Pensé comme un tremplin professionnel et une vitrine de la scène émergente, 100% L’EXPO est le rendez-vous incontournable de l’art contemporain dédié à la jeune création. Chaque année, La Villette collabore avec des écoles d’art afin de présenter des artistes récemment diplômé·es et mettre la lumière sur les enjeux des débuts de carrière.
Ni un salon d’art contemporain, ni pour autant une exposition thématique, le projet est pensé comme un instantané de la jeune création, qui présente à chaque nouvelle édition une pluralité de profils et de sujets.

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Matias Zoumenou

Bourse de dessin Hélène Diamond

J’ai interrogé pendant trois ans la pratique du dessin de la Renaissance italienne à travers la reproduction des gestes et des outils de l’époque. Après une étude extensive, je me tourne aujourd’hui vers une approche plus contemporaine de la pratique. J’ai donc choisi de m'inscrire au cours de visites dessinées, pour aborder divers endroits dans le Paris d’aujourd’hui. Les dessins issus de ces cours forment l’essentiel de mon portfolio.
Le reste est composé de copies et d'études réalisées au cours de mes réflexions.


For three years I have been examining the practice of drawing during the Italian Renaissance by reproducing the gestures and tools of the period. After an extensive study, I'm now turning to a more contemporary approach of the practice. I've decided to sign up for the course of RDV dessinés, to look at different places in the Paris of today during the year. The drawings from these courses form the bulk of my portfolio. The rest consists of copies and studies that follow my thought process
 

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Morgan Dupuy-Dordet

Bourse de dessin Hélène Diamond

« Je crois avoir atteint une certaine cruauté dans mon traitement, brutalisant toujours plus le blanc pur et éclatant dans ce nœud d'où gicle la rage. Le trait en hâte, des zigzags périlleux créent d'infimes vides d'où surgissent des néants brumeux. »


“I believe I have reached a certain cruelty in my treatment, ever more brutalizing the pure and dazzling white in this knot from which rage spurts. The hasty line, perilous zigzags create tiny voids from which misty nothingness emerges."
 

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Quentin Cailliez Le Cloirec

Bourse de dessin Hélène Diamond

« Le dessin agit chez moi comme un miroir de ma peinture. En blanc sur noir, à la craie, au pastel ou au crayon, j’aborde avant tout la question de la lumière. J’aime constater la façon dont elle se pose sur mes sujets, et comment lentement le dessin se révèle sur le fond obscur du papier. 

C’est en partie grâce au dessin à la craie sur tableau noir lors de poses de modèles vivants où l’urgence du geste, la confrontation à une plus grande échelle et les contraintes de la craie s’imposent, que j’ai eu envie de travailler en blanc sur noir à l’atelier et de jouer avec la lumière, la ligne et le volume des sujets. 

J’aime la liberté et la diversité des gestes qu’offre le dessin et c’est dans ces moments que je retrouve dans mon travail une autre spontanéité. »


“Drawing acts for me as a mirror of my painting. In white on black, with chalk, pastel or pencil, I address above all the question of light. I like to notice the way it is placed on my subjects, and how slowly the drawing is revealed against the dark background of the paper. 

It is partly thanks to drawing with chalk on a blackboard during poses of live models where the urgency of the gesture, the confrontation on a larger scale and the constraints of chalk impose themselves, that I wanted to to work in white on black in the workshop and to play with light, line and volume of the subjects. 

I love the freedom and diversity of gestures that drawing offers and it is in these moments that I find another spontaneity in my work."
 

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Luca Becker

Bourse de dessin Hélène Diamond

« Le dessin vient toujours en premier. Avant chaque toile il y a le dessin et dans chaque toile que je peins le dessin reste. Le dessin est pour moi une façon d'approcher mon sujet, qui est souvent l'animal. Que ça soit un animal mort dans un musée d'histoire naturelle ou un mon chien à la maison. Avec le dessin comme avec la peinture je m'accroche à mes souvenirs, aux humains et animaux qui m'entourent. Je lutte contre l'oubli en dessinant.
C'est une façon de devenir calme, de regarder attentivement ce que se trouve sous mes yeux. Je donne de l'attention aux petites choses, je leur accorde de l'importance. »


“The drawing always comes first. Before each canvas there is the drawing and in each canvas that I paint the drawing remains. Drawing is for me a way of approaching my subject, which is often animals. Whether it's a dead animal in a natural history museum or my dog at home. With drawing as with painting I cling to my memories, to the humans and animals around me. I fight against forgetting by drawing.
It is a way of becoming calm, of looking carefully at what is before my eyes. I pay attention to the little things, I give them importance. »
“My stories, close to a cinematographic or theatrical universe, reflect an attempt to connect with spirituality through the mundane, everyday life at home. Physical manifestations of divinity cross our paths and we have the possibility or not of seeing them, we just need to maintain them and tame them.
customs."

 

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Lina Benzerti-Derrouiche

Prix de photographie

« Mes récits, proches d’un univers cinématographique ou théâtral, traduisent une tentative de connexion avec la spiritualité à travers le banal, le quotidien dans le domicile. Des manifestations physiques de la divinité croisent nos chemins et nous avons la possibilité ou non de les apercevoir, il suffit de les entretenir et d’en apprivoiser les coutumes. »

À travers son projet Les gardiennes du 10e étage, Lina Benzerti nous présente sa mère et sa sœur, perchées tout en haut d’un immeuble qui est leur huis-clos. Par la tragique force des choses, elle se sont retrouvées toutes les trois, formant ce trio féminin qui évolue entre croyances, deuils et rituels. Ce projet rend hommage à l’amour et la pudeur, à ce moment précis où les pièces se vident dans la maison, lorsque les chambres ne sont plus toutes occupées, lorsqu’il n’y a plus le même nombre de couverts à table et que le temps semble s’être arrêté.

Une série de vidéos ouvre un peu plus grand les portes de la maison, laissant entendre les dessous de la confection d’une œuvre familiale. À travers cette dimension, l’artiste concrétise un désir d’intégrer les membres de sa famille à un projet artistique afin de relier deux univers qui ne se connaissent pas et ne se sont pas toujours compris. Elle approfondit ce double dialogue en documentant la confection de ses tirages au laboratoire et en invitant sa sœur à la rejoindre.

Une création musicale au mandole algérien, composée par le musicien Wissem Abderezzak, complète le tout. « C’est un langage supplémentaire qui me permet de raconter ce qu’il se passe entre chacune des photographies. »  


“My stories, close to a cinematographic or theatrical universe, reflect an attempt to connect with spirituality through the mundane, everyday life at home. Physical manifestations of divinity cross our paths and we have the possibility or not of seeing them, we just need to maintain them and tame them. customs. »

Through her project The Guardians of the 10th Floor, Lina Benzerti presents us with her mother and her sister, perched at the top of a building which is their closed door. By the tragic force of things, the three of them found themselves, forming this feminine trio which evolves between beliefs, mourning and rituals. This project pays homage to love and modesty, at this precise moment when the rooms in the house become empty, when the bedrooms are no longer all occupied, when there are no longer the same number of place settings at the table and that time seems to have stopped.

A series of videos opens the doors of the house a little wider, revealing the underside of the creation of a family work. Through this dimension, the artist realizes a desire to integrate the members of his family into an artistic project in order to connect two worlds which do not know each other and have not always understood each other. She deepens this double dialogue by documenting the making of her prints in the laboratory and by inviting her sister to join her.

A musical creation on the Algerian mandola, composed by the musician Wissem Abderezzak, completes the whole thing. “It’s an additional language that allows me to tell what’s happening between each of the photographs. »

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Joséphine Berthou

Prix de vidéo

À partir d’un travail de recherche et de documentation sur différents milieux professionnels – ceux des modérateur·rices sur Internet, des routiers ou des rappeurs – Joséphine Berthou écrit et réalise des essais cinématographiques, entre films de fiction et documentaires, qu’elle présente sous la forme d’installations. Inspiré de la comédie musicale, son travail vidéo explore, à travers une symphonie de clics et une mélodie numérique, les systèmes qui régissent les sociétés capitalistes, les phénomènes d’influence et d’emprise, les relations qui se nouent ou se dénouent entre les individus à travers les réseaux sociaux.


Based on research and documentation on different professional environments – those of Internet moderators, truck drivers or rappers – Joséphine Berthou writes and produces cinematographic essays, between fiction films and documentaries, which she presents in the form of installations. Inspired by the musical, his video work explores, through a symphony of clicks and a digital melody, the systems that govern capitalist societies, the phenomena of influence and control, the relationships that form or unravel between individuals through social networks.
 

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Catherine Iskandar

Prix de multi-média

« J’ai choisi de présenter cette installation pour mon diplôme de fin d’études dans une cave insalubre et négligée, nécessitant des semaines de purification et d’assainissement préalable à l’aménagement de l’espace. Ce choix s’inscrit dans une volonté d’investir un lieu difficile d’accès : à l’opposé d’un espace d’exposition ad hoc et à même d’abriter cette recherche menée autour des questions d’authenticité, de fabrication des affects et de représentation.
Les pièces présentées répondent à une nécessité : atteinte d’aphantasie (particularité neurologique rendant impossible la représentation d’images mentales), j’ai pensé Mégalomartyre comme un palais de la mémoire, une archive sensorielle de souvenirs réels, fantasmés ou factices, qui matérialisent les émotions qu’il m’est impossible de visualiser. Le parcours immersif permet ainsi un cheminement cathartique, où des ressentis informulés se concrétisent à travers divers média et matériaux, et sont offerts à l’interprétation des visiteurs. 
Grâce à une atmosphère ambiguë, entre illusion et exotisme, Mégalomartyre pose la question de la mystification de nos propres souvenirs. Cette mise en scène nostalgique résonne avec mon intérêt pour la Hillbilly Music, elle-même forgée sur les récits d’un passé mythique (américain), fantasmé et réinventé. C’est pourquoi chaque pièce est associée à un titre de musique country, ayant accompagné sa réalisation. »


“I chose to present this installation for my end-of-studies diploma in an unsanitary and neglected cellar, requiring weeks of purification and sanitation prior to the development of the space. This choice is part of a desire to invest in a place that is difficult to access: the opposite of an ad hoc exhibition space and capable of housing this research carried out around questions of authenticity, manufacturing of affects and representation.
The pieces presented respond to a necessity: suffering from aphantasia (neurological particularity making the representation of mental images impossible), I thought of Mégalomartyre as a memory palace, a sensory archive of real, fantasized or artificial memories, which materialize emotions that are impossible for me to visualize. The immersive journey thus allows for a cathartic journey, where unformulated feelings come to fruition through various media and materials, and are offered for interpretation by visitors. 
Thanks to an ambiguous atmosphere, between illusion and exoticism, Mégalomartyre raises the question of the mystification of our own memories. This nostalgic staging resonates with my interest in Hillbilly Music, itself forged on the stories of a mythical (American) past, fantasized and reinvented. This is why each piece is associated with a country music title, which accompanied its creation. »

Photo :  Aurélia Casse
 

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Marc Lohner

Prix de sculpture-installation

Une aventure collective, à la fois romantique et rappelant les œuvres de Werner Herzog, prend la forme de construction d’instruments de musique à partir des débris. Les membres de l’équipage improvisent des sons en utilisant des techniques telles que la percussion, le frottement et le pincement… chacun contribue de manière spontanée, tout en étant à l’écoute. Le bois amplifié révèle des sonorités inattendues. Au-delà de la performance musicale, l’art réside également dans le déplacement, l’ingéniosité et la technicité nécessaires pour apporter ces arbres et envisager leur utilisation future. Un dispositif de réalité virtuelle permet aux spectateurs de revivre cette aventure et d’explorer l’environnement où s’accumulent les vestiges, inscrivant ainsi l’art dans le temps tout en reconnaissant sa nature transitoire.
Henri Guette, extraits


A collective adventure, both romantic and reminiscent of the works of Werner Herzog, takes the form of constructing musical instruments from debris. Crew members improvise sounds using techniques such as percussion, rubbing and plucking… everyone contributes spontaneously, while listening. Amplified wood reveals unexpected sounds. Beyond the musical performance, the art also lies in the movement, ingenuity and technicality necessary to bring these trees and consider their future use. A virtual reality device allows spectators to relive this adventure and explore the environment where the remains accumulate, thus placing the art in time while recognizing its transitory nature.
Henri Guette extracts

 

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Thomas Besset

Prix Joseph Epstein, sculpture

Les sculptures et les installations de Thomas Besset habitent l’espace comme des machines célibataires. Même si elles sont dotées d’ossatures précises et de moteurs fonctionnels, elles refusent la perfection glacée de la régularité qui les éloignerait trop du monde vivant. Ses sculptures, imprimées en 3D, présentent des ressemblances avec le corps humain : on décèle çà et là un cœur, des poumons, des cages thoraciques, des lèvres, tout ce qui permet à un être de produire un son soufflé. Les tuyaux-en cuivre, en laiton ou en plastique- rappellent autant les artères et les veines que la machinerie d’un orgue. Depuis quelques temps, les formes de Thomas Besset sont de plus en plus organiques, acceptant la mollesse et la couleur. Des fleurs s’épanouissent au sein de l’orchestre des respirations. Leur fragilité est là pour nous rappeler la délicatesse des fonctions vitales : inspirer, exhaler, être somme toute le réceptacle permanent d’un gaz nécessaire à notre survie et réussir à le transformer par la parole ou par le chant.  
Camille Paulhan, extraits 


Thomas Besset’s sculptures and installations inhabit the space like single machines. Even if they have precise frameworks and functional engines, they refuse the frozen perfection of regularity which would distance them too far from the living world. His sculptures, printed in 3D, present resemblances to the human body: here and there we detect a heart, lungs, rib cages, lips, everything that allows a being to produce a blown sound. The pipes - made of copper, brass or plastic - are as reminiscent of arteries and veins as the machinery of an organ. For some time now, Thomas Besset's shapes have become more and more organic, accepting softness and color. Flowers bloom within the orchestra of breathing. Their fragility is there to remind us of the delicacy of vital functions: to inhale, to exhale, to be, in short, the permanent receptacle of a gas necessary for our survival and to succeed in transforming it through speech or song.  
Camille Paulhan, extracts

 

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