacrés à Gary Hill, Vivien Roubaud, Pierrick Sorin, Bernard Moninot, Ulla von Brandeburg, et a également écrit à plusieurs reprises sur l’œuvre de Kader Attia, la dernière étant Kader Attia, Les racines poussent aussi dans le béton, MACVAL, 2018. Il est aussi l’éditeur des écrits de Michael Snow, Michel Verjux et Joseph Kosuth, publiés par Beaux-arts de Paris éditions.
Crédit photo : (c) Kader Attia, Whispers of Traces, Photography by Studio Kukla