Emma Bigé – danseuse et philosophe – et Gisèle Vienne – artiste, chorégraphe et metteure en scène interviennent autour de la question de l’archive comme endroit de luttes et de résistance.
La pratique de Cily Gonzalez se déploie entre peinture, écriture et installation. À travers des matériaux tels que les résines, la cire, le goudron, le sable ou les pigments, elle construit des surfaces où la matière précède l’image. Le bois occupe une place centrale dans son travail, conservant les traces, les effacements et les transformations qui façonnent chaque œuvre. Son travail explore les silences familiaux, les héritages invisibles et la mémoire, à la croisée de l’intime et du collectif.
L’écriture, qu’elle pratique quotidiennement, nourrit sa recherche sans jamais illustrer la peinture : elle apparaît comme une trace, un fragment qui surgit, disparaît et persiste. Entre intensité et ironie, ses œuvres interrogent la manière dont les corps et les matières deviennent les archives sensibles de nos histoires.
Cily Gonzalez’s practice spans painting, writing and installation. Using materials such as resins, wax, tar, sand and pigments, she constructs surfaces where the material takes precedence over the image. Wood plays a central role in her work, retaining the traces, erasures and transformations that shape each piece. Her work explores familial silences, invisible legacies and memory, at the intersection of the personal and the collective.
Writing, which she practises daily, nourishes her artistic research without ever serving as an illustration for her paintings: it appears as a trace, a fragment that emerges, disappears and lingers. Oscillating between intensity and irony, her works question the way in which bodies and materials become the sensory archives of our stories.
Né en 1997 à Toulouse, Mathis Pettenati vit et travaille à Paris. Diplômé de la Villa Arson et des Beaux-Arts de Paris, sa pratique s’est orientée vers un travail de peinture au cours des dernières années.
Son travail a été présenté à l’occasion d’expositions collectives et personnelles depuis 2021, au centre d’art de la Villa Arson, au Frac Sud, au Palais des expositions des Beaux-Arts de Paris, à la Galerie du Crous de Paris, à POUSH, à Artagon Pantin, ainsi que dans d’autres artist-run spaces en France et à l’étranger.
Issu d’une pratique de l’édition, il a longtemps repoussé l’acte de peindre. Aujourd’hui, sa démarche questionne les mécanismes de fabrication de l’image. Ses peintures intègrent des éléments du quotidien et de l’atelier. Ces éléments portent la mémoire des gestes, des usages et des trajectoires qui ont précédé leur apparition dans l’œuvre, transformant le tableau en un espace de convergence de trajectoires géographiques, matérielles et temporelles.
En 2021, il reçoit la bourse de la Francis Bacon MB Art Foundation (Monaco) à la suite de l’obtention de son diplôme à la Villa Arson. En 2025, il participe au programme de résidence Création en cours, proposé par les Ateliers Médicis. En juin 2026, il est nommé lauréat du Prix Weil des Amis des Beaux-Arts de Paris. En juillet 2026, il intégrera la troisième promotion de résident·es d’Artagon Pantin pour une durée de deux ans.
Born in 1997 in Toulouse, Mathis Pettenati lives and works in Paris. A graduate of the Villa Arson and Beaux-Arts de Paris, his practice has focused on painting in recent years.
His work has been shown in group and solo exhibitions since 2021, at the Villa Arson art centre, the Frac Sud, the Palais des Expositions des Beaux-Arts de Paris, the Galerie du Crous de Paris, POUSH, Artagon Pantin, as well as in other artist-run spaces in France and abroad.
Coming from a background in printmaking, he long put off the act of painting. Today, his approach questions the mechanisms by which images are created. His paintings incorporate elements from everyday life and the studio. These elements carry the memory of the gestures, practices and trajectories that preceded their appearance in the work, transforming the painting into a space where geographical, material and temporal trajectories converge.
In 2021, he was awarded a grant from the Francis Bacon MB Art Foundation (Monaco) following his graduation from the Villa Arson. In 2025, he took part in the ‘Création en cours’ residency programme organised by the Ateliers Médicis. In June 2026, he was named the winner of the Prix Weil awarded by the Amis des Beaux-Arts de Paris. In July 2026, he will join the third cohort of residents at Artagon Pantin for a two-year period.
Alexandra Willis est une artiste franco-anglaise, née à Londres et basée à Paris.
Après avoir obtenu, en 2021, un Master en Chimie avec les félicitations du jury à l’Université d’Oxford, elle poursuit ses études aux Beaux-Arts de Paris, où son parcours scientifique continue de nourrir ses recherches artistiques. Sa pratique englobe la sculpture, l’installation, la performance et le dessin, et s’ancre souvent dans une exploration des notions de tension, d’équilibre et des systèmes invisibles qui façonnent l’expérience humaine.
Son travail met en scène des espaces où coexistent des oppositions : légèreté et gravité, liberté et contrainte, en nous invitant à réfléchir aux structures qui façonnent notre expérience et aux systèmes qui, à la fois, nous relient et nous contraignent. Elle s’intéresse particulièrement à la fugacité de ces équilibres et à la manière dont ils organisent le chaos apparent du monde.
Fascinée par les pièges passifs, les saddle points et la notion de « faire visage », elle puise dans ces formes d’organisation instables et ambiguës une source d’inspiration essentielle. Ces états de bascule, où attraction et échappée coexistent, nourrissent une recherche sur les seuils, les tensions latentes et les manières dont les formes émergent au regard.
Alexandra Willis is a Franco-British artist, born in London and based in Paris.
After obtaining a Master’s degree in Chemistry with first-class honours from the University of Oxford in 2021, she continued her studies at Beaux-Arts de Paris, where her scientific background continues to inform her artistic research. Her practice encompasses sculpture, installation, performance and drawing, and is often rooted in an exploration of the notions of tension, balance and the invisible systems that shape the human experience.
Her work creates spaces where opposites coexist – lightness and gravity, freedom and constraint – inviting us to reflect on the structures that shape our experience and the systems that both connect and constrain us. She is particularly interested in the transience of these balances and the way in which they organise the world’s apparent chaos.
Fascinated by passive traps, saddle points and the notion of ‘putting on a face’, she draws on these unstable and ambiguous forms of organisation as a key source of inspiration. These states of flux, where attraction and escape coexist, inform her exploration of thresholds, latent tensions and the ways in which forms emerge to the eye.
Amalia Khalifa vit et travaille à Paris. Elle est diplômée des Beaux-Arts de Paris (DNSAP, 2026) et a effectué un échange à la School of the Art Institute of Chicago (SAIC).
Sa pratique s’ancre dans les notions d’exil, de mémoire et de transmission. Elle s’intéresse aux traces laissées par l’absence et aux formes de mémoire invisibles. À partir de photographies personnelles et d’images cinématographiques, elle construit des figures humaines isolées, prises dans des états d’apparition et d’effacement. Elle travaille par transferts, superpositions et peinture au doigt, transformant l’image en une matière instable et poreuse. La peinture devient un espace de fragmentation où la représentation se défait pour laisser place à des présences en tension.
Amalia Khalifa lives and works in Paris. She graduated from École des Beaux-Arts de Paris (DNSAP, 2026) and undertook an exchange programme at the School of the Art Institute of Chicago (SAIC).
Her practice is rooted in the concepts of exile, memory and transmission. She is interested in the traces left by absence and in invisible forms of memory. Using personal photographs and film footage, she constructs isolated human figures, caught in states of appearing and fading away. She works through transfers, superimpositions and finger painting, transforming the image into an unstable, porous material. The painting becomes a space of fragmentation where representation unravels to make way for presences in tension.
Emma Bigé – danseuse et philosophe – et Gisèle Vienne – artiste, chorégraphe et metteure en scène interviennent autour de la question de l’archive comme endroit de luttes et de résistance.
Louise Glévéau Guerreiro découvre la peinture en arrivant aux Beaux-Arts de Paris, qu’elle développera dans les ateliers de James Rielly, puis de Romain Bernini.
Selon les termes des organisateurs [ du prix ], elle « transforme l'espace pictural en un territoire immersif où la matière devient paysage. Préparés à la poudre de marbre, les supports se distinguent par leur minéralité, leur matité et leur texture granuleuse, évoquant les parois d'une grotte qui enveloppent le regardeur ». - Extrait de l'article de Julien Desneuf paru dans The Art Newspaper le 25 juin 2026.
Louise Glévéau Guerreiro discovered painting upon arriving at the École des Beaux-Arts in Paris, a craft she went on to develop in the studios of James Rielly and, later, Romain Bernini.
In the words of the organisers [of the prize], she “transforms the pictorial space into an immersive territory where the material becomes landscape. Prepared with marble dust, the surfaces are characterised by their mineral quality, their matt finish and their grainy texture, evoking the walls of a cave that envelop the viewer’. – Extract from an article by Julien Desneuf published in *The Art Newspaper* on 25 June 2026.
Margarita Sherstiuk (née à Kyiv en 1989) est une artiste ukrainienne qui vit et travaille entre l’Ukraine et la France. Depuis 2014, elle développe une pratique en duo avec son mari, l’artiste Ihor Kanivets. Leur travail, d’abord centré sur la peinture hyperréaliste, s’est progressivement élargi à l’installation, la vidéo, la sculpture, la musique et la performance. À travers des récits personnels, ils explorent les liens entre l’intime et le politique, faisant de leur vie quotidienne une matière artistique. Depuis le début de la guerre à grande échelle en Ukraine, leur œuvre s’est orientée vers le surréalisme, en s’éloignant du documentaire au profit d’un symbolisme mystique. Installée en France depuis 2022, Margarita poursuit ses études à l’École nationale supérieure des Beaux-Arts de Paris tout en continuant sa collaboration avec Ihor Kanivets à distance et lors de ses séjours à Kyiv.
Peintures de la série « Ateliers de l’Éphémère » représentent les intérieurs dans lesquels Margarita passait du temps à Kyiv. Ces peintures sont une sorte de journaux compressés, saturées de symbolisme subjectif. Au début de la guerre, le stress a provoqué chez Margarita des troubles de la mémoire. Elle a alors décidé de coder dans ses œuvres des récits visuels de sa vie et de ses sentiments face aux événements en cours. Chaque peinture devient ainsi un mélange de souvenirs, d’actualités liées à la guerre, de peurs, de désirs et d’espoirs.
Margarita Sherstiuk (born in Kyiv in 1989) is a Ukrainian artist who lives and works between Ukraine and France. Since 2014, she has been developing a collaborative practice with her husband, the artist Ihor Kanivets. Their work, initially centred on hyperrealist painting, has gradually expanded to include installation, video, sculpture, music and performance. Through personal narratives, they explore the links between the intimate and the political, turning their everyday lives into artistic material. Since the outbreak of full-scale war in Ukraine, their work has shifted towards surrealism, moving away from documentary-style representation in favour of mystical symbolism. Based in France since 2022, Margarita is continuing her studies at the École nationale supérieure des Beaux-Arts in Paris whilst continuing her collaboration with Ihor Kanivets remotely and during her visits to Kyiv.
Paintings from the ‘Ateliers de l’Éphémère’ series depict the interiors where Margarita used to spend time in Kyiv. These paintings are a kind of condensed diary, saturated with subjective symbolism. At the start of the war, the stress caused Margarita to suffer from memory problems. She therefore decided to encode visual narratives of her life and her feelings about the unfolding events into her works. Each painting thus becomes a blend of memories, war-related current events, fears, desires and hopes.
L’association Les Amis des Beaux-Arts de Paris, fondée par agnès b. et présidée depuis cette année par Nicolas Trèves, a décerné le 24 juin 2026 sept prix aux étudiantes et étudiants de l’École sélectionnés par un jury composé de professionnels du monde de l'art contemporain.
Depuis 18 ans, ces prix sont destinés à aider financièrement des élèves des Beaux-Arts de Paris et à faciliter leur passage vers la vie professionnelle. À l’exception du prix du Portrait ouvert à tous et toutes, ils sont réservés aux élèves de 3e et 5e année.
Le dessin est au cœur de ma pratique.
Mon travail émerge d’un rapport poreux entre expérience corporelle réelle et expérience onirique, nourri par une hypersensibilité au toucher, aux odeurs et aux sons, qui conditionne mes choix de supports et d’outils. J'appréhende le support comme une surface de contact active. Je prête une attention inquiète aux formes sur le seuil de la disparition ainsi qu’aux présences qui persistent au bord de leur effacement.
Le dessin est pour moi une archive, une archéologie haptique et une hantise fragmentaire. Il m’est viscéral et nécessaire.
Drawing lies at the heart of my practice.
My work emerges from a fluid relationship between real bodily experience and dreamlike experience, fuelled by a hypersensitivity to touch, smells and sounds, which shapes my choice of media and tools. I view the medium as an active surface of contact. I pay anxious attention to forms on the brink of disappearance, as well as to presences that persist on the verge of fading away.
For me, drawing is an archive, a haptic archaeology and a fragmentary haunting. It is visceral and essential to me.
Je suis né au Mans le 18 septembre 2001 et grandi à Etival-lès-le-Mans jusqu’à l’obtention de mon bac littéraire à 17 ans. Je décide d’essayer le concours pour rentrer à l’école de la Cinéfabrique à Lyon. Après un premier échec, je pars à Rennes afin d’entamer des études d’arts du spectacle, que je décide de ne pas continuer au second semestre. L’année d’après, à la suite d’un second échec au concours de la Cinéfabrique, je décide d’entreprendre des études de philosophie auquel je décide également de mettre fin après le premier semestre.
Je profite du confinement pour me préparer à une école d’art. Je peins alors ce que je considère comme mes premières peintures, largement infusées d’une foi nouvellement trouvée et des paysages de mon village. Je rentre à 20 ans à l’Ecole des Beaux-Arts de Paris. J’obtiens mon DNA en 2024. L’année d’après, j’effectue un ERASMUS de 8 mois à Dresde, m’ouvrant des perspectives nouvelles pour mon travail. J’obtiens mon DNSAP en 2026.
I was born in Le Mans on 18 September 2001 and grew up in Etival-lès-Le-Mans until I passed my baccalaureate in literature at the age of 17. I decided to sit the entrance exam to get into the Cinéfabrique film school in Lyon. After failing the entrance exam the first time round, I moved to Rennes to begin a degree in performing arts, which I decided not to continue with in the second semester. The following year, after failing the Cinéfabrique entrance exam for a second time, I decided to study philosophy, but I also decided to drop out after the first semester.
I used the lockdown to prepare for art school. It was then that I painted what I consider to be my first paintings, deeply imbued with a newfound faith and the landscapes of my village. At the age of 20, I enrolled at the École des Beaux-Arts in Paris. I obtained my DNA in 2024. The following year, I undertook an eight-month Erasmus exchange in Dresden, which opened up new perspectives for my work. I obtained my DNSAP in 2026.