Le regard masculin
Séjournant en Angleterre en 1825, Delacroix y rencontre le maquignon Adam Elmore qui lui offre l’hospitalité. Il profite de cette occasion pour dessiner des chevaux et découvrir les œuvres laissées par Géricault dans cette demeure où il avait été accueilli quelques années auparavant. Cette feuille s’inspire de l’une d’entre elles, représentant une cavalière au galop. L’interprétation qu’en donne Delacroix témoigne de son admiration pour le peintre du Radeau de la Méduse, mais aussi de ses talents d’aquarelliste, qu’il perfectionne au contact de l’art anglais.
As he was travelling in England in 1825, Delacroix met the horse dealer Adam Elmore, who offered him a place to stay. He put this opportunity to good use, drawing horses and studying the works Géricault had left in this very house, where he had previously resided. This sheet quotes one of them, a drawing of a woman horseback riding in a country setting. Delacroix's interpretation betrays his admiration for the painter of the Raft of the Medusa, and also reveals his talented handling of watercolor, a technique which he perfected through contact with English art.
Passionné par l’univers équestre, Horace Vernet aborde aussi bien des sujets de cavalerie que des scènes où le cheval apparaît en pleine nature, libéré de toute contrainte humaine, comme ici. Les six chevaux s’adonnent à leurs jeux familiers dans un paysage tourmenté, balayé par le vent et violemment éclairé. La facture virtuose du dessin, daté des années 1810-1820, joue des lavis aux tonalités brunes plus ou moins sombres, et légèrement rehaussés de gouache blanche.
Fascinated by the equestrian world, Horace Vernet both drew from traditional cavalry themes and devised scenes featuring wild horses roaming unchecked. Here, six horses are frolicking in the wilderness of a windswept, bluntly lit landscape. Dated between 1810 and 1820, it displays virtuoso draughtsmanship, with the use of a gradually darkening brown wash heightened with light touches of white gouache.
Datée entre 1812 et 1814, cette feuille illustre la passion de Géricault pour le cheval dont il ne cesse de chercher à capter la vitalité et l’énergie. Tout en s’appuyant sur les manuels et les traités anatomiques alors à la disposition des artistes, il fréquente assidûment les écuries, notamment les Grandes écuries de Versailles, et y peint des croupes et des poitrails. Cette feuille est un beau témoignage des recherches qu’il mène pour saisir fidèlement l’animal en mouvement avec toute sa fougue.
Dated between 1812 and 1814, this sheet exemplifies Géricault's passion for horses, whose vitality and energy he constantly sought to capture. While relying on the anatomical manuals and treatises that were available to artists at the time, he also eagerly visited stables, including the Grandes Ecuries in Versailles, where he painted the horses’ hindquarters and chests. This sheet beautifully attests the perseverance he showed in learning to grasp most faithfully the animal’s motions.
Sa mort prématurée empêcha Géricault de réaliser le pendant qu’il projetait au Radeau de la Méduse sur le thème de la La Traite des Noirs. Représentant un marché d’esclaves, ce dessin daté vers 1820 constitue un témoignage exceptionnel du projet. Au centre, un négrier s’apprête à frapper une victime aux mains attachées dans le dos et un collier de fer au cou ; à gauche, une femme suppliante est entraînée dans une barque. La composition équilibrée, la clarté des figures sculpturales, à la gestuelle tour à tour pathétique ou cruelle, traduisent la volonté de dénoncer le commerce d’esclaves et susciter l’empathie.
Géricault's untimely death prevented him from painting the pendant he intended for The Raft of the Medusa on the theme of the slave trade. Dated around 1820, this drawing depicting a slave market provides invaluable information on the project. In the center, a slave trader is about to beat a man whose hands are tied behind his back and who wears an iron collar fastened to his neck. On the left, a woman is begging for mercy while she is being dragged into a boat. The balanced composition, the clarity of the sculptural figures and of their attitudes, whether pathetic or cruel, show how the artist planned to use the grand manner of history painting to better denounce the slave trade.
Au début du XIXe siècle, le Mamelouk fascine les artistes qui en font le modèle du cavalier oriental intrépide, mystérieux et fier, incarnant les idéaux de liberté et d’égalité. Géricault le figure sur un cheval fougueux qui s’élance dans les flots, sabre tiré contre un ennemi invisible et main droite levée dans un geste de défi. Daté vers 1818, le dessin est exécuté dans un lavis plus ou moins dense qui joue des réserves de papier pour évoquer le mouvement des vagues et l’impétuosité de l’animal.
At the beginning of the 19th century, European artists were fascinated by Mameluks in whom they saw the epitomy of fearless, mysterious and proud oriental horsemen, embodying ideals of freedom and equality. Here, Géricault’s Mameluk is riding his fiery horse into the sea, drawing his sword against an invisible enemy, and defiantly raising his fist. Dated around 1818, the drawing displays various densities of wash alternating with blank spaces, to suggest the waves rolling in and the horse dashing forth.
Sans doute préparatoire à un tableau commandé à Géricault pour illustrer un épisode de l’épopée napoléonienne, ce dessin met en scène le prince Eugène, sauvant un officier d’une attaque de Cosaques. La composition est dominée par la charge hardie du prince, sabre dégainé. Sensible aux hauts faits de l’Empire, Géricault s’attache à décrire dans cet épisode plein de panache la tension des corps et l’énergie des gestes, mais dénoncera quelques années plus tard les horreurs de la guerre dans ses lithographies consacrées à la retraite de Russie.
This drawing was made in view of a painting commissioned to Gericault to illustrate an episode of the napoleonic wars. It shows prince Eugene rescuing a French officer from a Cossack raid. Rising above the composition, the prince is boldly charging, his sword drawn. Géricault was sympathetic to the Empire’s epic history, and in this flamboyant scene he accents the taut bodies and energetic gestures of its protagonists. A few years later however, he would rather expose the horrors of the war in the lithographs he designed on the Retreat from Russia.
Jeudi 15 avril 2021
18H30 - 19H30
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Le regard masculin
Jeudi 8 avril 2021
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De la guerilla des signes
D’abord élève de l’Ecole des Beaux-Arts de Rennes, Jacques Villeglé y fait la connaissance de Raymond Hains. De 1947 à 1949, il étudie l’architecture à Nantes, puis s’installe à Paris.
Collecteur d’objets sur les plages de - Saint-Malo notamment (dont Fils d’acier, 1947, sa première œuvre, aujourd’hui au Centre Pompidou), l’artiste devient dès 1949 collecteur d’affiches lacérées ; il se dénomme alors « affichiste » et proclame la « guérilla des signes ».
Mardi 6 avril 2021
10H00 - 12H00
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Auteur d’une œuvre prolixe depuis les années 1970, pionnier du « théâtre musical » associant musiciens, comédiens et public avec son Atelier Théâtre et Musique (ATEM), Georges Aperghis est l’une des figures cardinales de la création musicale contemporaine, reconnu par de nombreuses distinctions telles que le Lion d’Or de la Biennale Musicale de Venise ou le prix BBVA Frontières de la connaissance.
Jeudi 1 avril 2021
16H00 - 17H00
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Neïl Beloufa (né en 1985 à Paris, France) est un artiste/réalisateur franco-algérien qui vit et travaille à Paris. À travers sa pratique, il interroge la société et ses enjeux par le biais de différents mediums : films, sculptures et installations. Il a étudié aux Beaux-Arts de Paris et à l’école Nationale Supérieure des Arts Décoratifs à Paris ; au California Institute of the Arts, Valencia (USA) ; à Cooper Union, New York et au Fresnoy - Studio national des Arts Contemporain, Tourcoing (France).