C’est le corps tout entier qui s’implique dans la peinture abstraite, à la fois ludique et savante, de Dominique Figarella. Il a enseigné à la Villa Arson ainsi qu’aux Beaux-Arts de Nîmes et de Lyon. Formé à la Villa Arson dans l’héritage de Supports /Surfaces dont il s’affranchit, il ne cesse d’interroger le processus pictural dans sa démarche. Le geste, les accidents, la trace comme les éclaboussures ou les empreintes s’intègrent, avec un sens du décalage et une pointe d’humour, à ses tableaux. Les formes et les lignes sont parfois étayées par des objets inattendus : un sachet de poissons rouges, des photo- graphies, sparadraps, ballons, ventouses… Cette peinture poétique et pleine d’invention est même récemment sortie de son cadre pour collaborer à Soapera, un spectacle chorégraphique conçu avec Mathilde Monnier (Centre Pompidou, 2010-2014).
Parmi ses expositions en 2022-2023 : Des corps, des écritures, Musée d’art Moderne de Paris, Filiations 2, Espace de l’art concret (Mouans-Sartoux), Dominique Figarella, Galerie Anne Barrault, Imagetexte6, Topographie de l’art (Paris).
Un peu partis, plutôt ailleurs, le plus souvent représentés de dos, les personnages des tableaux de Tim Eitel posent la question du regard extérieur. L’artiste induit la présence d’un·e observateur·ice quasi-voyeur·euse dont le regard embrasse les passant·es anonymes qui défilent devant elle ou lui. Ils sont pris en mouve - ment dans des environnements neutres, des paysages extérieurs, des lieux publics. Baignant dans des gris colorés et des couleurs sobres, ces personnages sont comme en suspension, saisis loin de tout affect. Paisibles, sensuelles et silencieuses, ses œuvres qui inspirent la quiétude et la simplicité ramènent l'observateur·ice à une solitude rêveuse et posent la question de l’autre.
Formé aux Beaux-Arts de Halle et de Leipzig en Allemagne, Tim Eitel a été résident au Bethanien de Berlin en 2002. Son travail a été présenté dans de nombreuses expositions comme à Kasteel Wijlre aux Pays-Bas, à la Kunsthalle Tübingen en Allemagne, au Essl Museum à Klosterneuburg en Autriche, au Goethe Institut de Hong Kong ou au Center of Gravity, Pace Wildenstein à New York