Histoires matérielles
L’artiste britannique Simon Starling, dont la réflexion a été marquée par le tournant numérique au début des années 2000 et les mutations technologiques qui en ont découlées, interroge les rouages de l’art, la nature matérielle de ces processus et cherche à traquer les choses à leur source.
Conteur hors pair connu pour ses circonvolutions, détours et méandres historiques autant que pour ses pérégrinations géographiques, c’est précisément autour d’histoires matérielles que s’articule cette rencontre. Les minerais de platine et d’argent, liés à l’histoire de la photographie autant que de l’industrie, se sont à plusieurs reprises retrouvés au cœur même du processus de production et de fabrication de l’œuvre (de One Ton, II au projet The Nanjing Particles).
Il revient aussi sur la dimension alchimique de son œuvre. Chez Starling, les matériaux revêtent une agentivité : l’argent, matière emblématique de l’image photographique, peut désormais muter en bronze, matière emblématique de la sculpture, quitte à en passer par des technologies de pointe. Extraire de la matière d’un tirage, extraire un minerai des sols, extraire de la valeur d’un objet sont autant de processus que l’artiste a pu explorer dans une œuvre qui prend en compte les processus de fabrication et les relations économique, esthétique ou idéologique qui y sont associées.
La rencontre est présentée par Audrey Illouz, responsable de la programmation culturelle.
Crédit photo : © Karl Isakson
