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Marie Peigné

Bourse de dessin Hélène Diamond

Avant d'arriver aux Beaux-Arts de Paris, de vivre à Vitry-sur-Seine, d'effectuer cet aller-retour quotidiennement, mon chemin s'arrêta à Rennes, avant à Nantes, et au début, déjà à Paris. En Bretagne, j'ai passé cinq ans à étudier l'histoire de l'art à l'université, licence durant les années COVID qui se sont terminées par l'obtention d'un master Histoire et critique des arts. Plus tôt, avant de passer un bac scientifique dans un lycée du centre-ville, avant de fréquenter mon collège de quartier, j'allais en Bretagne à chaque vacances, point d'attache où revenir dès que je le peux pour dessiner, prendre des photos.
 

Avant tout cela, je naissais à Paris, dans le 18ème arrondissement, où je passais la première année de ma vie. Je me demande ce qu'il y avait encore avant, quels objets, quels sons, quelles images entouraient les personnes avant moi ? La recherche, la musique, l'édition et le dessin sont mes pistes privilégiées pour y répondre, et tenter de comprendre ce qui m'entoure.


Before I arrived at École des Beaux-Arts de Paris, moved to Vitry-sur-Seine and began making that daily commute, my journey took me to Rennes, then to Nantes, and initially, back in Paris. In Brittany, I spent five years studying art history at university, completing my bachelor’s degree during the COVID years, which culminated in a master’s degree in Art History and Criticism. Before that, before taking my scientific A-levels at a school in the city centre, and before attending my local secondary school, I used to go to Brittany every holiday – a place I return to whenever I can to draw and take photographs.

Before all that, I was born in Paris, in the 18th arrondissement, where I spent the first year of my life. I wonder what came before that – what objects, sounds and images surrounded the people who came before me? Research, music, publishing and drawing are my preferred ways of exploring these questions and trying to understand the world around me.

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Carmilla Delmas-Castanet

Bourse de dessin Hélène Diamond

Le dessin est ma manière de comprendre le monde, de prêter attention à ce qui m’entoure et de m’en approprier les formes. Je réalise surtout des dessins d’observation et des croquis préparatoires pour mes tableaux. Autour de moi, des formes me perturbent, et je cherche à les assimiler, à canaliser ce que je ressens, mes impulsions. Je peux réutiliser ces esquisses pour les compositions et éléments de mes peintures. J’aime dessiner les statues, les postures et les structures du corps. 
 

Dans les musées, j’observe les squelettes, les muscles, l’anatomie, et je cherche à comprendre comment les corps s’organisent dans l’espace. Ma pratique a aussi été nourrie par le dessin de modèle vivant et de morphologie.
 

Dans la rue ou dans le métro, je capture par le dessin les gens autour de moi. Chaque dessin est une façon d’explorer ces connexions, cette présence du corps vivant.


Drawing is my way of understanding the world, of paying attention to my surroundings and making the forms my own. I mainly produce observational drawings and preparatory sketches for my paintings. The forms around me unsettle me, and I seek to assimilate them, to channel what I feel and my impulses. I can reuse these sketches for the compositions and elements of my paintings.

I enjoy drawing statues, postures and the structure of the body. In museums, I observe skeletons, muscles and anatomy, and I seek to understand how bodies are organised in space. My practice has also been enriched by drawing from life and studying morphology.

On the street or on the underground, I capture the people around me through drawing. Each drawing is a way of exploring these connections, this presence of the living body.

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Marko Kolomytskyi

Bourse de dessin Hélène Diamond

Ma pratique du dessin part du corps. Je travaille au pastel à l'huile et au fusain sur papier, en utilisant principalement mes doigts comme outil en appuyant, en mélangeant, en effaçant, reconstruisant des couches dans un engagement physique soutenu. Un dessin peut commencer à partir d'une référence (une figure de l'histoire de l'art)mais à travers l'accumulation et la destruction de couches, il se transforme en quelque chose d'entièrement inattendu. Ce qui m'intéresse, c'est cette négociation entre l'intention et la résistance du matériau : je fais une marque, je la détruis, je découvre ce qui avait disparu et je m'abandonne à ce qui émerge. Le processus est chaotique et intime, plus proche de la cuisine que de la composition. Cette recherche s'inscrit dans une réflexion plus large sur la main dans l'art, de la trace préhistorique à l'interface numérique, et sur ce que signifie laisser une empreinte du corps dans le monde. Dans un corps qui a traversé le déplacement, le dessin est devenu le seul territoire stable : le papier garde la trace complète de la pensée et du temps d'un corps.


My drawing practice begins with the body. I work with oil pastels and charcoal on paper, using mainly my fingers as tools to press, blend, erase and rebuild layers in a sustained physical engagement. A drawing may begin with a reference (a figure from art history), but through the accumulation and destruction of layers, it transforms into something entirely unexpected. What interests me is this negotiation between intention and the resistance of the material: I make a mark, I destroy it, I discover what had disappeared, and I surrender to what emerges. The process is chaotic and intimate, closer to cooking than to composition. This research forms part of a broader reflection on the hand in art, from prehistoric traces to the digital interface, and on what it means to leave a bodily imprint on the world. In a body that has endured displacement, drawing has become the only stable territory: the paper retains the complete trace of a body’s thoughts and time.

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Collectif Nef-s Records

Prix Guillaume Dethan / Dream Big and Grow Fast

NEFS est un collectif axé sur les arts performatifs et sonores, imaginé comme un espace de création, d'expérimentation et de collaboration. Le nom « NEFS » fait référence à la fois à la nef – le navire – et à « nefes », qui signifie « souffle » en turc. La direction artistique du collectif est influencée par de nombreuses esthétiques sonores, allant de la musique électroacoustique à l'ambient, en passant par la noise, les formes hybrides mêlant musiques traditionnelles et électroniques, ainsi que des sons non répertoriés ou issus du field recording. Le collectif s'intéresse notamment à la fabrication expérimentale d'instruments, aux aspects performatifs du son et de la diffusion, ainsi qu'aux sonorités issues de la recherche scientifique. Forts de leurs expériences dans diverses formations musicales, les porteurs du projet souhaitent mobiliser les liens tissés à Paris, à Marseille et à l'étranger pour développer des projets internationaux, encourager les échanges artistiques et explorer de nouveaux territoires sonores. 

NEFS vise à s'investir dans un lieu dédié, pensé en deux volets. Nous venons de nous installer au sein d'une ancienne usine de papier à Montreuil. Ce lieu-ressource serait, dans un premier temps, à la fois un studio d'enregistrement, une plateforme de diffusion (broadcast) et un laboratoire de recherche sonore, pensé comme un espace accessible aux artistes émergent·e·s ou indépendant·e·s. Il favoriserait la création et la réflexion, tout en soutenant des formes alternatives de production et de transmission : autopublication, éditions limitées, publications sur supports variés (vinyle, cassette, numérique, etc.), ainsi que des diffusions en ligne (radio, podcasts, live Stream, etc.).


NEFS is a collective focused on the performing and sound arts, conceived as a space for creation, experimentation and collaboration. The name ‘NEFS’ refers both to the ‘neph’ – the ship – and to ‘nefes’, which means ‘breath’ in Turkish. The collective’s artistic direction is influenced by a wide range of sonic aesthetics, ranging from electroacoustic music to ambient, including noise, hybrid forms blending traditional and electronic music, as well as uncategorised sounds or those derived from field recordings. The collective is particularly interested in the experimental construction of instruments, the performative aspects of sound and its dissemination, as well as sounds derived from scientific research. Drawing on their experience in various musical ensembles, the project’s organisers aim to build on the connections they have forged in Paris, Marseille and abroad to develop international projects, encourage artistic exchange and explore new sonic territories. 

NEFS aims to establish itself in a dedicated space, designed in two parts. We have just moved into a former paper mill in Montreuil. This resource centre would, initially, serve as a recording studio, a broadcast platform and a sound research laboratory, designed as a space accessible to emerging and independent artists. It would foster creativity and reflection, whilst supporting alternative forms of production and distribution: self-publishing, limited editions, releases on various formats (vinyl, cassette, digital, etc.), as well as online broadcasts (radio, podcasts, live streams, etc.).

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Marine Ducroux Gazio

Prix de volume / installation Marguerite et Méthode Keskar

Diplômée en 2025 des Beaux-Arts de Paris et en 2023 de l’École Nationale des Arts Décoratifs de Paris avec les Félicitations du Jury, Marine Ducroux-Gazio vit et travaille à Paris. Elle a notamment montré son travail à Bétonsalon, au Musée du Louvre, au Palais des Beaux-Arts, aux Magasins Généraux ou encore à la Galerie du Crous de Paris.

Son travail se construit à travers des dispositifs de sculpture, d’installation et de cinéma qui articulent montage, espace et récit, et produisent des situations de perception ouvertes, où se rejouent les relations entre images, seuils et corps. Par son travail, elle cherche à réintroduire de l’émerveillement et de l’ambiguïté dans les récits du Capitalocène : elle crée des espaces qui déjouent les logiques productivistes et réveillent nos sensibilités aux rythmes cachés du monde.


A graduate of École des Beaux-Arts de Paris in 2025 and of École Nationale des Arts Décoratifs de Paris in 2023, where she was awarded the Jury’s Commendation, Marine Ducroux-Gazio lives and works in Paris. She has exhibited her work at Bétonsalon, Louvre Museum, Palais des Beaux-Arts, Magasins Généraux and Galerie du Crous de Paris, amongst others.

Her work is constructed through sculptural, installation and film-based practices that interweave montage, space and narrative, producing open-ended perceptual situations in which the relationships between images, thresholds and bodies are re-enacted. Through her work, she seeks to reintroduce a sense of wonder and ambiguity into the narratives of the Capitalocene: she creates spaces that subvert productivist logic and reawaken our sensitivity to the hidden rhythms of the world.

 

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Rose Ras

Prix de peinture Rose Taupin - Dora Bianka

Ma pratique s’articule autour d’un véritable corps-à-corps avec le bois, que je considère autant comme une surface pour peindre que pour sculpter.Mes recherches naissent d’une réflexion sur les perturbations paysagères, climatiques et superficielles. J’envisage ces mutations non pas comme un simple spectacle, mais comme une condition qui reconfigure profondément nos modes d’existence. Pour traduire la puissance de ces forces telluriques, je dépasse le geste de peindre : je troue, incise, taille, colle, et défonce mes panneaux à l’affleureuse. Ce processus engage tout mon corps dans un mouvement circulaire, laissant sur le bois la trace d’une force vécue.

Par la superposition et la soustraction et l’intervention de la couleur, mes pièces explorent des états de rupture où la matière enregistre l’impact du geste. Je fais apparaître une géographie irréelle de reliefs, naviguant entre contrôle et instabilité. J’aime également ajouter des chutes d’anciennes pièces qui prolongent leur histoire dans une nouvelle composition, ou en dissimulant des éléments à l’arrière des panneaux.

L’effort, la répétition et l’engagement physique modifient mon énergie à l’instant même où la pièce se construit. Au-delà des transformations de la matière, chaque peinture que je nomme aussi comme des bas-relief, conserve ainsi les variations de mon état émotionnel, devenant le témoin d’une rencontre entre une intensité intérieure et les conditions propres à chaque jour de travail.


My practice revolves around a genuine physical engagement with wood, which I regard as much a surface for painting as for sculpting. My research stems from a reflection on disturbances in the landscape, climate and surface. I view these changes not merely as a spectacle, but as a condition that profoundly reshapes our ways of being. To convey the power of these telluric forces, I go beyond the act of painting: I drill holes, make incisions, carve, glue, and gouge my panels with a router. This process engages my whole body in a circular movement, leaving on the wood the mark of a force experienced.

Through layering, subtraction and the introduction of colour, my works explore states of rupture where the material records the impact of the gesture. I reveal an unreal geography of reliefs, navigating between control and instability. I also enjoy incorporating offcuts from previous works, which extend their history into a new composition, or by concealing elements at the back of the panels.

Effort, repetition and physical engagement alter my energy at the very moment the piece is taking shape. Beyond the transformations of the material, each painting—which I also refer to as bas-reliefs—thus preserves the fluctuations of my emotional state, bearing witness to an encounter between inner intensity and the specific conditions of each working day.

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Lea Gattoni

Prix de peinture Maurice Colin Lefranc

Lea Gattoni à un travail du dessin qui se déploie sur papier ou sur toile, en petit comme en très grand format, jusqu’à s’évader parfois dans une édition, sur bois, ou même sur les murs. Les traits qu’elle donne à voir, libres et organiques, semblent nous donner les clefs d’un dess(e)in incertain, brouillon et presque chaotique. Son travail de peinture met au centre du récit la trace, le reste.

Les formes sont comme effacées, les mots barrés, raturés, recouverts ; la matière déposée sur la toile semble évoquer la texture de la chaux, surface minérale et froide ; les couleurs terreuses et organiques gardent les traces du pinceau. Bien que se déployant en 2D, son travail n’est jamais figé et tout semble bouger encore. Il grandit et se métamorphose comme un système organique, presque charnel, qui célèbre les failles, fragilités et secrets du quotidien.

Mêlant extraits de vie, souvenirs d’enfance et formes presque obsessionnelles, son travail est rempli de symboles qui composent et recomposent des récits rapides et vivants, qui nous font sentir particulièrement présents. Une louve, une flèche, une horloge, un jeu, une cellule. On regarde ses toiles comme un code à déchiffrer, une énigme qui nous appelle et nous prend dans un tourbillon flottant.

Texte par Olga de Bastier.


Lea Gattoni’s drawing practice unfolds on paper or canvas, in both small and very large formats, sometimes branching out into prints, woodwork, or even murals. The lines she presents—free and organic—seem to offer us the keys to an uncertain, rough and almost chaotic design. Her painting places the trace, the remnant, at the heart of the narrative.

The forms appear as though erased; the words are crossed out, scribbled over, or covered up; the material applied to the canvas seems to evoke the texture of lime, a cold, mineral surface; the earthy, organic colours retain the traces of the brush. Although presented in two dimensions, her work is never static, and everything still seems to be in motion. It grows and transforms like an organic, almost carnal system, celebrating the flaws, fragilities and secrets of everyday life.

Blending snippets of life, childhood memories and almost obsessive forms, her work is filled with symbols that compose and recompose swift, vivid narratives, making us feel particularly present. A she-wolf, an arrow, a clock, a game, a cell. We look at her canvases as if they were a code to be deciphered, a riddle that calls out to us and draws us into a floating whirlwind.

Text by Olga de Bastier.

 

Les Beaux-Arts de Paris remettent traditionnellement chaque fin d’année scolaire un ensemble de prix, aides et bourses dont ils ont la chance de pouvoir faire bénéficier les étudiantes et étudiantes et jeunes diplômés de l’établissement, grâce à la générosité de donateurs historiques ou nouvellement impliqués en faveur de la jeune création.

Le Catalogue des Possibles pour La Grande Borne consiste en une collection de plus de vingt propositions artistiques in situ potentielles imaginée par les étudiants de la filière Fresque & Art en situation des Beaux-Arts de Paris dans le cadre de la rénovation urbaine en cours.

Les Beaux-Arts de Paris, en partenariat avec La Fondation de France ont remis les Prix des Fondations le 26 juin 2026.

TROIS PRIX DE FONDATIONS ABRITÉES À LA FONDATION DE FRANCE
Nef-s Records - Aide au projet collectif Guillaume Dethan/Dream Big and Grow Fast, 
Marine Ducroux-Gazio, diplômée 2025 - Prix Marguerite et Méthode Keskar, volume-installation
Rose Ras, diplômée 2025 - Prix de peinture Rose Taupin-Dora Bianka
 

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