1 /

Wan Lin Qin

La journée de Corentine

Dans ce dessin animé trois saynètes présentent les activités quotidiennes préférées de l'artiste : "regarder le paysage dans un train, regarder les gens et regarder les couchers de soleil".

Ces éléments de réflexion sur notre propre quotidien sont traités sous forme de dessin animé traditionnel pour un effet nostalgique. Wan Lin Qin a ainsi imaginé un personnage fictif dessiné à l'encre noire et manipulé à la main ou à l’aide d’un bâton.

Elle utilise ses créations comme une activité thérapeutique exorcisant ses pensées et comportements obsessionnels compulsifs.

Artiste multiculturelle, Wan Lin Qin puise son inspiration dans le travail d’écrivains japonais dont elle apprécie les univers et observations sociales.


In this cartoon, three sketches present the artist's daily activities: “looking at the landscape on a train, looking at people and looking at sunsets”.

These reflections on our own daily lives are treated in traditional cartoon form for a nostalgic effect. Wan Lin Qin has thus imagined a fictional character drawn in black ink and manipulated by hand or with a stick.

She uses her creations as a therapeutic activity to exorcise her obsessive-compulsive thoughts and behaviors.

A multicultural artist, Wan Lin Qin draws her inspiration from the work of Japanese writers whose worlds and social observations she appreciates.
 

1 /

Emile Copello

Mirages Intimes

Emile Copello travaille sur les corps et leur insertion dans un cadre. "J’ai eu envie de jouer avec ces écrans, du fait de leurs dimensions et de leurs dispositions, comme d’une ouverture. Une porte qui permette de rentrer dans un autre espace. De cette façon, l‘image s’affiche d’abord comme un trompe-l’œil, elle prolonge visuellement le couloir dans lequel nous marchons." explique-t-il.

Cette porte transparente nous dévoile l’intérieur d'un appartement, où nous pouvons observer les déplacements d’un individu et deviner le hors-champ. Les différentes apparitions de ce personnage nonchalant, filmé dans son appartement, détonnent dans le cadre d’une enfilade de bureaux dans lequel nous nous situons. 

Pourtant les petites actions effectuées par "cet intrus" ne révèlent que très peu de son intimité : se réveiller, se laver, manger... La vidéo suggère cette intimité, invite au voyeurisme mais finalement ne nous montre rien que nous ne connaissions déjà ; elle ne fait que pointer des conventions. La répétition en boucle de chaque vidéo renforce l'idée de la routine.

Les trois vidéos, qui fonctionnent chacune comme un instantané de vie domestique, créent un petit récit lorsqu’elles sont vues les unes à la suite des autres. Elles développent la situation initiale d’une narration qui ne se déclenche jamais et tourne en rond. 


Emile Copello works on bodies and their insertion into a frame. “I wanted to play with these screens, because of their size and layout, as an opening. A door into another space. In this way, the image first appears as a trompe-l'œil, visually extending the corridor we're walking through”, he explains.

This transparent door reveals the interior of an apartment, where we can observe the movements of an individual and guess at the off-screen. The various appearances of this nonchalant character, filmed in his apartment, stand out against the backdrop of a row of offices in which we find ourselves. 

Yet the small actions performed by this “intruder” reveal very little of his intimacy: waking up, washing, eating... The video suggests this intimacy, invites voyeurism, but ultimately shows us nothing we don't already know; it merely points up conventions. The looped repetition of each video reinforces the idea of routine.

The three videos, each functioning as a snapshot of domestic life, create a small narrative when viewed in succession. They develop the initial situation of a narrative that never gets going and goes round in circles.
 

1 /

Daniel Nicolaevsky Maria

Vivere Memento

Daniel Nicolaevsky Maria a toujours été inspiré par la nature et ses mouvements. Les plantes d'intérieur et leurs mouvements ont notamment attiré son regard lors du confinement du printemps 2020. 

"Dans la chambre d’isolement et confinement j’observe des plantes qui, comme moi, migrent et s’enracinent au-delà de notre terre originaire" explique l'artiste. 
Des fleurs séchées, des plantes d’Amérique du Sud et Asie, des horloges tissées dont le temps découle à l’envers et des fruits donnent à voir une composition abstraite sur la vie. Chacune des trois vidéos a été tournée pendant environ vingt-quatre heures. Vingt-quatre heures de mouvement alors qu’une inertie totale avait été demandée à la société pour son plus grand bien. 

"Vivere Memento" rappelle la vie, en traduction littérale du latin, souvenez-vous que vous êtes en vie. 


Daniel Nicolaevsky Maria has always been inspired by nature and its movements. In particular, houseplants and their movements caught his eye during the spring 2020 confinement. 

“In the isolation and confinement room, I observe plants that, like me, migrate and take root beyond our native land,” explains the artist. 
Dried flowers, plants from South America and Asia, woven clocks with time running backwards, and fruit give an abstract composition on life.
Each of the three videos was shot over a period of around twenty-four hours. Twenty-four hours of movement, while total inertia was demanded of society for its own good. 

“Vivere Memento” is a literal translation of the Latin word for life: remember that you're alive.
 

1 /

Shengqi Kong

Slow Dance

Dans la série "Slow Dance" l'artiste utilise ses archives de voyage à travers le monde en procédant par collage et surimpression faisant référence aux Surréalistes. Chaque vidéos est un fragment de la circulation aux quatre coins du monde. Ce sont des morceaux tournés lors de voyages à travers le monde, sélectionnés par l'artiste. Comme un astronome scrute la voûte étoilée pour trouver des liens entre les astres, Shengqi Kong recherche dans ses archives les liens entre ses vidéos.

"Cette collection des bonheurs de la vie quotidienne sont des témoins du monde qui marche tranquillement et qui est entretenue par la loi universelle de la gravitation" explique-t-elle. Inspirée du travail de la vidéaste suisse Pipilotti Rist, elle donne à ses vidéos un rythme sous-jacent. 
En limitant le montage à 3-7 frames par seconde tout au long de ces trois vidéos, elle présente ces mouvements quotidiens comme une danse avec la mélodie douce, qui est visualisé par enchantement des méduses. 

"Comme les images des méduses qui flottent d'un bout à l’autre dans ces vidéos, la loi danse avec nous tout le temps, malgré ses contraintes, nous libère et nous détend aussi", ajoute-t-elle.


In the “Slow Dance” series, the artist uses his archives of travels around the world, using collage and overprinting in reference to the Surrealists. Each video is a fragment of a journey around the world. They are pieces of footage shot during travels around the world, selected by the artist. As an astronomer scans the starry vault for links between the stars, Shengqi Kong searches his archives for links between his videos.

“This collection of the joys of everyday life are witnesses to a world that quietly marches on, sustained by the universal law of gravitation,” she explains. Inspired by the work of Swiss video artist Pipilotti Rist, she gives her videos an underlying rhythm. 
By limiting the editing to 3-7 frames per second throughout these three videos, she presents these everyday movements as a dance with the gentle melody, which is visualized by the enchantment of jellyfish. 

“Like the images of the jellyfish that float from one end to the other in these videos, the law dances with us all the time, despite its constraints, freeing us and relaxing us too,” she adds.
 

1 /

Garush Melkonyan

Études du corps figé

Dans ces trois vidéos le spectateur est confronté à l'étrangeté d'une figure de statue, mi-vivante, mi-figée, comme si elle commençait de s’animer peu à peu.

La caméra, tournant au ralenti autour de cette figure, lui confère une dimension hypnotique et troublante. Les cadrages brouillent la perception de l’espace qui est celui de ce corps, et redessinent ainsi ses formes. Le temps et l’espace se reconfigurent alors, infiniment.

La démarche artistique de Garush Melkonyan se situe entre la vidéo et l’installation. Il s’interroge sur les cadres, techniques et conceptuels de ces pratiques en les déstabilisant, en particulier en faisant interagir la vidéo avec l’espace dans lequel elle est projetée. La vidéo est ainsi devenue pour lui un terrain inépuisable d’expérimentations, un moyen de créer des expériences en un lieu et un temps inédits.


In these three videos, the viewer is confronted with the strangeness of a statue-like figure, half-living, half-figuring, as if gradually coming to life.

The camera, moving in slow motion around this figure, lends it a hypnotic, unsettling dimension. The framing blurs the body's perception of space, redrawing its forms. Time and space are infinitely reconfigured.

Garush Melkonyan's artistic approach lies somewhere between video and installation. He questions the technical and conceptual frameworks of these practices by destabilizing them, in particular by making video interact with the space in which it is projected. Video has thus become for him an inexhaustible field of experimentation, a means of creating experiences in an unprecedented time and place.
 

1 /

Célia Boutilier

Rêverie Cosmique

À travers ces trois œuvres, Célia Boutilier entend créer une passerelle entre deux échelles fondamentalement lointaines. « Photographier les objets signifie les donner à voir, mais aussi les transformer. Transformer les choses évidentes m’intéresse énormément », explique l’artiste. Les trois pièces vidéos proposées, Moonscape, Measurements et Steamscape, se côtoient dans leurs différences et s’aventurent dans la complexité des images et des outils qui les fabriquent.

Moonscape : goutte d’eau tombant sur un lit de spores de lycopodes, filmée par une caméra à haute vitesse, dilatant le spectaculaire de l’impact. Un sentiment d’étrangeté lorsque l’on réalise que l’oeil est une machine technique : ce n’est qu’à travers l’appareil que nous percevons ce qui nous serait impossible de voir sans lui.

Measurements : quatre séquences de deux instruments de mesure météorologiques dont la fonction est de quantifier les éléments naturels. Elles confrontent l’agitation de l’anémomètre et l’impassibilité du pluviomètre attendant la pluie. Les plans fixes monumentalisent la mesure et opposent la fonction de ces objets (la clarté de leur analyse) à l’étrange indiscernabilité de leurs formes.

Steamscape : cinq plans prenant pour sujet des objets présents dans la stratosphère basse. Une pérégrination dans un paysage nuageux presque solide, vu à travers une fenêtre griffée et givrée, à la recherche de la provenance des gouttes d’eau. La séquence en avion nous place dans une dépendance artificielle en dehors de l’air, et nous reconduit sur terre où il est question de l’habiter sans habitacle.


Through these three works, Célia Boutilier aims to create a bridge between two fundamentally distant scales. "Photographing objects means making them visible, but also transforming them. Transforming the obvious interests me enormously", explains the artist. The three video pieces on offer, Moonscape, Measurements and Steamscape, stand side by side in their differences, venturing into the complexity of images and the tools that make them. 

Moonscape: a drop of water falling on a bed of lycopod spores, filmed by a high-speed camera, dilating the spectacular of the impact. A feeling of strangeness when we realize that the eye is a technical machine: it is only through the camera that we perceive what would be impossible to see without it. 

Measurements: four sequences of two meteorological measuring instruments whose function is to quantify natural elements. They contrast the agitation of the anemometer with the impassivity of the rain gauge awaiting the rain. The still shots monumentalize the measurement, contrasting the function of these objects (the clarity of their analysis) with the strange indiscernibility of their forms. 

Steamscape: five shots of objects in the lower stratosphere. A peregrination through an almost solid cloudscape, seen through a scratched and frosted window, in search of the origin of water drops. The airplane sequence places us in an artificial dependency outside the air, and brings us back down to earth, where it's a question of living without a cabin.
 

Mardi 29 avril 2025

09H30 - 12H00

Amphithéâtre d'Honneur

14 rue Bonaparte, 75006 Paris

ENTRÉE LIBRE

Cet atelier relie les histoires d'artistes d'Asie, d'Afrique et d'Amérique latine qui ont travaillé et étudié à Paris entre 1945 et 1989.

En identifiant les figures charnières, les nœuds d'intersection, les lignes de connexion parallèles et transversales, cette recherche collaborative propose un nouveau modèle analytique qui permet aux chercheurs de visualiser les connexions sud-sud afin de conceptualiser les métropoles non pas comme des points d'origine ou des terrains d'entraînement mondiaux, mais comme des espaces d'intersection et de flux qui nous permettent de comprendre les

1 /

Théo Audoire

HUSFLYTT

Ces images ont été tournées à Kiruna, une ville en plein déménagement. Reposant sur la plus grande mine de fer d'Europe, elle est menacée de s'effondrer. Chaque maison du centre ville doit être déplacée de trois kilomètres vers l’est donnant naissance à un étrange ballet sur la neige. 

Les quartiers proches deviennent des banlieues éloignées et le quartier industriel se retrouve au cœur de ville.Contrairement à d'autres villes, ici toute la cartographie dépend de ce qui se passe sous la terre. L’activité minière est à la fois ce qui fait vivre la ville et ce qui l’oblige à déménager.

Dans les rues de Kiruna, on peut ainsi croiser de grandes villas de bois en plein déménagement. Ces trois montages invitent à partager un bout de trajet avec ces maisons, dans son ambiance toute particulière. Le dispositif qui déplace les maisons n’est jamais dévoilé, afin de donner un caractère poétique et surnaturel à ces opérations, considérées comme banales par les habitants du lieu. 
Ces images font partie d’un projet artistique plus large, mêlant les transformations physiques de la ville aux récits de ses habitants.


These images were shot in Kiruna, a city in the process of moving. Resting on Europe's largest iron ore mine, it is threatened with collapse. Every house in the city center has to be moved three kilometers to the east, creating a strange ballet on the snow. 

Unlike other cities, here all cartography depends on what's going on underground. Mining is both what sustains the town and what forces it to move.

In the streets of Kiruna, for example, we come across large wooden villas in the process of being moved. These three montages invite us to share a stretch of the journey with these houses, in their very special atmosphere. The device that moves the houses is never revealed, so as to lend a poetic and supernatural character to these operations, considered commonplace by the local inhabitants. 
These images are part of a wider artistic project, combining the physical transformations of the city with the stories of its inhabitants.

 

Les Beaux-Arts de Paris poursuivent leur engagement pour la transition écologique et renouvellent leur partenariat avec La Réserve des Arts.

Cette association à but non lucratif soutient le développement d’une économie circulaire et solidaire du secteur culturel, créatif et artisanal en collectant, valorisant et remettant en circulation les matériaux du secteur. L’adhésion au programme « Club des Écoles » permet à chaque étudiant∙e, professeur.e et agent de devenir adhérent pour 1€ symbolique et d’accéder à l’achat de matériaux à prix solidaires.

Romane Charlot diplômée 2024, est la lauréate de l'appel à projet de L’apes-Seqens / Groupe ActionLogement, organisé avec les Beaux-Arts de Paris, pour le parking des Esselières à Villejuif (94).

 

Objectif : Rendre hospitalier le parking des Esselières au sein d’une résidence et d’un quartier en pleine requalification. L’approche artistique devait se doubler d’une dynamique participative, en amont, pendant et après le projet.

 

S'abonner à