Le Groupe Janvier va investir la boîte de bouquinistes 31 de Marie-Ange Guilleminot quai Conti à Paris (6e) sur 3 jours et 4 soirées autour du dernier week-end de septembre autour du livre, du livre d’artiste et de la micro-édition.
Cet événement qui permettra aux professionnel·les, aux jeunes diplômé·es et étudiant·es de parler de livres, d’économie, de la fabrication de ces livres, d’auto-édition, de petits tirages, qui ne s’inscrivent pas toujours dans le schéma classique d’une publication. Cet événement fera la promotion d’une jeune scène de création artistique et littéraire, renforcé par l’invitation d’acteur.ices professionnel·les du monde culturel contemporain et se veut un point de rencontre (hors des structures officielles et parfois cloisonnantes que sont les lieux culturels et les écoles) d’un public, de différents corps de métiers (auteur·ices, graphistes, illustrateur·ices, photographes, etc) d’étudiant·es réunis autour d’un intérêt commun : l’édition et la micro-édition de livre de textes, d’images, de photographies, dessins).
Groupe Janvier will be taking over Marie-Ange Guilleminot's bookshop box located 31 quai Conti in Paris (6th arrondissement) for 3 days and 4 evenings over the last weekend of September, focusing on books, artists' books and micro-publishing.
This event will enable professionals, young graduates and students to talk about books, economy, how books are made, self-publishing and small print runs, which don't always fit into the classic publication scheme.
This event will promote a young scene of artistic and literary creation, reinforced by the invitation of professional players from the contemporary cultural world, and is intended as a meeting point (outside the official and sometimes compartmentalizing structures of cultural venues and schools) for a public, different professions (authors, graphic designers, illustrators, photographers, etc.) and students united around a common interest: the publishing and micro-publishing of books of text, images, photographs and drawings.)
Mathilde Rossello Rochet expérimente la peinture et le langage tout en y intégrant des éléments de notre culture visuelle. Elle découpe dans des magazines, travaille au pinceau, au rouleau, au stylo, à la bombe aérosol, au scotch, au cutter... Ses gestes variés façonnent un répertoire de signes. On y trouve des cigarettes industrielles, des mains aux ongles rouges, des bulles de bande dessinée, un œil, des jambes, des pieds, des logos présents sur nos emballages... Il y a du rouge "pompier", du rose chair, du vert gazon "suburbs", du vert comme la vase, le marron du carton, du marron "terre tropicale", un noir dense, un blanc "clean" comme un carrelage de salle de bains, un blanc fumeux, un gris trottoir...
Mathilde Rossello Rochet experiments with painting and language, integrating elements of our visual culture. She cuts out magazines, works with brushes, rollers, pens, spray cans, scotch tape, box cutters... Her varied gestures shape a repertoire of signs. There are industrial cigarettes, hands with red fingernails, cartoon bubbles, an eye, legs, feet, logos on our packaging... There's fire engine red, flesh pink, suburban grass green, slime green, cardboard brown, tropical earth brown, dense black, clean white like bathroom tiles, smoky white, sidewalk grey...
Le collectif d’artistes BIENVENUE, composé de Margot Darvogne, Louise-Margot Décombas, Richard Otparlic, Lucas Tortolano et Typhanie Vallée s’est formé en 2021 et a réalisé 3 expositions, proposant une scénographie généreuse mêlant travaux du collectif aux côtés d’autres artistes invité·es : un espace domestique fantasmé à la Galerie du Crous (Paris), une fête enchantée et mélancolique à La Cyberrance (Romainville) ou encore un espace plongé sous lumière UV pour Cristallisation à l’ENSAD (Paris).
La nouvelle proposition BE YOUR GUEST au Houloc, artiste run-space créé en 2016, s’organise autour de la thématique du bal et du banquet, espace de rencontre entre désinhibition et amusement, dans lequel se jouent des rapports ambigus de pouvoir.
Seront présentées de multiples sculptures, installations, vidéos, performances, peintures au sein d’une scénographie enveloppante (lumière, son).Une grande table de banquet à 10 mains sera créée, traversant l’espace principal. Les artistes invités, notamment des diplômés des Beaux-Arts de Paris, présenteront de nouvelles oeuvres : Irene Abello et Pö, Camille Soualem, Jordan Roger et Sarah Konté proposera une série de performances.
The BIENVENUE artists' collective, made up of Margot Darvogne, Louise-Margot Décombas, Richard Otparlic, Lucas Tortolano and Typhanie Vallée, was formed in 2021 and has produced 3 exhibitions, offering a generous scenography mixing the collective's work alongside that of other guest artists: a fantasized domestic space at Galerie du Crous (Paris), an enchanted and melancholy feast at La Cyberrance (Romainville) and a space immersed in UV light for Cristallisation at ENSAD (Paris).
The new BE YOUR GUEST proposal at Le Houloc, an artist's run-space created in 2016, is organized around the theme of the ball and banquet, a meeting place between disinhibition and fun, in which ambiguous relationships of power are played out.
Multiple sculptures, installations, videos, performances and paintings will be presented within an enveloping scenography (light, sound). A large 10-hand banquet table will be created, crossing the main space. Guest artists, including Beaux-Arts de Paris graduates, will present new works - Irene Abello and Pö, Camille Soualem, Jordan Roger - and Sarah Konté will present a series of performances.
« Le dessin a toujours été présent au sein de ma pratique artistique. Il est la base d’un tout et existe sous différentes formes. Je me sers de celui-ci à la manière d’une carte, pour m’y retrouver.
Depuis trois ans je pratique ce médium tous les jours. La direction que je prends est principalement figurative ; d’abord en dessinant régulièrement sur le motif, mais principalement et surtout en recopiant des images. Je passe beaucoup de temps à collectionner celles-ci. Elles ont pour particularité de provenir de sources très diverses et parfois même très éloignées.
Mes dessins sont une manifestation évidente de mon amour et de mon obsession pour certaines icônes. Les images que je reproduis sont des photos de chanteurs et chanteuses, d’acteurs et actrices ou plus généralement de personnalités médiatiques que j’admire. En y injectant des références diverses, je tente de permettre aux spectateurs de s’y projeter ou de s’y refléter. »
"Drawing has always been present in my artistic practice. It is the basis of a whole and exists in different forms. I use it as a map to find my way around.
For three years now I have been practicing this medium every day. The direction I take is mainly figurative; first by drawing regularly on the pattern, but mainly and especially by copying images. I spend a lot of time collecting them. They have the particularity of coming from very diverse and sometimes very distant sources.
My drawings are an obvious manifestation of my love and obsession with certain icons. The images I reproduce are photos of singers, actors or more generally media personalities that I admire. By injecting various references, I try to allow the viewers to project or reflect themselves in them. "
« La pratique du dessin est une manière pour moi d’enregistrer ce qui m’entoure, comme une collecte de matière, ce qui est visible dans mes dessins de carnet. Je retranscris sur papier des morceaux d’espaces, de moments et de détails qui m’ont marquée et qui, sans forcément que je m’en rende compte sur le moment, impactent ma manière de produire ou de penser. C’est pour cette raison que mes dessins sont souvent composés de parties très détaillées et de grands vides, comme une forme flottante extraite de son milieu. En les réalisant, j’écris des chemins de pensées qui sont des liens directs entre ma réflexion et la forme que je produis ensuite.
Le dessin est une des sources de ma pratique sculpturale car il me permet de visualiser en amont une forme dans l’espace. Je vois ma pratique du dessin et de la sculpture comme une symbiose entre deux organismes faisant partie du même écosystème. Ce sont deux pôles de mon travail qui se supportent entre eux et s’enrichissent en communiquant constamment. »
"Drawing is a way for me to record what surrounds me, like a collection of material, which is visible in my notebook drawings. I transcribe pieces of spaces on paper, moments and details that have marked me and that, without me necessarily realizing it at the time, impact my way of producing or thinking. This is why my drawings are often composed of very detailed parts and large voids, like a floating form extracted from its environment. When I draw, I write paths of thought that are direct links between my thinking and the form I then produce.
Drawing is one of the sources of my sculptural practice because it allows me to visualize a form in space beforehand. I see my practice of drawing and sculpture as a symbiosis between two organisms belonging to the same ecosystem. They are two poles of my work that support and enrich each other by constantly communicating."
Les dessins de Léonie Porcher sont basés sur l'imaginaire de la forêt et des plantes. Ils s'inspirent des différents espaces naturels du monde. Ils s’interrogent sur comment appartenir au monde de l'arbre pour mieux appréhender l'existence humaine et d’avantage comprendre le lien complexe entre l'homme et la nature. À travers différents dessins, réalisés le plus souvent à l'encre de Chine, au fusain ou aux pastels, Léonie Porcher représente sa forêt « fantasmée ». Celle-ci est en constante évolution, elle répond à des impulsions, des sensations et des images qui viennent de la vie. Des formes, textures, techniques ou figures anthropomorphes se mêlent et envahissent l'espace. Il s'agit d'aborder le dessin comme une performance, puisque les traits retracent les mouvements du corps de la dessinatrice. Ce travail plonge ensuite le spectateur dans un monde d'architecture végétale, le spectateur devient lui-même acteur dans ce paysage et il déambule dans cette forêt pour mieux comprendre qui il est.
Léonie Porcher's drawings are based on the imaginary of the forest and plants. They are inspired by the different natural spaces of the world. They question how to belong to the world of the tree to better understand human existence and the complex link between man and nature. Through different drawings, mostly made with Indian ink, charcoal or pastels, Léonie Porcher represents her "fantasized" forest. It is in constant evolution, it answers impulses, feelings and images which come from life. Forms, textures, techniques or anthropomorphic figures mix and invade the space. It is a question of approaching the drawing as a performance, since the lines trace the movements of the draftswoman's body. This work plunges the spectator into a world of vegetal architecture, the spectator themselves become an actor in this landscape and they wander in this forest to better understand who they are.
"Le dessin est le matériau même de mon travail. Je m'intéresse à la façon dont il témoigne de la réalité et la dépasse par la fiction, la métaphore. C’est pour moi un prolongement instinctif à la fois du regard et de la pensée, comme une branche annexe de l’écriture, sans mot. C’est pour cela que je choisis des outils simples et rapides, une sorte d'économie de moyens. Cette simplicité est aussi pour les autres, qui peuvent alors glisser vers l’émotion, plonger dans l’image sans barrière. La feuille devient un micro-monde, un théâtre, comme l’intérieur d’une tête régi par des mécanismes inconscients, des souvenirs, des images cryptées, des élans et des zones grises tremblantes."
"Drawing is the very material of my work. I am interested in the way it bears witness to reality and exceeds it through fiction, metaphor. It is for me an instinctive extension of both the gaze and the thought, like a branch of writing, without words. That's why I choose simple and quick tools, a kind of economy of means. This simplicity is also for the others, who can then slide towards the emotion, dive into the image without barrier. The sheet becomes a micro-world, a theater, like the inside of a head governed by unconscious mechanisms, memories, encrypted images, impulses and trembling gray areas."
« J’aime les gestes répétitifs et minutieux. Je crochète, je brode, je crée des maillages avec des fils très fins, des cheveux que j’ornemente de perles. Quand je dessine, j’essaye de retrouver cette sensation de textures, des très petites choses entres entre les doigts. Parfois un coup de crayon d’un geste très incisif donne la même impression que percer la chair d’un tissu avec une aiguille. Je dessine ce qui m’attendrit ou m’émerveille, parfois je choisis de dessiner quelque chose qui me rappelle un conte, une histoire merveilleuse. La métamorphose occupe une grande place dans mon travail et le dessin me permet d’explorer les volumes, les matières, leur fourmillement et leur multitude ainsi que la possibilité d’un glissement vers l’autre, d’animal à végétal – et réciproquement. »
"I like repetitive and meticulous gestures. I crochet, I embroider, I create meshes with very fine threads, hair that I decorate with beads. When I draw, I try to find this feeling of textures, very small things between the fingers. Sometimes a pencil stroke with a very incisive gesture gives the same impression than piercing the flesh of a fabric with a needle. I draw what moves or amazes me, sometimes I choose to draw something that reminds me of a tale, a wonderful story. Metamorphosis is a big part of my work and drawing allows me to explore volumes, materials, their swarming and multitude as well as the possibility of a shift towards the other, from animal to vegetable - and vice versa."
Eugénie Touzé aime à dire qu’en photographie, elle se met en quête d’une image, tandis que dans son travail vidéo, elle attend que celle-ci apparaisse. Parfois, la magie n’opère pas, et il lui faut patienter jusqu’à la prochaine épiphanie. Mais cela ne lui fait pas peur, elle qui n’aime rien tant que poser son trépied, définir un champ, cadrer et espérer qu’un possible advienne.
Eugénie Touzé capture les fantômes insaisissables d’instants qui n’ont rien de spectaculaire, dans lesquels la mise en scène est la plupart du temps absente. En bonne chasseuse de papillons, elle se laisse porter parfois par le hasard, parfois par des coïncidences, en oscillant constamment entre ses deux médiums de prédilection.
Chez elle, les photographies semblent s’animer, tandis que certaines vidéos recèlent une fixité trouble : est-ce nous qui ne clignons pas suffisamment des yeux ? Elle l’admet volontiers : plutôt que de revendiquer un discours franc, elle préfère parler de doute, dont naît le merveilleux.
Dans Une tempête dans un verre d’eau, il est question de moments de transition parfois à peine perceptibles : celui où la pluie, qui auparavant bruinait doucement, recouvre les corps jusqu’à les détremper ; celui où le vent transforme le tourbillon en tempête, faisant tanguer dangereusement les bateaux amarrés au port ; celui où les nuages demeurent lourds, et où les animaux croisés paraissent être les gardiens d’un secret dont eux seuls disposent ; celui où l’éblouissement du soleil couchant fait apparaître à la surface d’une image un orbe doré.
Eugénie Touzé likes to say that in photography, she looks for an image, while in her video work, she waits for it to appear. Sometimes the magic does not work, and she has to wait for the next epiphany. But that doesn't scare her, as she loves nothing more than setting up her tripod, defining a field, framing and hoping that something possible will happen.
Eugénie Touzé captures the elusive ghosts of unspectacular moments, in which the staging is mostly absent. As any good butterfly hunter, she lets herself be carried away sometimes by chance, sometimes by coincidences, constantly oscillating between her two favorite mediums.
In her work, photographs seem to come to life, while certain videos conceal a blurred fixity: is it us who do not blink enough? She readily admits it: rather than claiming a frank discourse, she prefers to speak of doubt, from which the marvelous is born.
A Storm in a Glass of Water is about moments of transition that are sometimes barely perceptible: the one where the rain, which before drizzled gently, covers the bodies until they are soaked; the one where the wind transforms the whirlwind into a storm, making the boats moored in the harbor pitch dangerously; the one where the clouds remain heavy, and where the animals one crosses seem to be the guardians of a secret of which they alone have the power; the one where the glare of the setting sun makes a golden orb appear on the surface of an image.
Les récits imaginés par Darya Danilovich reposent sur une histoire alternative à partir d’événements récents s’étant déroulés en Biélorussie. À travers son travail vidéo, Darya Danilovich se confronte à l’Histoire et se propose de repenser ses épisodes contradictoires, documenter les traumatismes et les déformations, les clichés ethniques et nationaux. Elle réactualise des expériences passées confrontées aux réalités du présent. Elle propose dans ses vidéos, faites de collages d’images récupérées sur les médias et de séquences où elle se met en scène, une collusion d’idées militaristes, xénophobes, spécistes, porno-culturelles….
« Je compose des scénarios nourris de références historiques et télévisuelles (news, publicités, séries télé), faisant directement appel à la perception du regardeur, dans un jeu d’illusions et mises en scène factices. J’extrais et j’invente des histoires de résistances et de rébellions, capturées sur le vif et en studio, mises en jeu par des choix de montage, de déplacement dans un autre contexte. C’est le résultat d’une collecte inconsciente des images, d’un mélange de réflexions anxieuses, d’apathie et de moments d’observation heureux, de réemplois et d’assemblages. À travers la caméra de mon téléphone, je cherche à retomber amoureuse et à donner de la valeur au monde qui m’entoure et à mon regard, d’accepter mon corps et mon visage. »
Darya Danilovich's narratives are based on an alternative history of recent events in Belarus. Through her video work, Darya Danilovich confronts History and proposes to rethink its contradictory episodes, documenting traumas and distortions, ethnic and national clichés. She re-actualizes past experiences confronted with the realities of the present. In her videos, made of collages of images recovered from the media and sequences where she stages herself, she offers a collusion of militaristic, xenophobic, speculative, porn-cultural ideas....
"I compose scenarios fed by historical and television references (news, advertisements, TV series), appealing directly to the viewer's perception, in a game of illusions and fake stagings. I extract and invent stories of resistance and rebellion, captured on the spot and in the studio, put into play by choices of editing, displacement in another context. It is the result of an unconscious collection of images, a mixture of anxious reflections, apathy and happy moments of observation, of reuse and assembly. Through the camera of my phone, I seek to fall in love again and to give value to the world around me and to my gaze, to accept my body and my face."