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Quentin Cailliez Le Cloirec

Bourse de dessin Hélène Diamond

« Le dessin agit chez moi comme un miroir de ma peinture. En blanc sur noir, à la craie, au pastel ou au crayon, j’aborde avant tout la question de la lumière. J’aime constater la façon dont elle se pose sur mes sujets, et comment lentement le dessin se révèle sur le fond obscur du papier. 

C’est en partie grâce au dessin à la craie sur tableau noir lors de poses de modèles vivants où l’urgence du geste, la confrontation à une plus grande échelle et les contraintes de la craie s’imposent, que j’ai eu envie de travailler en blanc sur noir à l’atelier et de jouer avec la lumière, la ligne et le volume des sujets. 

J’aime la liberté et la diversité des gestes qu’offre le dessin et c’est dans ces moments que je retrouve dans mon travail une autre spontanéité. »


“Drawing acts for me as a mirror of my painting. In white on black, with chalk, pastel or pencil, I address above all the question of light. I like to notice the way it is placed on my subjects, and how slowly the drawing is revealed against the dark background of the paper. 

It is partly thanks to drawing with chalk on a blackboard during poses of live models where the urgency of the gesture, the confrontation on a larger scale and the constraints of chalk impose themselves, that I wanted to to work in white on black in the workshop and to play with light, line and volume of the subjects. 

I love the freedom and diversity of gestures that drawing offers and it is in these moments that I find another spontaneity in my work."
 

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Luca Becker

Bourse de dessin Hélène Diamond

« Le dessin vient toujours en premier. Avant chaque toile il y a le dessin et dans chaque toile que je peins le dessin reste. Le dessin est pour moi une façon d'approcher mon sujet, qui est souvent l'animal. Que ça soit un animal mort dans un musée d'histoire naturelle ou un mon chien à la maison. Avec le dessin comme avec la peinture je m'accroche à mes souvenirs, aux humains et animaux qui m'entourent. Je lutte contre l'oubli en dessinant.
C'est une façon de devenir calme, de regarder attentivement ce que se trouve sous mes yeux. Je donne de l'attention aux petites choses, je leur accorde de l'importance. »


“The drawing always comes first. Before each canvas there is the drawing and in each canvas that I paint the drawing remains. Drawing is for me a way of approaching my subject, which is often animals. Whether it's a dead animal in a natural history museum or my dog at home. With drawing as with painting I cling to my memories, to the humans and animals around me. I fight against forgetting by drawing.
It is a way of becoming calm, of looking carefully at what is before my eyes. I pay attention to the little things, I give them importance. »
“My stories, close to a cinematographic or theatrical universe, reflect an attempt to connect with spirituality through the mundane, everyday life at home. Physical manifestations of divinity cross our paths and we have the possibility or not of seeing them, we just need to maintain them and tame them.
customs."

 

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Lina Benzerti-Derrouiche

Prix de photographie

« Mes récits, proches d’un univers cinématographique ou théâtral, traduisent une tentative de connexion avec la spiritualité à travers le banal, le quotidien dans le domicile. Des manifestations physiques de la divinité croisent nos chemins et nous avons la possibilité ou non de les apercevoir, il suffit de les entretenir et d’en apprivoiser les coutumes. »

À travers son projet Les gardiennes du 10e étage, Lina Benzerti nous présente sa mère et sa sœur, perchées tout en haut d’un immeuble qui est leur huis-clos. Par la tragique force des choses, elle se sont retrouvées toutes les trois, formant ce trio féminin qui évolue entre croyances, deuils et rituels. Ce projet rend hommage à l’amour et la pudeur, à ce moment précis où les pièces se vident dans la maison, lorsque les chambres ne sont plus toutes occupées, lorsqu’il n’y a plus le même nombre de couverts à table et que le temps semble s’être arrêté.

Une série de vidéos ouvre un peu plus grand les portes de la maison, laissant entendre les dessous de la confection d’une œuvre familiale. À travers cette dimension, l’artiste concrétise un désir d’intégrer les membres de sa famille à un projet artistique afin de relier deux univers qui ne se connaissent pas et ne se sont pas toujours compris. Elle approfondit ce double dialogue en documentant la confection de ses tirages au laboratoire et en invitant sa sœur à la rejoindre.

Une création musicale au mandole algérien, composée par le musicien Wissem Abderezzak, complète le tout. « C’est un langage supplémentaire qui me permet de raconter ce qu’il se passe entre chacune des photographies. »  


“My stories, close to a cinematographic or theatrical universe, reflect an attempt to connect with spirituality through the mundane, everyday life at home. Physical manifestations of divinity cross our paths and we have the possibility or not of seeing them, we just need to maintain them and tame them. customs. »

Through her project The Guardians of the 10th Floor, Lina Benzerti presents us with her mother and her sister, perched at the top of a building which is their closed door. By the tragic force of things, the three of them found themselves, forming this feminine trio which evolves between beliefs, mourning and rituals. This project pays homage to love and modesty, at this precise moment when the rooms in the house become empty, when the bedrooms are no longer all occupied, when there are no longer the same number of place settings at the table and that time seems to have stopped.

A series of videos opens the doors of the house a little wider, revealing the underside of the creation of a family work. Through this dimension, the artist realizes a desire to integrate the members of his family into an artistic project in order to connect two worlds which do not know each other and have not always understood each other. She deepens this double dialogue by documenting the making of her prints in the laboratory and by inviting her sister to join her.

A musical creation on the Algerian mandola, composed by the musician Wissem Abderezzak, completes the whole thing. “It’s an additional language that allows me to tell what’s happening between each of the photographs. »

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Joséphine Berthou

Prix de vidéo

À partir d’un travail de recherche et de documentation sur différents milieux professionnels – ceux des modérateur·rices sur Internet, des routiers ou des rappeurs – Joséphine Berthou écrit et réalise des essais cinématographiques, entre films de fiction et documentaires, qu’elle présente sous la forme d’installations. Inspiré de la comédie musicale, son travail vidéo explore, à travers une symphonie de clics et une mélodie numérique, les systèmes qui régissent les sociétés capitalistes, les phénomènes d’influence et d’emprise, les relations qui se nouent ou se dénouent entre les individus à travers les réseaux sociaux.


Based on research and documentation on different professional environments – those of Internet moderators, truck drivers or rappers – Joséphine Berthou writes and produces cinematographic essays, between fiction films and documentaries, which she presents in the form of installations. Inspired by the musical, his video work explores, through a symphony of clicks and a digital melody, the systems that govern capitalist societies, the phenomena of influence and control, the relationships that form or unravel between individuals through social networks.
 

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Catherine Iskandar

Prix de multi-média

« J’ai choisi de présenter cette installation pour mon diplôme de fin d’études dans une cave insalubre et négligée, nécessitant des semaines de purification et d’assainissement préalable à l’aménagement de l’espace. Ce choix s’inscrit dans une volonté d’investir un lieu difficile d’accès : à l’opposé d’un espace d’exposition ad hoc et à même d’abriter cette recherche menée autour des questions d’authenticité, de fabrication des affects et de représentation.
Les pièces présentées répondent à une nécessité : atteinte d’aphantasie (particularité neurologique rendant impossible la représentation d’images mentales), j’ai pensé Mégalomartyre comme un palais de la mémoire, une archive sensorielle de souvenirs réels, fantasmés ou factices, qui matérialisent les émotions qu’il m’est impossible de visualiser. Le parcours immersif permet ainsi un cheminement cathartique, où des ressentis informulés se concrétisent à travers divers média et matériaux, et sont offerts à l’interprétation des visiteurs. 
Grâce à une atmosphère ambiguë, entre illusion et exotisme, Mégalomartyre pose la question de la mystification de nos propres souvenirs. Cette mise en scène nostalgique résonne avec mon intérêt pour la Hillbilly Music, elle-même forgée sur les récits d’un passé mythique (américain), fantasmé et réinventé. C’est pourquoi chaque pièce est associée à un titre de musique country, ayant accompagné sa réalisation. »


“I chose to present this installation for my end-of-studies diploma in an unsanitary and neglected cellar, requiring weeks of purification and sanitation prior to the development of the space. This choice is part of a desire to invest in a place that is difficult to access: the opposite of an ad hoc exhibition space and capable of housing this research carried out around questions of authenticity, manufacturing of affects and representation.
The pieces presented respond to a necessity: suffering from aphantasia (neurological particularity making the representation of mental images impossible), I thought of Mégalomartyre as a memory palace, a sensory archive of real, fantasized or artificial memories, which materialize emotions that are impossible for me to visualize. The immersive journey thus allows for a cathartic journey, where unformulated feelings come to fruition through various media and materials, and are offered for interpretation by visitors. 
Thanks to an ambiguous atmosphere, between illusion and exoticism, Mégalomartyre raises the question of the mystification of our own memories. This nostalgic staging resonates with my interest in Hillbilly Music, itself forged on the stories of a mythical (American) past, fantasized and reinvented. This is why each piece is associated with a country music title, which accompanied its creation. »

Photo :  Aurélia Casse
 

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Marc Lohner

Prix de sculpture-installation

Une aventure collective, à la fois romantique et rappelant les œuvres de Werner Herzog, prend la forme de construction d’instruments de musique à partir des débris. Les membres de l’équipage improvisent des sons en utilisant des techniques telles que la percussion, le frottement et le pincement… chacun contribue de manière spontanée, tout en étant à l’écoute. Le bois amplifié révèle des sonorités inattendues. Au-delà de la performance musicale, l’art réside également dans le déplacement, l’ingéniosité et la technicité nécessaires pour apporter ces arbres et envisager leur utilisation future. Un dispositif de réalité virtuelle permet aux spectateurs de revivre cette aventure et d’explorer l’environnement où s’accumulent les vestiges, inscrivant ainsi l’art dans le temps tout en reconnaissant sa nature transitoire.
Henri Guette, extraits


A collective adventure, both romantic and reminiscent of the works of Werner Herzog, takes the form of constructing musical instruments from debris. Crew members improvise sounds using techniques such as percussion, rubbing and plucking… everyone contributes spontaneously, while listening. Amplified wood reveals unexpected sounds. Beyond the musical performance, the art also lies in the movement, ingenuity and technicality necessary to bring these trees and consider their future use. A virtual reality device allows spectators to relive this adventure and explore the environment where the remains accumulate, thus placing the art in time while recognizing its transitory nature.
Henri Guette extracts

 

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Thomas Besset

Prix Joseph Epstein, sculpture

Les sculptures et les installations de Thomas Besset habitent l’espace comme des machines célibataires. Même si elles sont dotées d’ossatures précises et de moteurs fonctionnels, elles refusent la perfection glacée de la régularité qui les éloignerait trop du monde vivant. Ses sculptures, imprimées en 3D, présentent des ressemblances avec le corps humain : on décèle çà et là un cœur, des poumons, des cages thoraciques, des lèvres, tout ce qui permet à un être de produire un son soufflé. Les tuyaux-en cuivre, en laiton ou en plastique- rappellent autant les artères et les veines que la machinerie d’un orgue. Depuis quelques temps, les formes de Thomas Besset sont de plus en plus organiques, acceptant la mollesse et la couleur. Des fleurs s’épanouissent au sein de l’orchestre des respirations. Leur fragilité est là pour nous rappeler la délicatesse des fonctions vitales : inspirer, exhaler, être somme toute le réceptacle permanent d’un gaz nécessaire à notre survie et réussir à le transformer par la parole ou par le chant.  
Camille Paulhan, extraits 


Thomas Besset’s sculptures and installations inhabit the space like single machines. Even if they have precise frameworks and functional engines, they refuse the frozen perfection of regularity which would distance them too far from the living world. His sculptures, printed in 3D, present resemblances to the human body: here and there we detect a heart, lungs, rib cages, lips, everything that allows a being to produce a blown sound. The pipes - made of copper, brass or plastic - are as reminiscent of arteries and veins as the machinery of an organ. For some time now, Thomas Besset's shapes have become more and more organic, accepting softness and color. Flowers bloom within the orchestra of breathing. Their fragility is there to remind us of the delicacy of vital functions: to inhale, to exhale, to be, in short, the permanent receptacle of a gas necessary for our survival and to succeed in transforming it through speech or song.  
Camille Paulhan, extracts

 

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Léa Le Floc’h

Prix Maurice Colin-Lefranc, peinture

La pratique de Léa Le Floc’h est basée sur une recherche autour du paysage, plaçant des personnages et des animaux dans des espaces naturels, dans une atmosphère qui aspire à la contemplation. 
Elle cherche à retranscrire des sensations, et à représenter des moments suspendus, comme pour garder en mémoire des événements éphémères et anodins. Tout en s’inspirant de l’imagerie médiévale, la narration et la poésie occupent une place centrale dans son travail. Les paysages sont construits pour accueillir des scènes de la vie quotidienne à la limite du rêve. La notion d’immersion est cruciale dans sa manière d’élaborer et de penser une image, pour que l'on puisse prendre part mentalement à ce qui se déroule dans le tableau. 
A travers la relation des protagonistes avec le paysage, Léa Le Floc’h interroge notre rôle dans l’environnement qui nous entoure, en montrant à la fois sa fragilité et sa splendeur.


Léa Le Floc’h’s practice is based on research around the landscape, placing people and animals in natural spaces, in an atmosphere that aspires to contemplation. 
She seeks to transcribe sensations, and to represent suspended moments, as if to remember ephemeral and trivial events. While drawing inspiration from medieval imagery, narration and poetry occupy a central place in his work. The landscapes are constructed to accommodate scenes of daily life bordering on dreams. The notion of immersion is crucial in the way of developing and thinking about an image, so that we can mentally take part in what is happening in the painting. 
Through the protagonists' relationship with the landscape, Léa Le Floc'h questions our role in the environment that surrounds us, showing both its fragility and its splendor.

 

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Louis Lanne

Prix Roger Bataille, peinture

Dans un imaginaire empreint d’une ironie bon enfant, Louis Lanne capture tout ce qui lui traverse l’esprit : ses œuvres témoignent de la spontanéité du coup de crayon qui génère des idées saugrenues… Il exploite un support peu conventionnel : le tableau blanc magnétique ou tableau Velléda. Sur cette surface froide, des strates de matières a priori incompatibles, telles que la peinture à l’huile, le feutre, la colle, la résine ou le goudron, se superposent entre translucidité et dissimulation pour former des microcosmes saturés de couleurs et de signes.
Anne-Laure Peressin, extraits


In an imagination imbued with good-natured irony, Louis Lanne captures everything that crosses his mind: his works bear witness to the spontaneity of the stroke of the pencil which generates absurd ideas... He uses an unconventional medium: the magnetic whiteboard or Velleda painting. On this cold surface, layers of apparently incompatible materials, such as oil paint, felt, glue, resin or tar, are superimposed between translucency and concealment to form microcosms saturated with colors and signs. .
Anne-Laure Peressin, extracts

 

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David Mbuyi

Prix Alberic Rocheron, peinture

Dans les peintures de David Mbuyi, il existe comme une tension à savoir ce que l’on regarde… Le peintre aime les petits faits vrais, sans pour autant chercher le réalisme…Sa façon de délimiter, par des traitements spécifiques, des jeux de lumières, des zones d’intérêt, traduit quelque chose d’un jeu sur les perceptions et l’histoire des genres… Dans chaque toile, il parvient à donner l’impression au spectateur d’être à deux secondes de l’action, à deux secondes du cadre. Pas tout à fait là, mais juste à côté.
Extrait d’un texte de Henri Guette


In David Mbuyi's paintings, there is a tension in knowing what we are looking at... The painter likes small, true facts, without seeking realism... His way of delimiting, through specific treatments, plays of light , areas of interest, translates something of a game on perceptions and the history of genres... In each painting, he manages to give the viewer the impression of being two seconds from the action, two seconds of the frame. Not quite there, but right there.
Extract from a text by Henri Guette

 

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