Formé à l’École des Arts Décoratifs de Strasbourg et à l’École du Fresnoy, avant de rejoindre la Villa Medicis à Rome en 2012, Clément Cogitore, à travers ses films, ses vidéos et ses installations, développe toute une réflexion dans laquelle les images font récit sans pour autant appliquer les règles narratives habituelles. Ainsi, un documentaire devient tout logiquement fiction par la seule présence de la caméra qui crée un cadre et délimite un regard. Alors, au cœur de la Taiga, deux familles vivant en autarcie isolées de tout se confrontent l’une à l’autre, comme s’il s’agissait d’une fiction. Chez Cogitore, l’inventivité narrative, l’expérimentation et la mise en scène des images se mêlent à des réflexions plus profondes sur la société.
C’est pourquoi depuis ses débuts, au-delà du fait que son travail est exposé ou projeté de partout du Moma au Centre Pompidou, en passant par l’ICA à Londres, il multiplie les prix et les distinctions : Prix de la Fondation Gan au festival de Cannes pour son premier long métrage, mais aussi le Prix du film de Locarno, de Los Angeles, de San Sebastian, ainsi que le Prix BAL pour la jeune création, le Prix Sciences Po pour l’art contemporain, le Prix Ricard (2016), et enfin le Prix Marcel Duchamp (2018) pour une dystopie réalisée à partir d’images sélectionnées dans une banques de données. Une véritable réflexion sur la fascination des images et leur prise de pouvoir sur le réel
Subtil, minimal et ludique, Claude Closky compose une œuvre qui se joue de tout code et tout système logique, qu’il soit métrique, mathématique, alphabétique ou grammatical. Il observe, reclasse, combine, accumule, découpe, assemble, colle, dessine, photographie… l’infraordinaire. Pour teinter d’humour et d’absurde le quotidien, il détourne les codes publicitaires avec une certaine poésie et, un poil rebelle, il retourne tout ordre sur lui-même. Des dessins les plus simples – exécutés à l’aide d’un stylo bille et d’une feuille de papier – à la vidéo, la photographie, le collage, la peinture ou les supports audio, mais aussi l’édition, ou les sites internet, c’est avec un grand éclectisme de moyens qu’il crée des décalages et grippe les mécanismes trop bien huilés.
Après un passage éclair à l’école des Arts Décoratifs à Paris qu’il quitte au bout d’un an, il co-fonde les Frères Ripoulin, qui dans les années 1980 imposent leurs détournements picturaux sur les affiches publicitaires de la ville. Dans les années 1990, Claude Closky affirme son propre style dans une veine plus conceptuelle. Présent dans les collections privées et publiques, ses expositions ont fait le tour du monde. Il reçoit le Grand Prix national d’arts plastiques en 1999 et est lauréat du prix Marcel Duchamp en 2005
De la peinture fluo pour des tentures Rococo, du punk Néo-romantique se piquant d’opéra, des savons et des perruques, mais aussi des portraits de Simone de Beauvoir ou de la chanteuse pop France Gall… aucun sujet n’effraie Nina Childress. Sa peinture s’autorise tous les délices de la matière, de la couleur et des formes sans rougir d’un féminisme non-agressif et d’une « conceptualité idiote » à la fois tendre, acidulée et parfaitement revendiquée. Ce n’est pas pour rien que l’artiste a fait ses premières armes dans les années 1980, à la fois au sein du groupe de Punk français, les « Lucrate Milk », mais aussi 68 69 auprès des Frères Ripoulin, qui œuvraient autant dans les clubs parisiens que dans les couloirs du métro. Depuis, Nina Childress n’a cessé de peindre et sa virtuosité technique alliée à son goût pour le décalage n’a cessé de s’affirmer jusqu’à la mener à enseigner à l’École d’art de Nancy à partir de 2007.
Ses peintures énergétiques sont présentes dans de nombreuses institutions (Musée d’Art moderne de Paris, FRACS, FNAC...). Nina Childress a présenté des expositions personnelles d’envergures au Mamco à Genève en 2009, à la Fondation Ricard en 2020, au FRAC Méca de Bordeaux en 2021-2022.
© Gaby Esensten