"J'utilise la peinture comme moyen de penser, une manière sensuelle et non-verbale de poser les termes d'un problème au sein d'un espace clos, celui du tableau. Une peinture peut être belle (tant mieux), politique (ce serait super), mais sa première mission est de s'émanciper à la fois de son auteur et du spectateur. Lorsqu'elle devient indépendante, la matière du tableau est un corps à part entière, la mienne est mate, ses couleurs acides, elle s'enfonce dans la profondeur de la toile ou bien la recouvre par touche plus larges et saillantes. Si j'ai travaillé en bonne intelligence avec mes couleurs et avec l'épais jeu de dénotation et de connotation qui travaille notre culture visuelle, le tableau est intéressant à voir, c'est l'essentiel."
"I use painting as a way of thinking, a sensual and non-verbal way of posing the terms of a problem within a closed space, that of the painting. A painting can be beautiful (so much the better), political (that would be great), but its first mission is to emancipate itself from both its author and the viewer. Mine is matte, its colors acid, it sinks into the depth of the canvas or covers it with larger, more prominent strokes. If I've worked intelligently with my colors and with the thick interplay of denotation and connotation that works in our visual culture, the painting is interesting to see, and that's the main thing."
Sarah Konté est une artiste pluridisciplinaire queer. Elle a obtenu l’un des grands prix de fondation du fait de la multiplicité des territoires qu’elle explore, en France comme en Europe ou en Amérique.
Après avoir étudié la philosophie et la linguistique à l’EHESS, elle entre aux Beaux-Arts de Paris en 2018. En 2019, elle intègre la nouvelle Filière Artistes & Métiers de l'Exposition des Beaux-Arts de Paris en partenariat avec le Palais de Tokyo, et participe en 2020, en tant que commissaire d’exposition, avec quatre autres élèves de la Filière et Jean de Loisy, à l'exposition Cabaret du Néant au Château de Rentilly / Frac Île-de-France. En septembre 2020, elle est en résidence à l'Abbaye de Royaumont, à l'Académie Voix nouvelles, en tant que chercheuse à l'EHESS et plasticienne auprès de jeunes compositeurs encadrés par Francesco Filidei. Au sein de la nouvelle Chaire supersonique des Beaux-Arts de Paris, elle collabore avec deux jeunes compositeur.rices de l'Ircam. De janvier 2021 à juin 2022, elle intègre un programme d'échange avec CalArts à Los Angeles, au sein du département Film et Vidéo, sous la direction de Betzy Bromberg.
Diplômée des Beaux- Arts de Paris en juin 2022, elle développe une pensée de l’Installation comme Performance à travers le prisme de la vidéo, de l’enregistrement sonore et de la photographie à Los Angeles et à Mexico. Elle a notamment présenté une performance au MOCA, chorégraphie par Dimitri Chamblas, Slow show. Elle présente dans son travail une variation du griot, un conteur traditionnel d’Afrique de l’Ouest, qui propose une histoire mais qui cette fois-ci la laisse être composée par l’audience. Son travail a été exposé aux Grandes Serres de Pantin, à L’espace Aimé Césaire de Gennevilliers, à SALA Los Angeles, à la CalArts et aux Beaux-Arts de Paris.
Sarah Konté is a multi-disciplinary queer artist. She has been awarded one of the major foundation prizes for the multiplicity of the territories she explores, in France as well as in Europe and America.
After studying philosophy and linguistics at EHESS, she entered Beaux-Arts de Paris in 2018. In 2019, she joined the new “Artists & Exhibition-related practices” programme in partnership with the Palais de Tokyo, and in 2020, along with four other students and the director Jean de Loisy, she curated the exhibition Cabaret du Néant at the Château de Rentilly/Frac Île-de-France. In September 2020, she started a residence at the Abbaye de Royaumont, at the Académie Voix nouvelles, as an EHESS researcher and visual artist working with young composers supervised by Francesco Filidei. As part of the new “Supersonic Chair” at Beaux-Arts de Paris, she collaborated with two young composers from Ircam. From January 2021 to June 2022, she was part of an exchange program with CalArts in Los Angeles, in the Film and Video department, under the direction of Betzy Bromberg.
After graduating from Beaux- Arts de Paris in June 2022, she developed her thinking on Installation as Performance through the prism of video, sound recording and photography in Los Angeles and Mexico City. She presented a performance at MOCA, Slow show, choreographed by Dimitri Chamblas. In her work, she presented a variation on the griot, a traditional West African storyteller, who proposed a story but this time lets the audience compose it. Her work has been exhibited at Les Grandes Serres de Pantin, L'espace Aimé Césaire de Gennevilliers, SALA Los Angeles, CalArts and Beaux-Arts de Paris.
Le Groupe Janvier va investir la boîte de bouquinistes 31 de Marie-Ange Guilleminot quai Conti à Paris (6e) sur 3 jours et 4 soirées autour du dernier week-end de septembre autour du livre, du livre d’artiste et de la micro-édition.
Cet événement qui permettra aux professionnel·les, aux jeunes diplômé·es et étudiant·es de parler de livres, d’économie, de la fabrication de ces livres, d’auto-édition, de petits tirages, qui ne s’inscrivent pas toujours dans le schéma classique d’une publication. Cet événement fera la promotion d’une jeune scène de création artistique et littéraire, renforcé par l’invitation d’acteur.ices professionnel·les du monde culturel contemporain et se veut un point de rencontre (hors des structures officielles et parfois cloisonnantes que sont les lieux culturels et les écoles) d’un public, de différents corps de métiers (auteur·ices, graphistes, illustrateur·ices, photographes, etc) d’étudiant·es réunis autour d’un intérêt commun : l’édition et la micro-édition de livre de textes, d’images, de photographies, dessins).
Groupe Janvier will be taking over Marie-Ange Guilleminot's bookshop box located 31 quai Conti in Paris (6th arrondissement) for 3 days and 4 evenings over the last weekend of September, focusing on books, artists' books and micro-publishing.
This event will enable professionals, young graduates and students to talk about books, economy, how books are made, self-publishing and small print runs, which don't always fit into the classic publication scheme.
This event will promote a young scene of artistic and literary creation, reinforced by the invitation of professional players from the contemporary cultural world, and is intended as a meeting point (outside the official and sometimes compartmentalizing structures of cultural venues and schools) for a public, different professions (authors, graphic designers, illustrators, photographers, etc.) and students united around a common interest: the publishing and micro-publishing of books of text, images, photographs and drawings.)
Mathilde Rossello Rochet expérimente la peinture et le langage tout en y intégrant des éléments de notre culture visuelle. Elle découpe dans des magazines, travaille au pinceau, au rouleau, au stylo, à la bombe aérosol, au scotch, au cutter... Ses gestes variés façonnent un répertoire de signes. On y trouve des cigarettes industrielles, des mains aux ongles rouges, des bulles de bande dessinée, un œil, des jambes, des pieds, des logos présents sur nos emballages... Il y a du rouge "pompier", du rose chair, du vert gazon "suburbs", du vert comme la vase, le marron du carton, du marron "terre tropicale", un noir dense, un blanc "clean" comme un carrelage de salle de bains, un blanc fumeux, un gris trottoir...
Mathilde Rossello Rochet experiments with painting and language, integrating elements of our visual culture. She cuts out magazines, works with brushes, rollers, pens, spray cans, scotch tape, box cutters... Her varied gestures shape a repertoire of signs. There are industrial cigarettes, hands with red fingernails, cartoon bubbles, an eye, legs, feet, logos on our packaging... There's fire engine red, flesh pink, suburban grass green, slime green, cardboard brown, tropical earth brown, dense black, clean white like bathroom tiles, smoky white, sidewalk grey...
Le collectif d’artistes BIENVENUE, composé de Margot Darvogne, Louise-Margot Décombas, Richard Otparlic, Lucas Tortolano et Typhanie Vallée s’est formé en 2021 et a réalisé 3 expositions, proposant une scénographie généreuse mêlant travaux du collectif aux côtés d’autres artistes invité·es : un espace domestique fantasmé à la Galerie du Crous (Paris), une fête enchantée et mélancolique à La Cyberrance (Romainville) ou encore un espace plongé sous lumière UV pour Cristallisation à l’ENSAD (Paris).
La nouvelle proposition BE YOUR GUEST au Houloc, artiste run-space créé en 2016, s’organise autour de la thématique du bal et du banquet, espace de rencontre entre désinhibition et amusement, dans lequel se jouent des rapports ambigus de pouvoir.
Seront présentées de multiples sculptures, installations, vidéos, performances, peintures au sein d’une scénographie enveloppante (lumière, son).Une grande table de banquet à 10 mains sera créée, traversant l’espace principal. Les artistes invités, notamment des diplômés des Beaux-Arts de Paris, présenteront de nouvelles oeuvres : Irene Abello et Pö, Camille Soualem, Jordan Roger et Sarah Konté proposera une série de performances.
The BIENVENUE artists' collective, made up of Margot Darvogne, Louise-Margot Décombas, Richard Otparlic, Lucas Tortolano and Typhanie Vallée, was formed in 2021 and has produced 3 exhibitions, offering a generous scenography mixing the collective's work alongside that of other guest artists: a fantasized domestic space at Galerie du Crous (Paris), an enchanted and melancholy feast at La Cyberrance (Romainville) and a space immersed in UV light for Cristallisation at ENSAD (Paris).
The new BE YOUR GUEST proposal at Le Houloc, an artist's run-space created in 2016, is organized around the theme of the ball and banquet, a meeting place between disinhibition and fun, in which ambiguous relationships of power are played out.
Multiple sculptures, installations, videos, performances and paintings will be presented within an enveloping scenography (light, sound). A large 10-hand banquet table will be created, crossing the main space. Guest artists, including Beaux-Arts de Paris graduates, will present new works - Irene Abello and Pö, Camille Soualem, Jordan Roger - and Sarah Konté will present a series of performances.
« Le dessin a toujours été présent au sein de ma pratique artistique. Il est la base d’un tout et existe sous différentes formes. Je me sers de celui-ci à la manière d’une carte, pour m’y retrouver.
Depuis trois ans je pratique ce médium tous les jours. La direction que je prends est principalement figurative ; d’abord en dessinant régulièrement sur le motif, mais principalement et surtout en recopiant des images. Je passe beaucoup de temps à collectionner celles-ci. Elles ont pour particularité de provenir de sources très diverses et parfois même très éloignées.
Mes dessins sont une manifestation évidente de mon amour et de mon obsession pour certaines icônes. Les images que je reproduis sont des photos de chanteurs et chanteuses, d’acteurs et actrices ou plus généralement de personnalités médiatiques que j’admire. En y injectant des références diverses, je tente de permettre aux spectateurs de s’y projeter ou de s’y refléter. »
"Drawing has always been present in my artistic practice. It is the basis of a whole and exists in different forms. I use it as a map to find my way around.
For three years now I have been practicing this medium every day. The direction I take is mainly figurative; first by drawing regularly on the pattern, but mainly and especially by copying images. I spend a lot of time collecting them. They have the particularity of coming from very diverse and sometimes very distant sources.
My drawings are an obvious manifestation of my love and obsession with certain icons. The images I reproduce are photos of singers, actors or more generally media personalities that I admire. By injecting various references, I try to allow the viewers to project or reflect themselves in them. "
« La pratique du dessin est une manière pour moi d’enregistrer ce qui m’entoure, comme une collecte de matière, ce qui est visible dans mes dessins de carnet. Je retranscris sur papier des morceaux d’espaces, de moments et de détails qui m’ont marquée et qui, sans forcément que je m’en rende compte sur le moment, impactent ma manière de produire ou de penser. C’est pour cette raison que mes dessins sont souvent composés de parties très détaillées et de grands vides, comme une forme flottante extraite de son milieu. En les réalisant, j’écris des chemins de pensées qui sont des liens directs entre ma réflexion et la forme que je produis ensuite.
Le dessin est une des sources de ma pratique sculpturale car il me permet de visualiser en amont une forme dans l’espace. Je vois ma pratique du dessin et de la sculpture comme une symbiose entre deux organismes faisant partie du même écosystème. Ce sont deux pôles de mon travail qui se supportent entre eux et s’enrichissent en communiquant constamment. »
"Drawing is a way for me to record what surrounds me, like a collection of material, which is visible in my notebook drawings. I transcribe pieces of spaces on paper, moments and details that have marked me and that, without me necessarily realizing it at the time, impact my way of producing or thinking. This is why my drawings are often composed of very detailed parts and large voids, like a floating form extracted from its environment. When I draw, I write paths of thought that are direct links between my thinking and the form I then produce.
Drawing is one of the sources of my sculptural practice because it allows me to visualize a form in space beforehand. I see my practice of drawing and sculpture as a symbiosis between two organisms belonging to the same ecosystem. They are two poles of my work that support and enrich each other by constantly communicating."
Les dessins de Léonie Porcher sont basés sur l'imaginaire de la forêt et des plantes. Ils s'inspirent des différents espaces naturels du monde. Ils s’interrogent sur comment appartenir au monde de l'arbre pour mieux appréhender l'existence humaine et d’avantage comprendre le lien complexe entre l'homme et la nature. À travers différents dessins, réalisés le plus souvent à l'encre de Chine, au fusain ou aux pastels, Léonie Porcher représente sa forêt « fantasmée ». Celle-ci est en constante évolution, elle répond à des impulsions, des sensations et des images qui viennent de la vie. Des formes, textures, techniques ou figures anthropomorphes se mêlent et envahissent l'espace. Il s'agit d'aborder le dessin comme une performance, puisque les traits retracent les mouvements du corps de la dessinatrice. Ce travail plonge ensuite le spectateur dans un monde d'architecture végétale, le spectateur devient lui-même acteur dans ce paysage et il déambule dans cette forêt pour mieux comprendre qui il est.
Léonie Porcher's drawings are based on the imaginary of the forest and plants. They are inspired by the different natural spaces of the world. They question how to belong to the world of the tree to better understand human existence and the complex link between man and nature. Through different drawings, mostly made with Indian ink, charcoal or pastels, Léonie Porcher represents her "fantasized" forest. It is in constant evolution, it answers impulses, feelings and images which come from life. Forms, textures, techniques or anthropomorphic figures mix and invade the space. It is a question of approaching the drawing as a performance, since the lines trace the movements of the draftswoman's body. This work plunges the spectator into a world of vegetal architecture, the spectator themselves become an actor in this landscape and they wander in this forest to better understand who they are.
"Le dessin est le matériau même de mon travail. Je m'intéresse à la façon dont il témoigne de la réalité et la dépasse par la fiction, la métaphore. C’est pour moi un prolongement instinctif à la fois du regard et de la pensée, comme une branche annexe de l’écriture, sans mot. C’est pour cela que je choisis des outils simples et rapides, une sorte d'économie de moyens. Cette simplicité est aussi pour les autres, qui peuvent alors glisser vers l’émotion, plonger dans l’image sans barrière. La feuille devient un micro-monde, un théâtre, comme l’intérieur d’une tête régi par des mécanismes inconscients, des souvenirs, des images cryptées, des élans et des zones grises tremblantes."
"Drawing is the very material of my work. I am interested in the way it bears witness to reality and exceeds it through fiction, metaphor. It is for me an instinctive extension of both the gaze and the thought, like a branch of writing, without words. That's why I choose simple and quick tools, a kind of economy of means. This simplicity is also for the others, who can then slide towards the emotion, dive into the image without barrier. The sheet becomes a micro-world, a theater, like the inside of a head governed by unconscious mechanisms, memories, encrypted images, impulses and trembling gray areas."
« J’aime les gestes répétitifs et minutieux. Je crochète, je brode, je crée des maillages avec des fils très fins, des cheveux que j’ornemente de perles. Quand je dessine, j’essaye de retrouver cette sensation de textures, des très petites choses entres entre les doigts. Parfois un coup de crayon d’un geste très incisif donne la même impression que percer la chair d’un tissu avec une aiguille. Je dessine ce qui m’attendrit ou m’émerveille, parfois je choisis de dessiner quelque chose qui me rappelle un conte, une histoire merveilleuse. La métamorphose occupe une grande place dans mon travail et le dessin me permet d’explorer les volumes, les matières, leur fourmillement et leur multitude ainsi que la possibilité d’un glissement vers l’autre, d’animal à végétal – et réciproquement. »
"I like repetitive and meticulous gestures. I crochet, I embroider, I create meshes with very fine threads, hair that I decorate with beads. When I draw, I try to find this feeling of textures, very small things between the fingers. Sometimes a pencil stroke with a very incisive gesture gives the same impression than piercing the flesh of a fabric with a needle. I draw what moves or amazes me, sometimes I choose to draw something that reminds me of a tale, a wonderful story. Metamorphosis is a big part of my work and drawing allows me to explore volumes, materials, their swarming and multitude as well as the possibility of a shift towards the other, from animal to vegetable - and vice versa."