Du mardi 17 octobre 2023 au dimanche 22 octobre 2023
Tous les jours de 10h à 19h
Chapelle des Petits-Augustins
14 rue Bonaparte, 75006 Paris
Les Beaux-Arts de Paris sont heureux d'accueillir avec Paris+ par Art Basel le projet de Jessica Warboys et la galerie Gaudel de Stampa (Paris).
La Chapelle des Petits-Augustins des Beaux-Arts de Paris accueillera une exposition de Jessica Warboys, titrée ' THIS TAIL GROWS AMONG RUINS', dans laquelle l'artiste britannique explore l'intersection entre la culture et la nature, au travers d'une installation audiovisuelle et un large collage de toiles.
Jessica Warboys réalise ces peintures en suivant un processus unique. Elle badigeonne la toile de cire d'abeille, l'immerge dans des plans d'eau sauvages, puis la saupoudre de pigments minéraux sur les rives. Dans son œuvre vidéo éponyme, l'artiste met en scène le voyage d'une bougie à travers différents sites où la nature et la culture se rencontrent, dont la Biblioteca Joanina à Coimbra, au Portugal, qui abrite une colonie de chauves-souris qui protègent ses précieux manuscrits des insectes, ainsi que la forêt de pins qui entoure le Centre Arvo Pärt à Laulasmaa, en Estonie. La vidéo est accompagnée d'une bande sonore, composée par Morten Norbye Halvorsen à partir de bruits amplifiés des chauves-souris.
Du mardi 17 octobre 2023 au dimanche 22 octobre 2023 tous les jours de 10h à 19h
Exposition en entrée libre
Chapelle des Petits-Augustins
14 rue Bonaparte, Paris 6
Portrait de Jessica Warboys
RIVER PAINTING FOSSBEKKEN 2021
THIS TAIL GROWS AMONG RUINS
THIS TAIL GROWS AMONG RUINS
Les Beaux-Arts de Paris remettent traditionnellement chaque fin d’année scolaire un ensemble de prix, aides et bourses dont ils ont la chance de pouvoir faire bénéficier les étudiants et jeunes diplômés de l’établissement, grâce à la générosité de donateurs historiques ou nouvellement impliqués en faveur de la jeune création. Ces donateurs ont, soit procédé à des dons et legs directement en faveur des Beaux-Arts de Paris, soit créé des fondations unipersonnelles abritées par la Fondation de France, comportant un ou plusieurs objets, dont le soutien aux Beaux-Arts de Paris.
Théo Pall vit et travaille à Romainville. Originaire de Savoie, il a confondu avec Eli Abenhag – avant d’être rejoint par Fanny Lallart – les éditons Burn~Août. Ensemble ils ont traversé le contexte politique de ces dernières années en participant à ses luttes et en prenant conscience de l’importance des formes imprimées et de leur dispersion. Ainsi, à l’issue de leurs formations respectives en arts, iels se sont tourné·es vers une pratique de l’édition indépendante, animé·es par une sensation d’urgence sociale, féministe et climatique. Iels pensent et inventent des outils pour chacune des étapes de la publication d’un livre : de la direction éditoriale à la production et la diffusion de leurs objets, ils expérimentent des dispositifs. Ils sont particulièrement intéressé·es par les formes légères et économiques (tracts, affiches, brochures, etc.) qui peuvent se reproduire vite, se disperser et s’échanger facilement. Ces formats reproductibles s’inscrivent dans une histoire politique de l’impression et de l’édition, dans une généalogie de la forme imprimée en tant qu’outils au service des luttes. Dans une de leurs publications : "L’histoire de Semiotext (e)", Sylvère Lotringer raconte ses rêves à Chris Kraus et dit que « Les textes sont moins importants que les maillages qu’ils produisent ensemble ». Ce sont ces maillages qui les intéressent et leur travail artistique est avant tout un prétexte pour créer une force collective, imaginer des alternatives possibles à une société centrée sur l’exploitation, la croissance et le profit.
Amira Al-Sharif
Théo Pall lives and works in Romainville. Originally from Savoie, he founded Burn~Août with Eli Abenhag - before being joined by Fanny Lallart. Together they have lived through the political context of recent years, taking part in the struggles and becoming aware of the importance of printed forms and their dispersal. Following their respective arts training, they turned to independent publishing, driven by a sense of social, feminist and climate urgency. They think about and invent tools for every stage in the publication of a book: from editorial direction to the production and distribution of their work, they experiment with different systems. They are particularly interested in lightweight, low-cost forms (leaflets, posters, brochures, etc.) that can be reproduced quickly, dispersed and exchanged easily. These reproducible formats are part of a political history of printing and publishing, part of a genealogy of the printed form as a tool in the service of struggles. In one of their publications, "L'histoire de Semiotext (e)", Sylvère Lotringer recounts her dreams to Chris Kraus and says that "Texts are less important than the meshes they produce together". It's these connections that interest them, and their artistic work is above all a pretext for creating a collective force, imagining possible alternatives to a society centred on exploitation, growth and profit.
Amira Al-Sharif
Vit et travaille à Paris.
Né en 1995 aux Antilles sur l’île de la Guadeloupe. A l’âge de 8 ans, Elladj quitte son île natale pour la Métropole avec sa famille. C’est un total changement, voire une révolution physique, mentale et culturelle.
À la manière de la mangrove, écosystème tropical au croisement de la forêt et du marais, où tous les arbres s’enchevêtrent et mêlent leurs racines au fond de l’eau, le geste plastique d’Elladj Lincy Deloumeaux s’étend sur les territoires de l’imaginaire et de l’histoire.
Il opère un travail d’expérimentation et de documentation, s’attachant aux images matrimoniales, symboliques et spirituelles. Il se réapproprie les lieux et les espaces traversés à travers une galerie de portraits, fragments mêlés d’un récit intime et du récit plus vaste d’un territoire unique, celui des Antilles.
Son travail est une forme de parcours initiatique, une réappropriation d’un soi ancestral qui passe par une confrontation à sa propre obscurité, avant de s’éveiller à sa propre lumière. Un passage de la méconnaissance à la connaissance de soi qui nécessite « une mise à mort » des illusions.
Lives and works in Paris.
Born in 1995 on the island of Guadeloupe in the West Indies. At the age of 8, Elladj left his native island for Metropolitan France with his family. It was a total change, a physical, mental and cultural revolution.
In the manner of the mangrove, a tropical ecosystem at the crossroads of forest and swamp, where all the trees intertwine and intertwine their roots at the bottom of the water, Elladj Lincy Deloumeaux's plastic gesture extends into the territories of the imaginary and of history.
His work involves experimentation and documentation, focusing on matrimonial, symbolic and spiritual images. He reappropriates the places and spaces he has travelled through through a gallery of portraits, fragments of both an intimate story and the wider narrative of a unique territory, that of the West Indies.
Her work is a kind of initiatory journey, a reappropriation of an ancestral self that involves a confrontation with its own darkness, before awakening to its own light. It's a journey from ignorance to self-knowledge, a journey that requires the 'killing' of illusions.
Dans mon travail plastique je cherche à rendre compte de peurs, conscientes, inconscientes ou transmises. Pour ce faire, je travaille par contradiction d’éléments antinomiques, qui s’entrechoquent et se répondent. Ainsi, je travaille par séquences, dans lesquelles je donne à voir des évènements qui se développent dans le temps. Je les mets en relation avec des images fixes, beaucoup plus calmes et figées, pour faire ressortir par contraste ces peurs.
Pour mieux traiter des peurs au sein de ces séquences, j'y fais venir l'irréel, presque fantastique, qui survient grâce à des perspectives frontales, des répétitions et transformations des motifs, des ombres et des doubles, et la saturation de mes images. S'il n'y a que des ombres humanoïdes dans mes travaux, c'est pour que l'on puisse potentiellement s'y identifier et se les approprier. Mes dessins sont principalement construits d’après mémoire ou imagination.
In my visual work, I try to reflect fears, whether conscious, unconscious or transmitted. To do this, I work through the contradiction of antinomic elements, which clash and respond to each other. I work in sequences, showing events that develop over time. I place them in relation to still images, which are much calmer and frozen, to bring out these fears by contrast.
To deal more effectively with the fears within these sequences, I bring in the unreal, almost fantastic, which occurs through frontal perspectives, repetitions and transformations of motifs, shadows and doubles, and the saturation of my images. If there are only humanoid shadows in my work, it's so that we can potentially identify with them and make them our own. My drawings are mainly constructed from memory or imagination.
Mes peintures sont issues de sujets de la culture littéraire ou cinématographique. Je les compose en puisant diverses formes issues de l’Histoire de l’art. Avant tout, j'essaie de frapper l'imagination du spectateur avec ces images. Les scènes déplacent parfois l’histoire dans un costume moderne mais surtout tentent de transmettre une vision personnelle du moment peint. Je souhaite qu’en résulte une superposition de représentations qui interroge le spectateur à son rapport à l’imaginaire et à la matière.
D'un point de vue technique, j'ai tendance à utiliser des coups de pinceau contrastés, parfois fondus et parfois laissés apparents. Les ombres sont légères tandis que la matière est plus épaisse à mesure que les valeurs deviennent plus claires. Les techniques du grattage et de l’estampage irrégulier interviennent parfois en s’opposant aux autres gestes du pinceau.
My paintings are based on subjects from literary or cinematographic culture. I compose them by drawing on various forms from the history of art. Above all, I try to capture the viewer's imagination with these images. The scenes sometimes displace the story in a modern costume, but above all they try to convey a personal vision of the painted moment. I want the result to be a superimposition of representations that questions the viewer's relationship with the imaginary and with the material.
From a technical point of view, I tend to use contrasting brushstrokes, sometimes blending in and sometimes leaving them visible. The shadows are light, while the material becomes thicker as the values become lighter. Scraping and irregular stamping techniques are sometimes used in opposition to other brushstrokes.
J’ai découvert il y a peu l’expression d’ébriété narrative. Nous nous serions perdus dans des histoires, celles que nous racontent nos cultures, nos politiques, nos institutions et nos croyances au point de ne plus savoir laquelle suivre. Je suis fascinée et touchée par ceux qui essaient de rendre cohérents tous les personnages et mouvements de notre monde contemporain avec à la clé un moyen de compréhension et de maîtrise de ce qui nous arrive. Les récits néo-chamaniques et conspirationnistes de mon enfance me donnent matière à jouer avec la perméabilité des mondes et des réalités. Mes installations, vidéos, dessins et sculptures se parcourent comme une investigation, et puisent tant dans des éléments fantastiques que scientifiques, en se faisant parfois critique des récits contemporains dominants. Derrière le carcan des récits officiels se trouvent une multitude d’autres possibles plein de poésie, parfois d’humour et souvent d’espoir. Ma pratique se développe dans ce gouffre où tout se mélange et me permet de jouer avec ces fictions parallèles souvent fantasques.
I recently came across the expression "narrative inebriation". We are so lost in the stories told to us by our cultures, our politics, our institutions and our beliefs that we no longer know which one to follow. I'm fascinated and touched by those who try to make all the characters and movements of our contemporary world coherent, with the key being a means of understanding and mastering what's happening to us. The neo-shamanic and conspiracy stories of my childhood give me material to play with the permeability of worlds and realities. My installations, videos, drawings and sculptures take the form of an investigation, drawing on both fantastical and scientific elements, and sometimes criticising the dominant contemporary narratives. Behind the straitjacket of official narratives lie a multitude of other possibilities full of poetry, sometimes humour and often hope. My practice develops in this abyss where everything mixes together and allows me to play with these often fantastical parallel fictions.
En donnant une place centrale à la représentation d’hommes, ma pratique explore les thèmes de la gloire, de la violence, de la religion, de la quête de richesse et d’élévation. La narration sert de base : c’est en illustrant des textes anciens comme le Paradis Perdu et la Bible que je tente de montrer la pérennité de ces aspirations humaines, leur universalité et leur résonance à l’époque contemporaine.
Étant inspirée par l’art médiéval et renaissant, particulièrement par la miniature, une grande attention est prêtée au détail et à la couleur. Je tente d’apporter de la gaité grâce à des couleurs très vives malgré la rigidité des personnages, la mélancolie et la violence des sujets. La peinture est diluée, translucide et brillante.
La boxe apparaît souvent dans mes dessins et mes peintures, pour établir des parallèles entre cet univers et la religion chrétienne car la boxe, comme la religion, condense et ritualise la violence humaine.
Il s’agit d’une réflexion sur le boxeur comme archétype du héros auquel on peut s’identifier, au combat comme archétype de l’action et à l’arène comme métaphore du monde.
Depuis quelques mois, j’étudie le poème Le Paradis Perdu de John Milton. Les images que la lecture imprime dans l’imagination sont innombrables, terribles et colorées. La profusion de détails, le caractère ténébreux et à la fois rayonnant des créatures et des lieux dans le poème s’accordent avec mes intentions esthétiques, de même que le caractère attrayant ou paradoxalement vivant de la mort, de la désolation et du mal. Loin de vouloir glorifier le mal et la violence, je cherche en peignant une forme d’harmonie et d’apaisement.
Mon travail croise des influences iconographiques anciennes, du Moyen-Âge et de la Renaissance, et des références contemporaines. Je m’inspire de la boxe thaïlandaise et anglaise, de l’univers gangster du cinéma, des films de Takeshi Kitano en particulier ou de la série napolitaine Gomorrah.
J’aime les mosaïques byzantines aux couleurs éclatantes, les miniatures mogholes, les peintres primitifs de la Renaissance comme Bartolomé Bermejo et ses rutilantes visions de l’au-delà, les peintures de Rufino Tamayo, Leonora Carrington et Leon Golub.
By giving a central place to the representation of men, my practice explores the themes of glory, violence, religion, the quest for wealth and elevation.Narrative serves as a basis: it is by illustrating ancient texts such as Paradise Lost and the Bible that I attempt to show the enduring nature of these human aspirations, their universality and their resonance in contemporary times.
Being inspired by medieval and renaissance art, particularly miniatures, I pay great attention to detail and colour.I try to bring cheerfulness through very bright colours, despite the rigidity of the figures and the melancholy and violence of the subjects.The paint is diluted, translucent and glossy.
Boxing often appears in my drawings and paintings, to draw parallels between this universe and the Christian religion, because boxing, like religion, condenses and ritualises human violence.
It's a reflection on the boxer as an archetypal hero with whom we can identify, the fight as an archetypal action and the arena as a metaphor for the world.
For a few months now, I've been studying John Milton's poem Paradise Lost.
The images that reading it imprints on the imagination are countless, terrible and colourful. The profusion of detail and the gloomy yet radiant character of the creatures and places in the poem fit in with my aesthetic intentions, as does the attractive or paradoxically vivid character of death, desolation and evil. Far from wanting to glorify evil and violence, I seek in painting a form of harmony and appeasement.
My work combines ancient iconographic influences, from the Middle Ages and the Renaissance, with contemporary references. I'm inspired by Thai and English boxing, the gangster world of cinema, Takeshi Kitano's films in particular, and the Neapolitan series Gomorrah.
I love brightly coloured Byzantine mosaics, Mughal miniatures, primitive Renaissance painters like Bartolomé Bermejo and his gleaming visions of the afterlife, and the paintings of Rufino Tamayo, Leonora Carrington and Leon Golub.
"Mes sculptures et installations sont construites selon un rapport d'oxymore ; une logique des contraires où j'hybride des formes et symboles empruntés à l'architecture, à l'industrie, à la nature et à l'ornementation. Ces oppositions me permettent de créer des espaces où l'intérieur et l'extérieur, le visible et l'invisible se confondent. J'utilise ces hybridations pour créer des sculptures se situant entre hostilité et bienveillance. Plusieurs d'entre elles évoluent dans une dynamique de croissance et de dissémination. Ces sculptures contaminent l'espace, se développant à travers l'architecture du bâtiment en imitant des comportements assimilés à des milieux naturels et industriels. Elles se propagent sur les structures des lieux d'exposition et également parfois sur les œuvres d'autres artistes.
Ce processus me permet de créer une réalité propre à l'espace d'exposition interrogeant l'équilibre existant entre habiter et construire. Les milieux perturbés produits par ces pièces peuvent être perçus comme des tissages où les liens existants entre structures urbaines, sociales et biologiques viennent s'entremêler, se superposer et se confondre."
"My sculptures and installations are constructed according to an oxymoron; a logic of opposites in which I hybridise forms and symbols borrowed from architecture, industry, nature and ornamentation. These opposites allow me to create spaces where inside and outside, the visible and the invisible merge. I use these hybridities to create sculptures that straddle the line between hostility and benevolence. Several of them evolve in a dynamic of growth and dissemination. These sculptures contaminate the space, developing through the architecture of the building by imitating behaviours assimilated to natural and industrial environments. They spread to the structures of the exhibition spaces and sometimes to the works of other artists.
This process enables me to create a reality specific to the exhibition space, questioning the balance between living and building. The disturbed environments produced by these pieces can be seen as weavings in which the existing links between urban, social and biological structures become intertwined, superimposed and confused."