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Nanteuil, Célestin

La ballade de Lénore

Nanteuil illustre ici un épisode de la Ballade de nore (1773), du poète allemand G.A. Bürger : désespérée de ne pas voir revenir son fiancé de la guerre,  Lénore blasphème contre Dieu. La nuit suivante, la Mort, sous les traits de son amant, l’enlève sur un cheval. À la lueur de la lune, le cavalier apparaît sous la forme de la Mort ailée au visage de squelette, devant Lénore épouvantée, ses longs cheveux dénoués. Le dessin est exécuté sur un papier gauffré orné, choisi pour donner un cadre ouvragé à l‘oeuvre, sans doute destinée à être offerte.

Nanteuil illustrates a scene from The Ballad of Lenore (1773), by German poet G.A. Bürger. Desperate that her fiancé hasn’t returned from the war, Lenore curses God. The following night, she elopes on a horse with Death who has taken the guise of her lover. In the moonlight, the creature reveals its true nature as terrified Lenore, her long hair flowing, looks upon winged Death’s skull face. The scene is enhanced by the elaborate framing of the embossed paper it is traced on, which leads to believe the drawing may have been intended as a gift.

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Marilhat, Prosper-Georges

Portrait de jeune femme noire vêtue à la turque

Marilhat profite de son voyage en Orient de 1831 à 1833 pour exécuter de nombreux dessins sur le vif, et le visage fin de cette jeune femme aux lèvres pleines, aux yeux en amande et au nez retroussé, est sans doute un portrait. Mais, vêtue du vêtement turc traditionnel, elle correspond aussi à l’image fantasmée de la femme orientale : assise en tailleur - « à la turque » - dans une attitude nonchalante,  elle est telle que les Européens se l’imaginent depuis le XVIIIe siècle, avec les pastels de Jean-Etienne Liotard par exemple.

Marilhat made good use of his trip to the East from 1831 to 1833 and drew numerous sketches from life there. This woman’s fine features, full lips, almond-shaped eyes and small upturned nose, are undoubtedly a portrait. Clad in the traditional Turkish attire, she also embodies an oriental fantasy: sitting cross-legged - "à la turque" - in a nonchalant pose, she is just as Europeans have pictured Eastern women since the 18th century, as in Jean-Etienne Liotard’s pastel drawings.        

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Devéria, Eugène

Odalisque

Devéria offre dans cette feuille des années 1830 une vision rêvée de la femme orientale – il n’est jamais allé en Orient – qui fait écho à la Grande Odalisque d’Ingres. Son corps alangui aux courbes exagérées pose dans un décor sophistiqué composé d’étoffes précieuses et d’objets orientaux, et dont l’atmosphère saturée accentue l’intimité de la scène. Les rehauts de gouache blanche posés non par touches, mais en fines hachures, suggèrent le scintillement des tissus brodés et mettent en valeur la blancheur sans défaut du corps laissé en réserve.      

This 1830’s drawing illustrates Devéria’s dreamy vision of the oriental woman - he never traveled to the East - that echoes Ingres' Grande Odalisque. Her curvaceous, languorous body is set in the sophisticated decor of precious fabrics and oriental objects, creating a dense atmosphere which emphasizes the intimate quality of the scene. White gouache highlights are not applied in touches but in very fine hachures, suggesting the sheen of lustrous embroidered fabrics and underlining the flawless white body.

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Delacroix, Eugène

Saint Paul renversé sur le chemin de Damas

Tirée des Actes des Apôtres, la conversion de saint Paul est toujours un prétexte pour traiter une scène fougueuse et théâtrale : saisi en contre-plongée et aveuglé par la lumière divine, Paul est jeté au bas de sa monture cabrée et hennissante qui se détache sur un ciel d’un bleu intense. Delacroix a conçu ce projet pour le décor de la bibliothèque du palais Bourbon qu’il achève en 1838. Étude préliminaire, cette composition qui devait prendre place dans un écoinçon du plafond ne fut finalement pas retenue.

Described in the Acts of the Apostles, the conversion of saint Paul has always been depicted in fervid, dramatic scenes: viewed from below as he is blindsighted by divine light, Paul is thrown at the bottom of his prancing horse, which stands out against the intense blue sky. Delacroix conceived this project for the decoration of the Palais Bourbon’s library, which he completed in 1838. This drawing is a preliminary study for a spandrel of the ceiling, but the subject was not retained in the final version of the decor.

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Delacroix, Eugène

Amazone dans un paysage

Séjournant en Angleterre en 1825, Delacroix y rencontre le maquignon Adam Elmore qui lui offre l’hospitalité. Il profite de cette occasion pour dessiner des chevaux et découvrir les œuvres laissées par Géricault dans cette demeure où il avait été accueilli quelques années auparavant. Cette feuille s’inspire de l’une d’entre elles, représentant une cavalière au galop. L’interprétation qu’en donne Delacroix témoigne de son admiration pour le peintre du Radeau de la Méduse, mais aussi de ses talents d’aquarelliste, qu’il perfectionne au contact de l’art anglais.

As he was travelling in England in 1825, Delacroix met the horse dealer Adam Elmore, who offered him a place to stay. He put this opportunity to good use, drawing horses and studying the works Géricault had left in this very house, where he had previously resided. This sheet quotes one of them, a drawing of a woman horseback riding in a country setting. Delacroix's interpretation betrays his admiration for the painter of the Raft of the Medusa, and also reveals his talented handling of watercolor, a technique which he perfected through contact with English art.

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Vernet, Horace

Six chevaux en liberté dans un paysage

Passionné par l’univers équestre, Horace Vernet aborde aussi bien des sujets de cavalerie que des scènes où le cheval apparaît en pleine nature, libéré de toute contrainte humaine, comme ici. Les six chevaux s’adonnent à leurs jeux familiers dans un paysage tourmenté, balayé par le vent et violemment éclairé. La facture virtuose du dessin, daté des années 1810-1820, joue des lavis aux tonalités brunes plus ou moins sombres, et légèrement rehaussés de gouache blanche.  

Fascinated by the equestrian world, Horace Vernet both drew from traditional cavalry themes and devised scenes featuring wild horses roaming unchecked. Here, six horses are frolicking in the wilderness of a windswept, bluntly lit landscape. Dated between 1810 and 1820, it displays virtuoso draughtsmanship, with the use of a gradually darkening brown wash heightened with light touches of white gouache.

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Géricault, Théodore

Étude de cheval

Datée entre 1812 et 1814, cette feuille illustre la passion de Géricault pour le cheval dont il ne cesse de chercher à capter la vitalité et l’énergie. Tout en s’appuyant sur les manuels et les traités anatomiques alors à la disposition des artistes, il fréquente assidûment les écuries, notamment les Grandes écuries de Versailles, et y peint des croupes et des poitrails. Cette feuille est un beau témoignage des recherches qu’il mène pour saisir fidèlement l’animal en mouvement avec toute sa fougue.

Dated between 1812 and 1814, this sheet exemplifies Géricault's passion for horses, whose vitality and energy he constantly sought to capture. While relying on the anatomical manuals and treatises that were available to artists at the time, he also eagerly visited stables, including the Grandes Ecuries in Versailles, where he painted the horses’ hindquarters and chests. This sheet beautifully attests the perseverance he showed in learning to grasp most faithfully the animal’s motions.

 

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Géricault, Théodore

La Traite des Noirs, dit aussi Traite des Noirs sur un marché d’esclaves de la côte du Sénégal

Sa mort prématurée empêcha Géricault de réaliser le pendant qu’il projetait au Radeau de la Méduse sur le thème de la La Traite des Noirs. Représentant un marché d’esclaves, ce dessin daté vers 1820 constitue un témoignage exceptionnel du projet. Au centre, un négrier s’apprête à frapper une victime aux mains attachées dans le dos et un collier de fer au cou ; à gauche, une femme suppliante est entraînée dans une barque. La composition équilibrée, la clarté des figures sculpturales, à la gestuelle tour à tour pathétique ou cruelle, traduisent la volonté de dénoncer le commerce d’esclaves et susciter l’empathie.

Géricault's untimely death prevented him from painting the pendant he intended for The Raft of the Medusa on the theme of the slave trade. Dated around 1820, this drawing depicting a slave market provides invaluable information on the project. In the center, a slave trader is about to beat a man whose hands are tied behind his back and who wears an iron collar fastened to his neck. On the left, a woman is begging for mercy while she is being dragged into a boat. The balanced composition, the clarity of the sculptural figures and of their attitudes, whether pathetic or cruel, show how the artist planned to use the grand manner of history painting to better denounce the slave trade.

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Géricault, Théodore

Mamelouk au bord de la mer

Au début du XIXe siècle, le Mamelouk fascine les artistes qui en font le modèle du cavalier oriental intrépide, mystérieux et fier, incarnant les idéaux de liberté et d’égalité. Géricault le figure sur un cheval fougueux qui s’élance dans les flots, sabre tiré contre un ennemi invisible et main droite levée dans un geste de défi. Daté vers 1818, le dessin est exécuté dans un lavis plus ou moins dense qui joue des réserves de papier pour évoquer le mouvement des vagues et l’impétuosité de l’animal.

At the beginning of the 19th century, European artists were fascinated by Mameluks in whom they saw the epitomy of fearless, mysterious and proud oriental horsemen, embodying ideals of freedom and equality. Here, Géricault’s Mameluk is riding his fiery horse into the sea, drawing his sword against an invisible enemy, and defiantly raising his fist. Dated around 1818, the drawing displays various densities of wash alternating with blank spaces, to suggest the waves rolling in and the horse dashing forth.

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Géricault, Théodore

Le prince vice-roi à l’armée de Russie délivrant un de ses aides de camp polonais surpris par des Cosaques, dit Combat de cavalerie

Sans doute préparatoire à un tableau commandé à Géricault pour illustrer un épisode de l’épopée napoléonienne, ce dessin met en scène le prince Eugène, sauvant un officier d’une attaque de Cosaques. La composition est dominée par la charge hardie du prince, sabre dégainé. Sensible aux hauts faits de l’Empire, Géricault s’attache à décrire dans cet épisode plein de panache la tension des corps et l’énergie des gestes, mais dénoncera quelques années plus tard les horreurs de la guerre dans ses lithographies consacrées à la retraite de Russie.

This drawing was made in view of a painting commissioned to Gericault to illustrate an episode of the napoleonic wars. It shows prince Eugene rescuing a French officer from a Cossack raid. Rising above the composition, the prince is boldly charging, his sword drawn. Géricault was sympathetic to the Empire’s epic history, and in this flamboyant scene he accents the taut bodies and energetic gestures of its protagonists. A few years later however, he would rather expose the horrors of the war in the lithographs he designed on the Retreat from Russia.

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