Du vendredi 15 octobre 2021 au dimanche 21 novembre 2021

Du jeudi au sam. 14h-20h – Nocturne le jeudi jusqu'à 21h

Palais des Beaux-Arts

13 quai Malaquais, Paris 6e

Pour la première fois, jusqu'en 2022, le programme du Palais des Beaux-arts est entièrement conçu, développé et mis en oeuvre par les étudiants de la filière « Artistes & Métiers de l'exposition » et les jeunes commissaires en résidence aux Beaux-Arts de Paris.

Teen Spirit, Fait divers, Écoute voir, Aura par procuration et pendant que d’autres écrasent des nuits encore moites, les projets inédits du Théâtre des expositions sont présentés du 15 octobre au 21 novembre 2021.

Chacune à leur manière ces expositions traversent le temps en confrontant les oeuvres patrimoniales des collections de l'École à celles, contemporaines, des professeurs et des étudiants.

Ce joyeux laboratoire expérimental met en jeu le principe même d'exposition avec des formes encore inqualifiables, parfois déroutantes.

 

Vernissage, jeudi 14 octobre 2021 de 18h à 22h Palais des Beaux-Arts

 

Le Théâtre des expositions est développé et réalisé par les deux premières promotions de la filière « Artistes & Métiers de l’exposition » :

Promotion 2019/2020 : Lina Benzerti, Brune Doummar, Milana Dzhabrailova, Sarah Konté, Corentin Leber, Chongyan Liu, Victoire Mangez, Bram Niesz, Yannis Ouaked, Violette Wood, Kenza Zizi.
Commissaires en résidence 2019/2020 : Simona Dvořáková, Marie Grihon, César Kaci, Alice Narcy, Esteban Neveu Ponce.

Promotion 2020/2021 : Soraya Abdelhouaret, Paul-Emile Bertonèche, Yucegul Cirak, Andreas Fevrier, Daniel Galicia, Alexandre Gras, Raphael Guillet, Thibault Hiss, Hélène Janicot, Elladj Lincy, Anna Oarda, Céleste Philippot, Océane Pilastre, Libo Wei.
Commissaires en résidence 2020/2021 : Noam Alon, Antoine Duchenet, Lou Ferrand, Céline Furet, Juliette Hage, Lila Torqueo.

 

Le Théâtre des expositions est activé par un programme de live : performances, concerts, lectures, projections, visites à deux voix, interventions sonores ou transmissions radiophoniques. 

Radio Bal, la web radio des étudiants des Beaux-Arts de Paris, portée par Lou Olmos Arsenne et Pierlouis Clavel émettra régulièrement en podcast en lien avec Le Théâtre des expositions. Parmi les émissions proposées seront disponibles les quasi-interviews d'arthur dokhan, étudiant en 5e année, selon le principe : « chacun.e connaît les réponses à mes questions. commencer nulle-part, parler de tout, et terminer là ».

 

Le Théâtre des expositions bénéficie du mécénat d'Altarea, de Moët Henessy et de l'association des Amis des Beaux-Arts de Paris.
* Créée en 2019, la filière « Artistes & Métiers de l’exposition » est dirigée et coordonnée par les services des expositions et des publics. Elle permet à des étudiants de 3e et 4e année de se former à la production, à la régie, à la scénographie, à la médiation et à tous les métiers relatifs à la présentation et à la diffusion de l’art. Dans le cadre de cette formation, une résidence est proposée à de jeunes commissaires qui peuvent pendant un an travailler au sein des Beaux-Arts de Paris. La filière « Artistes & Métiers de l’exposition » des Beaux-Arts de Paris est conçue en partenariat avec le Palais de Tokyo.

 


Acte 1

Teen Spirit

L’adolescence commence, mais il n’est pas évident de formuler sa fin. A-t-elle seulement une fin ?

C’est une période durant laquelle un besoin de revendication identitaire s’empare de nous d’une manière très intense. Un moment de la vie rempli de passions, et pas seulement amoureuses. Beaucoup de choses s’entremêlent et l’on ressent le besoin de s’affirmer, aussi bien dans sa pensée qu’à travers son apparence. C’est autant un besoin d’identification à certaines choses, qu’un besoin de distinction vis-à-vis des autres. Cela se traduit souvent par une volonté de montrer qui nous sommes - qui nous voulons être, mais aussi ce que nous ressentons, par des mises en scène.

À travers les réseaux sociaux, dans sa propre chambre qui devient alors un sanctuaire intime où beaucoup de choses se passent. Certains détails de l’adolescence nous hantent et s’actualisent à travers notre moi d’aujourd’hui. Souvenirs et artefacts se superposent aux récits fictionnels ou réels véhiculés par les oeuvres présentées.

Évocations d’une adolescence dont les émois ont imprégné les pratiques des artistes invités.

Sur une proposition de Céline Furet, artiste commissaire résidente aux Beaux-Arts de Paris, en collaboration avec Arthur Dokhan, Morgane Ely, Nicole Mera, Molten_c0re (Lucas Hadjam et Baptiste Pérotin), Chalisée Naamani, Maëlle Poirier, Léa Scheldeman, Hélène Tchen & Laure-Anne Tchen, artistes invités. 

 


Fait divers

Cette exposition emprunte sa forme à celle d'un fait divers. Une structure fermée qui, selon Barthes, ne renvoie formellement à rien d'autre qu'à elle-même. Elle se hasarde à déjouer cette ossature thématique qui d'usage débute et traverse la construction d'une exposition pour la guider et signaler, assez distinctement, qu'elle s'ouvre (comme une brèche) sur un envers spéculatif. Lorsque celuici déborde un peu trop sur l'essentiel de ce que constitue une exposition, il supplante les oeuvres, et par extension, les artistes.

Ici le commissaire souhaite que le public prenne le risque de perdre délibérément ce fil rouge, ce fil d’Ariane, pour ne considérer que le « circuit fermé de l'exposition » (l'exposition enfermée sur ses propres termes) en travaillant sur les types de relations qui, entre les oeuvres et leur organisation dans l'espace de la salle, lui permettent de prendre forme, de faire corps et de tenir debout. C'est une façon de mettre le travail des artistes et le sien à l'épreuve, dans une exposition qui s'applique à inventer puis à révéler par indices sa propre logique. Cette exposition devient un noeud ou, à défaut, un sac de noeuds, une sorte de situation qui tient sur elle-même, qui se contient.

Sur une idée d'Antoine Duchenet, commissaire résident filière « Artistes & Métiers de l'exposition », avec la complicité de Helin Kahraman et de Vilhelm Carlström (étudiants de l’École nationale supérieure d’architecture Paris-Malaquais).

Artistes présentés : Pierre Alferi, Marika Belle, Jérôme Boutterin, Gabriele Chiari, Camille Corréas, Marie de Brugerolle, Jordan Derrien, Juliette Green, Airwan Groove, Ann Veronica Janssens, Romain Moncet, Romain Quattrina, Nicolas Quiriconi, Pauline Rima, Sophie Rogg, Alejandro Villabona

 


Écoute voir

« Cela a beau ne pas être la première fois, il est toujours surprenant de se faire interpeller par un tableau, où l’auteur a choisi de faire figurer un énoncé, quel qu’il soit. Que le tableau s’y raconte lui-même ou se fasse l’écho de la prose du monde, qu’il interroge l’acte de voir et la représentation, mette en cause l’existence de qui le regarde ou prenne celui-ci à témoin de la sienne, qu’il projette son spectateur (son vis-à-vis) dans l’imaginaire sans pour autant recourir à l’image, c’est bien toujours à lui, à nous, qu’il s’adresse. Quel que soit le registre adopté – grave ou drôle, poétique ou trivial, charmeur ou provocant – , un tel tableau suscite une situation de réflexivité et sans jouer au miroir, il me regarde, à savoir qu’il me rend mon regard autant qu’il me concerne. Plus encore qu’un autre, un tableau qui parle attend une réponse ; refusant le détour, il ne permet pas l’esquive. » Guitemie Maldonado.

D'après une idée originale de Sylvie Fanchon et Camila Oliveira Fairclough, adpatée pour Le Théâtre des expositions par Guitemie Maldonado, professeure aux Beaux-Arts de Paris et Céline Furet, commissaire résidente aux Beaux-Arts de Paris, accompagnées de Yucegul Cirak, Andréas Fevrier et Océane Pilastre, étudiants de la filière « Artistes et métiers de l’exposition », Emmanuelle Brugerolles, conservatrice générale du patrimoine chargée de la collection des dessins aux Beaux-Arts de Paris ainsi qu’Emilien Dreno et Eliott Petit, étudiants à l'École nationale supérieure d'architecture Paris-Malaquais, chargés de la scénographie de l’exposition.

 

 


Aura par procuration

Dans Art and Agency, l’anthropologue Alfred Gell développe un principe de qualification des objets d’art fondé sur le concept d’agentivité, c’est-à-dire la puissance d’agir supposée d’un objet, conséquence de toutes les intentions déposées en lui : celle de l’artiste, du commissaire, du spectateur, de l’institution, du collectionneur… Une manière d’examiner le pouvoir de fascination de l’oeuvre, désormais rapporté à l’ensemble des interactions qui président à son apparition.

Or ce pouvoir magnétique ou auratique de l’objet d’art peut se trouver augmenté par un certain nombre de dispositifs et appareils. Ils peuvent être matériels : architectures, socles, piédestaux, vitrines, exergues, protections… ou immatériels : rumeurs, critiques, interdits, avertissements, cérémoniaux, pedigrees...

Aura par Procuration, qui se veut une exposition de ces dispositifs et appareils, met en évidence le rôle de l’exposition et plus généralement de tout ce qui environne l’oeuvre, la sublime et la qualifie.

Sur une idée de Thierry Leviez, responsable des expositions, développée et réalisée par Antoine Duchenet, commissaire en résidence, Soraya Abdelhouaret, Paul-Emile Bertoneche, Alexandre Gras, Elladj Lincy, Anna Oarda, Océane Pilastre et Céleste Philppot, étudiants de la filière « Artistes & métiers de l'exposition ». Avec les conseils d'Alice Thomine Berrada, conservatrice des sculptures et peintures, et Emmanuelle Brugerolles, conservatrice des dessins aux Beaux-Arts de Paris

 


pendant que d'autres écrasent des nuits encore moites

Tout est possible une fois la nuit tombée. L’obscurité offre l’instant où l’homme se confond à l’animal. Les ombres se mêlent dans une moiteur tant chauffée qu’elle devient vapeur. Les règles s’annulent. Les lois sont balayées d’un revers de main. La nuit devient à la fois un moment et un lieu : un temps précis qui n’existe qu’à rebours du jour, mais également un endroit, celui d’un ailleurs hétérotopique où règnent la clandestinité, les alliances souterraines et les hors-la- loi. Du fait de la pénombre, elle défie l’ordre et la surveillance.

Dehors, il y a peut-être des nuits qui se passent ailleurs.

C’est de cette seconde zone dont il est question dans l’exposition pendant que d’autres écrasent des nuits encore moites, celle des rencontres illicites, des réseaux et des commerces interdits. Chacun est suspect dès lors qu’il semble déjouer quelque chose en errant dans la nuit. Que va-t-on y chercher sinon la défiance ? La rencontre nocturne peut immanquablement devenir un rendez-vous brutal.

Par le manque de lumière, la nuit ferme les yeux : la loi ne fait plus autorité et l’ordre a déserté l’espace public. Elle permet ainsi un renversement des rapports de force traditionnellement mis en place et la constitution d’un espace de liberté et de ruse. Ceux qui fuient, ceux qui brûlent, ceux qui vendent, ceux qui ne devraient pas être là mais qui pourtant sont là faute d’être ailleurs, ces clandestins, ces déserteurs, ces apatrides, ceux qui résistent et s’opposent au contrôle, à la norme, et à la domestication, c’est à eux qu’est cette nuit.

Alors les choses peuvent commencer.
Chacune des oeuvres des artistes de l’exposition explore cet imaginaire fantasmatique lié à la nuit et à la figure du hors-la-loi. Elles contiennent toutes une certaine forme de violence, contenue ou démesurée, qui se manifeste ici à l’aide d’armes ou de désirs d’incendies. Ainsi, elles évoquent à leur manière la question de la souterranéité, de l’errance, des stratégies de fuite et de renversement de rapports de forces habituellement intégrés.

Artistes présentés : Jade Boudet, Tristan Chevillard, Clédia Fourniau, Jean-Charles Hue, Victoire Inchauspé et Emma Passera.

Commissariat : Juliette Hage, commissaire en résidence aux Beaux-Arts de Paris.

Un fanzine, imaginé à partir du travail des artistes, vient compléter l’exposition. Il a été réalisé par le binôme stein.zine (Delphine Bachelard & Elie Olivennes) sur invitation de la commissaire.

 

 

Selon la réglementation en vigueur depuis le 21 juillet, le passe sanitaire ou une preuve de Test RT-PCR ou antigénique négatif de moins de 72 heures au moment du contrôle, vous seront demandés. Le port du masque est obligatoire.

BILLETTERIE RESPONSABLE 

 

2, 5 ou 10 €, c’est vous qui choisissez !

La billetterie responsable invite chaque visiteur venant découvrir une exposition aux Beaux-Arts de Paris à choisir son ticket d’entrée parmi 3 tarifs proposés : 2 €, 5€ ou 10 €. Contribuez selon vos moyens, votre passion et votre désir d’engagement !

Gratuité (sur présentation d’un justificatif en cours de validité) :

• moins de 18 ans

• étudiants et enseignants des écoles nationales supérieures d’art et d’architecture du Ministère de la Culture

• étudiants des institutions membres de l’Université Paris-Sciences-et- Lettres (PSL)

• étudiants de l’École du Louvre

• titulaires de la carte du Ministère de la Culture

• Amis des Beaux-Arts de Paris

• détenteur des cartes : Maison des Artistes, ICOM, ICOMOS, Association française des commissaires d’exposition (CEA)

• journalistes

• demandeurs d’emploi, bénéficiaires des minima sociaux

• handicapés civils et mutilés de guerre (avec un accompagnateur)