1 /

Alexandre Nitzsche Cysne

Prix de Baudry d'Asson

Ma pratique repose sur des piliers poétiques émergents de ma recherche en archéologie urbaine : la possibilité de révéler ce qui reste à partir de la récupération et de gestes minimalistes. Ce qui était autrefois lié à nous tous, jadis significatif, et qui est maintenant transparent, un réceptacle de mémoire, pouvant être déplacé et toucher une zone subjective entre les sens.

À mes yeux, les écritures, les textures, les taches et les fissures deviennent des indices nous guidant vers une cartographie d’intentions, un labyrinthe subliminal reflétant le tissu sociopolitique spécifique à chaque territoire, interrogeant les valeurs attribuées à chaque élément et ce qui mérite d’être souligné en tant qu’important.

C'est un exercice de curiosité. Une collaboration sans fin. Je suis pont entre ces rencontres, ces histoires inconnues tissées dans la trame du quotidien, à mesure qu’elles peuvent se regarder et, ainsi, élaborer des poèmes contemplatifs. Ces longues journées se cristallisent dans des sculptures, des installations, des dessins, et des photographies.
Je joue avec la vie dans les limites du monde, transformant chaque souvenir en un effet.


My practice is based on poetic pillars emerging from my research into urban archaeology: the possibility of revealing what remains from salvage and minimalist gestures. What was once connected to us all, once meaningful, and is now transparent, a receptacle of memory, able to be moved and touch a subjective zone between the senses.

For me, the writings, textures, stains and cracks become clues guiding us towards a cartography of intentions, a subliminal labyrinth reflecting the specific socio-political fabric of each territory, questioning the values attributed to each element and what deserves to be highlighted as important.

It's an exercise in curiosity. A never-ending collaboration. I act as a bridge between these encounters, these unknown stories woven into the fabric of everyday life, as they are able to look at each other and, in so doing, create contemplative poems. These long days crystallise in sculptures, installations, drawings and photographs.
I play with life within the confines of the world, transforming each memory into an effect.

Photo : Diane Arques / ADAGP, Paris, 2024

1 /

Elias Loudiyi

Prix agnès b.

Mon grand-père m'a initié à la peinture dès mon plus jeune âge. Depuis, j'ai toujours ressenti le besoin de peindre.

Pour moi, la peinture est une question d'équilibre et d'instinct. J'aime rechercher cet équilibre en opposant la tache de peinture au trait de fusain.

Chaos, désordre, reformation...
Organiser le vivant, la matière est l’essence du travail, une dépense d’énergie ! Un morphisme corpusculaire ! Mon grand-père, figure centrale de mon enfance et antre de transmission d’une certaine mémoire culturelle et artistique a marqué mes pas. Devoir se confronter un moment donné à une dissipation de cette mémoire jusqu’à son entière disparition est un sentiment immensément difficile. Assister au démembrement d’une mémoire c’est être témoin de la disparition de sa propre empreinte, une sorte d’altération de son vécu ! Devoir composer avec le désordre d’une information est un travail ingrat. Une dissipation absolue d’énergie ! C’est ce dédale incongru, géométrie variable de l’esprit du chaos, qui m’a poussé à fixer des empreintes de vie sur une toile. Une nuée d’oiseaux jouant à tracer différentes figures dans le ciel pour l’observateur que je suis, selon l’endroit où je me trouve. Une gestuelle au trait contiguë guide mes terminaisons. A l’image de cette mémoire vermoulue, code aléatoire d’un nouvel état. Je trace, je fixe l’instant mémoriel. Image brouillée, seul souvenir de l’instant, de la dernière belle rencontre.


My grandfather introduced me to painting at an early age. Since then, I've always felt the need to paint.

For me, painting is a question of balance and instinct. I like to seek this balance by contrasting the paint stain with the charcoal line.

Chaos, disorder, reformation...
Organising living matter is the essence of my work, an expenditure of energy! A corpuscular morphism! My grandfather, a central figure in my childhood and a place where a certain cultural and artistic memory was passed on, left his mark on me. Having to face up at some point to the dissipation of this memory until it disappears completely is an immensely difficult feeling. To witness the dismemberment of a memory is to witness the disappearance of one's own imprint, a kind of alteration of one's experience! Dealing with the mess of information is a thankless job. An absolute waste of energy! It's this incongruous maze, the variable geometry of the spirit of chaos, that led me to fix the imprints of life on canvas. A swarm of birds playing at tracing different figures in the sky for the observer that I am, depending on where I am. A gesture with a contiguous line guides my endings. Like this worm-eaten memory, a random code for a new state. I trace, I fix the moment of memory. A blurred image, the only memory of the moment, of the last beautiful encounter.

1 /

Leto William

Prix des Amis

"Avoir le « sentiment d'être dans l'impulsion, dans l'incontrôlable et dans la fatalité de la réitération » c'est l'épaisseur de ma réflexion et de mon action. Intéressé par des formes de langages non-communicatifs, mon travail a débuté grâce à la poésie sonore et la performance et se dirige de plus en plus vers des sonorités sourdes, voire muettes, par le biais de la. peinture, du dessin, de la sculpture et de l'installation sonore.

La répétition dans chacune de mes pièces évoque un contre-temps - celui de la réitération de la prière, de la scansion dans le rituel, du sacré, contrairement au temps non-humain du nouveau excitant, lorsque des gestes minimaux sont réalisés jusqu'à créer une masse sonore, où le langage perd sa fonction communicative et revient à son origine : celle de la basse continue de l'eau, celle du vent dans la canopée, dans le sertao. Symphonie de bruits."


"Having the "feeling of being in the impulse, in the uncontrollable and in the fatality of repetition" is the depth of my reflection and my action. Interested in non-communicative forms of language, my work began with sound poetry and performance art, and is increasingly moving towards muted sounds through painting, drawing, sculpture and sound installation.

The repetition in each of my pieces evokes a counter-time - that of the reiteration of prayer, of the scansion in ritual, of the sacred, as opposed to the non-human time of the new excitement, when minimal gestures are carried out until a mass of sound is created, where language loses its communicative function and returns to its origin: that of the continuous bass of water, that of the wind in the canopy, in the sertao. A symphony of sounds". 

1 /

Timothée Gruel

Prix du portrait Bertrand de Demandolx-Dedons

La violence des images naît longtemps avant de devenir spectaculaire. Avant d’envahir l’espace de nos vies, son germe s’éveille à l’arrière-plan des choses. C’est le basculement imperceptible d’un corps avant sa chute, l’étincelle de la colère avant son éclat, la pression avant la rupture. C’est aussi la peinture et le poids de ses traditions ; menace silencieuse d’un écrasement potentiel. Entre la violence des images et moi, il y a le portrait. Les gens dans la scène, leur dérision et leur familiarité, détournent mon regard. Ils sont le rempart fragile de la douceur : la violence en creux.

En dessin, J’invente mes propes scènes et je compose d’après des supports photographiques pour exploiter toute l’intensité de la lumière dans les scènes que je représente. En peinture, je travaille d’après nature, en utilisant mes souvenirs ou en inventant mes propres scènes. Je veux peindre les gens de ma génération en questionnant les traditions de la peinture figurative. Je pense que le portrait sous toutes ses formes est toujours une citation de l’histoire de l’art, je veux lui emprunter ses codes avec dérision, mais toujours avec affection.


The violence of images is born long before it becomes spectacular. Before invading the space of our lives, its germ awakens in the background of things. It's the imperceptible rocking of a body before it falls, the spark of anger before it explodes, the pressure before it breaks. It's also painting and the weight of its traditions; a silent threat of potential crushing. Between the violence of the images and myself, there is the portrait. The people in the scene, their derision and familiarity, distract my gaze. They are the fragile bulwark of gentleness: the violence in the hollow.

In drawing, I invent my own scenes and compose from photographic supports to exploit all the intensity of light in the scenes I represent. In painting, I work from nature, using my memories or inventing my own scenes. I want to paint the people of my generation by questioning the traditions of figurative painting. I think that portraiture in all its forms is always a quotation from the history of art, and I want to borrow its codes with derision, but always with affection.

1 /

Thomas Buswell

Prix Thaddaeus Ropac

Passant par le dessin, la sculpture, l’installation, la performance, mon travail investit l’espace des pensées qui m’occupent. En effet, les formes que je propose croissent sur un terrain de réflexions confrontant l’« hubris » humain (soit le désir de s’affranchir de notre condition), le pro- grès technique, le confort moderne, le soin hospitalier à des choses extrêmement terrestres, du compost, de la boue, des gestes simples, un rapport aux corps (humain, animal) comme puissance sensorielle. Ni exploits ni déchets, mes travaux cherchent avec moi un rapport vertueux et prudent envers un monde en mouvement, prenant l’écologie non comme un sujet ni un protocole mais comme une attitude.De plus en plus, je propose des œuvres dans lesquelles le spectateur est invité à participer, où la sensation physique avec la matière est importante. J’aime l’idée de placer la situation, l’expérience et le plaisir de « faire ensemble » au centre de mes recherches.


Through drawing, sculpture, installation and performance, my work takes up the space of the thoughts that occupy me. The forms I propose grow out of a field of reflection that confronts human hubris (the desire to free ourselves from our condition), technical progress, modern comfort and hospital care with extremely earthly things, compost, mud, simple gestures and a relationship with the body (human, animal) as a sensory power. Neither exploitative nor wasteful, my work seeks a virtuous and cautious relationship with a world in motion, taking ecology not as a subject or a protocol but as an attitude. Increasingly, I propose works in which the viewer is invited to participate, where the physical sensation with the material is important. I like the idea of placing the situation, the experience and the pleasure of 'doing things together' at the centre of my research. 

1 /

Maria Adjovi

Prix Weil

Mon travail prend racine dans une construction narrative, nourri par des histoires intimes, des textes et rencontres qui se connectent à moi. Je me laisse aussi guider par la morale de vie, presque comme un fardeau de l’existence humaine.

Dans les sujets que je peins, je souhaite livrer une vérité. Vérité dans le regard, dans la lecture de l’image; dans le geste brumeux des choses concrètes d’antan. Je participe à l’éveil des sentiments comme on le ressent dans la poésie. Je traite des allégories de ce que je considère comme étant ma pénitence.

Mon processus de travail est une écriture progressive et continue de mon idée de départ. Un schéma mental se met alors en place, orienté par les mots, ébauches de ce qui va laisser place à la liberté de l’expression plastique.
J’emprunte dans les codes religieux et désuets pour écrire mon propre langage pictural. Je procède par eff acement-recommencement jusqu’à ce que cela reste.


My work is rooted in a narrative construction, nourished by intimate stories, texts and encounters that connect with me. I also let myself be guided by the moral of life, almost as a burden of human existence.

In the subjects I paint, I want to deliver a truth. Truth in the eye, in the reading of the image; in the misty gesture of the concrete things of yesteryear. I help to awaken feelings in the same way that poetry does. I deal with allegories of what I consider to be my penance.

My working process is a gradual and continuous writing of my initial idea. A mental schema is then put in place, guided by the words, sketches of what will give way to the freedom of plastic expression.
I borrow from religious and obsolete codes to write my own pictorial language. I proceed by effacement-recommencement until it stays 

Le conseil d’administration des Beaux-Arts de Paris est renouvelé. 

Citation d’Alexia Fabre directrice des Beaux-Arts de Paris : 

Pensé comme un tremplin professionnel et une vitrine de la scène émergente, 100% L’EXPO est le rendez-vous incontournable de l’art contemporain dédié à la jeune création. Chaque année, La Villette collabore avec des écoles d’art afin de présenter des artistes récemment diplômé·es et mettre la lumière sur les enjeux des débuts de carrière.
Ni un salon d’art contemporain, ni pour autant une exposition thématique, le projet est pensé comme un instantané de la jeune création, qui présente à chaque nouvelle édition une pluralité de profils et de sujets.

1 /

Matias Zoumenou

Bourse de dessin Hélène Diamond

J’ai interrogé pendant trois ans la pratique du dessin de la Renaissance italienne à travers la reproduction des gestes et des outils de l’époque. Après une étude extensive, je me tourne aujourd’hui vers une approche plus contemporaine de la pratique. J’ai donc choisi de m'inscrire au cours de visites dessinées, pour aborder divers endroits dans le Paris d’aujourd’hui. Les dessins issus de ces cours forment l’essentiel de mon portfolio.
Le reste est composé de copies et d'études réalisées au cours de mes réflexions.


For three years I have been examining the practice of drawing during the Italian Renaissance by reproducing the gestures and tools of the period. After an extensive study, I'm now turning to a more contemporary approach of the practice. I've decided to sign up for the course of RDV dessinés, to look at different places in the Paris of today during the year. The drawings from these courses form the bulk of my portfolio. The rest consists of copies and studies that follow my thought process
 

1 /

Morgan Dupuy-Dordet

Bourse de dessin Hélène Diamond

« Je crois avoir atteint une certaine cruauté dans mon traitement, brutalisant toujours plus le blanc pur et éclatant dans ce nœud d'où gicle la rage. Le trait en hâte, des zigzags périlleux créent d'infimes vides d'où surgissent des néants brumeux. »


“I believe I have reached a certain cruelty in my treatment, ever more brutalizing the pure and dazzling white in this knot from which rage spurts. The hasty line, perilous zigzags create tiny voids from which misty nothingness emerges."
 

S'abonner à