Paravent et traine, impression sur panneaux en PVC, housses de vêtements, sangles, impression sur velours marbré, 90 x 200 cm par panneau, © Grégory Copitet / Galerie Ciaccia Levi, 2020
« Me vêtir a toujours été un moyen d’expression à part entière. Mes habits, je ne les choisis pas seulement pour des raisons esthétiques ; je cherche, à travers les formes, les couleurs, la concordance des accessoires, à raconter une histoire. En parallèle, j’archive des photographies prises au quotidien, des captures d’écran et des scans que je combine ensuite sur des surfaces textiles, pour créer des "vêtements-images". Le collage est une manière de rejouer à la fois l'acte de scroller et l’esthétique baroque d’Instagram. Tous ces souvenirs révèlent un puissant levier de définition, d’identification et d’histoires, à la fois personnelles et collectives. »
"Dressing myself has always been one of my way of expression. I don't choose my clothes only for aesthetic reasons; I try to tell a story through the shapes, the colors, the matching of the accessories. At the same time, I archive photographs taken in everyday life, screen captures and scans that I then combine on textile surfaces to create "clothing-images". Collage is a way to replay both the act of scrolling and the baroque aesthetic of Instagram. All of these memories reveal a powerful lever for definition, identification, and stories, both personal and collective."
Cornes d’Afrique, installation, terre cuite, émaux, engobe, force, 40 x 85 x 85 cm, 2019-2020
La diversité des oiseaux de Côte d’Ivoire s’impose dans son intense et inquiétante présence dans l’environnement et dans les croyances du pays. Les sculptures colorées de becs hybrides sont ce qui survit dans le temps à leur extinction. Entre os et écorces, les cornes de faïence et de métal sont précieusement sculptées à l’image du fait-main ivoirien. Présentées comme un étalage marchand de l’ivoire, elles témoignent de la disparition de la biodiversité.
The diversity of the birds of Ivory Coast imposes itself in its intense and disturbing presence in the environment and in the beliefs of the country. The colorful sculptures of hybrid beaks are what survives their extinction through time. Between bones and bark, the horns of earthenware and metal are preciously sculpted in the image of the Ivorian handmade. Presented as a commercial display of ivory, they bear witness to the disappearance of biodiversity.
Thoma, acrylique et polyuréthane sur coton, 256 x 208 cm, 2020
La pratique de Louis Jacquot se situe entre deux traditions artistiques : le tableau abstrait moderne et la spacialisation des œuvres. C’est dans cet aller-retour entre la production de tableaux et leur installation dans l’espace muséal que l’artiste opère des écarts et met en crise l’autonomie supposée de l’œuvre au regard du contexte dans lequel on la perçoit. Tout sème le trouble entre l’objet de la représentation et l’espace dans lequel il se retrouve exposé.
Louis Jacquot's practice lies between two artistic traditions: modern abstract painting and spatialization of works. It is in this back-and-forth, between the production of paintings and their installation in the museum space, that the artist makes discrepancies and puts in crisis the supposed autonomy of the artwork in relation to the context in which it is perceived. Everything sows confusion between the object of the representation and the space in which it is exposed.
Les mains de l’État, détrempe et huile sur toile de Korhogo, 41 x 33 cm, 2021
L’atmosphère qui se dégage des œuvres de Thibaut Bouedjoro-Camus oscille entre désir et désespoir, entre tragédie et poésie. Comme un dramaturge des corps et des mouvements, l’artiste éveille chez le spectateur cette conscience de l’intangible, de la différence et de la subtilité. Ses œuvres portent en elle les traces du mystère d’un monde magique et insaisissable qui vient remettre en question notre prétention à la toute-puissance.
The atmosphere that emanates from Thibaut Bouedjoro-Camus’ artworks oscillates between desire and despair, tragedy and poetry. Like a dramatist of bodies and movements, the artist awakens in the spectator an awareness of the intangible, of difference and subtlety. His works carry traces of the mystery at the origin of all creation, of a magical and elusive world that challenges our claim to omnipotence.
We can’t see the sun anymore, bombe et huile sur toile, 195 x 130cm, 2020
Les peintures de Raphaëlle Bertran sont immédiatement reconnaissables par leurs figures minuscules se déployant sur de grands ou petits formats. Ces figurines ciselées agissent par contraste avec l’espace informel où elles se situent. Ces compositions apparaissent comme un condensé d’histoire humaine, un univers où absurde, terreur et force de vie se conjuguent comme un reflet très actuel du monde.
Raphaëlle Bertran’s paintings are immediately recognizable by their tiny figures unfolding on large or small formats. These chiselled figurines act in contrast to the informal space in which they belong. These artistic compositions appear like a condensed version of human history, a universe where absurdity, fear and strength of life become one to reflect the actual world.
Noix de Coco de la Fortune, vue de l’installation à la Fondation Fiminco (Romainville), 2021
La question de l’exotisme perturbe Gabriel Moraes Aquino depuis son arrivée en France. D’origine brésilienne, il choisit de confronter des images et des objets stéréotypés qui caractérisent le « paradis tropical ». Cette œuvre est à la fois un espace ludique et un rituel qui détourne l’exotisme de ses sens coloniaux, provoquant un décloisonnement à travers une expérience tactile afin de créer des liens entre les spectateurs de différentes origines et de différentes cultures. (Lucong Xu)
The question of exoticism has troubled Gabriel Moraes Aquino since his arrival in France. Of a Brazilian origin, he chooses to confront images and stereotypical objects that characterize the "tropical paradise". This work is both a playful space and a ritual that diverts exoticism from its colonial meanings, provoking a decompartmentalization through a tactile experience in order to create links between spectators of different origins and cultures. (Lucong Xu)
Hikikomori 1, acrylique sur contreplaqué, 122 x 244 cm, 2020
L'isolement, la solitude, le corps en rapport avec le monde et avec la condition d’être social…
Les peintures de Ymane Chabi-Gara représentent des individus dans des univers et situations miroirs de leur intériorité. Espaces domestiques ou friches industrielles servent de support à la narration, guidée par des impressions formelles et colorées. Le corps sert de point de convergence vers lequel toute l’expérience tend et trouve du sens. Un dessin très détaillé qui détermine la structure de la composition, et la peinture, pour elle-même, qui ouvre à des possibilités sensibles.
Isolation, loneliness, body in relation to the world et social condition… Ymane Chabi-Gara’s paintings represent people in universes and situations that mirror their interiority. Domestic spaces and industrial wastelands serve as a support for narration, guided by formal and colourful impressions. Body serves as a point of convergence to which the whole experience extends and finds meaning. Very detailed drawings that determine the structure of the composition, and painting, for itself, that opens to sensitives possibilities.
Table ronde de la Direction des Beaux-Arts de Paris, photographie, © Beaux-Arts de Paris, 2021
Le projet Table Ronde est initié par Éditions Burn~Août qui est une petite structure éditoriale co-fondée par des étudiants des Beaux-Arts de Paris et de Lyon. Projet indépendant ayant comme noyau dur un groupe affinitaire qui se disperse à travers ses collaborations et partenariats. À la fois surface de réception, lieu de réflexion et lieu de consultation, Table Ronde accueille des individus qui travaillent ou réfléchissent les champs investis par la publication à l’honneur. Conférences, tables rondes, rencontres donneront lieu à de multiples éditions et fanzines.
The Table Ronde project is carried by Burn~Août Editions, a small editorial structure co-founded by Beaux-Arts de Paris and Lyon’s students. An independent project with an affinity group that disperses through its collaborations and partnerships. At once a reception area, a place of reflection and a place of consultation, Table Ronde welcomes people who are working or reflecting on the fields invested by publishing. Conferences, workshops, meetings will give rise to several editions and fanzines.
Vue de l’espace Aimé Césaire (Gennevilliers), l’un des lieux de l’exposition itinérante investi par le collectif, 2021
Le collectif La Marge a mis en contact plusieurs jeunes artistes à travers le monde. Profitant de l’expérience inédite du confinement, et inspiré par la restitution d’œuvres africaines, les artistes veulent permettre à des œuvres animées par une sensibilité commune, d’exister en différents lieux. Une exposition d’une vingtaine d’artistes, dont beaucoup issus des Beaux-Arts de Paris, aura lieu en 2022 en Guadeloupe (Biennale intercontinentale d’art contemporain) et à Gennevilliers (Espace culturel et social Aimé Césaire).
The collective La Marge has brought together several young artists from all around the world. Taking advantage of the unprecedented experience of the lockdown and inspired by the restitution of African works, the artists want to enable works that are animated by a same sensibility to exist in different places. An exhibition of some twenty artists, many of whom are Beaux-Arts de Paris graduates, will be organized in 2022 in Guadeloupe (Biennale intercontinentale d’art contemporain) and in Gennevilliers (Espace culturel et social Aimé Césaire).
Ravers, Léa Simhony, huile sur toile, 75 x 108cm, 2020
Porté par Léa Simhony et Max Blotas, Rudus Flora est un collectif artistique qui vise à permettre le développement d’un ensemble de pratiques artistiques collectives. Les œuvres multimédias des artistes réfléchissent à la manière de concevoir des structures systémiques alternatives fondées sur la sensibilisation, la réflexion, le soutien et les soins. Le nom “Rudus Flora” fait référence à une flore qui pousse sur des terres en friche, précédemment surexploitées par l’agriculture humaine. Exposition réelles et virtuelles sont envisagées.
Carried by Léa Simhony and Max Blotas, Rudus Flora is an artistic collective which aims to allow the development of a set of artistic and collaborative practices. The artists’ multimedia artworks reflect upon how to conceive alternative and systemic structures based on awareness, reflection, support and care. The name “Rudus Flora” refers to a flora that grows on wastleland previously overused by human agriculture. Real and virtual exhibitions are planned.