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Clarisse AÏN

Prix du Cabinet WEIL, GOTSHAL & MANGES

J’ai découvert il y a peu l’expression d’ébriété narrative. Nous nous serions perdus dans des histoires, celles que nous racontent nos cultures, nos politiques, nos institutions et nos croyances au point de ne plus savoir laquelle suivre. Je suis fascinée et touchée par ceux qui essaient de rendre cohérents tous les personnages et mouvements de notre monde contemporain avec à la clé un moyen de compréhension et de maîtrise de ce qui nous arrive. Les récits néo-chamaniques et conspirationnistes de mon enfance me donnent matière à jouer avec la perméabilité des mondes et des réalités. Mes installations, vidéos, dessins et sculptures se parcourent comme une investigation, et puisent tant dans des éléments fantastiques que scientifiques, en se faisant parfois critique des récits contemporains dominants. Derrière le carcan des récits officiels se trouvent une multitude d’autres possibles plein de poésie, parfois d’humour et souvent d’espoir. Ma pratique se développe dans ce gouffre où tout se mélange et me permet de jouer avec ces fictions parallèles souvent fantasques.

 

I recently came across the expression "narrative inebriation". We are so lost in the stories told to us by our cultures, our politics, our institutions and our beliefs that we no longer know which one to follow. I'm fascinated and touched by those who try to make all the characters and movements of our contemporary world coherent, with the key being a means of understanding and mastering what's happening to us. The neo-shamanic and conspiracy stories of my childhood give me material to play with the permeability of worlds and realities. My installations, videos, drawings and sculptures take the form of an investigation, drawing on both fantastical and scientific elements, and sometimes criticising the dominant contemporary narratives. Behind the straitjacket of official narratives lie a multitude of other possibilities full of poetry, sometimes humour and often hope. My practice develops in this abyss where everything mixes together and allows me to play with these often fantastical parallel fictions.

 

CHASING THE SUN

 

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Raphaëlle BENZIMRA

Prix du PORTRAIT Bertrand de DEMANDOLX- DEDONS

En donnant une place centrale à la représentation d’hommes, ma pratique explore les thèmes de la gloire, de la violence, de la religion, de la quête de richesse et d’élévation. La narration sert de base : c’est en illustrant des textes anciens comme le Paradis Perdu et la Bible que je tente de montrer la pérennité de ces aspirations humaines, leur universalité et leur résonance à l’époque contemporaine.  

Étant inspirée par l’art médiéval et renaissant, particulièrement par la miniature, une grande attention est prêtée au détail et à la couleur. Je tente d’apporter de la gaité grâce à des couleurs très vives malgré la rigidité des personnages, la mélancolie et la violence des sujets. La peinture est diluée, translucide et brillante.

La boxe apparaît souvent dans mes dessins et mes peintures, pour établir des parallèles entre cet univers et la religion chrétienne car la boxe, comme la religion, condense et ritualise la violence humaine.
Il s’agit d’une réflexion sur le boxeur comme archétype du héros auquel on peut s’identifier, au combat comme archétype de l’action et à l’arène comme métaphore du monde.

Depuis quelques mois, j’étudie le poème Le Paradis Perdu de John Milton. Les images que la lecture imprime dans l’imagination sont innombrables, terribles et colorées. La profusion de détails, le caractère ténébreux et à la fois rayonnant des créatures et des lieux dans le poème s’accordent avec mes intentions esthétiques, de même que le caractère attrayant ou paradoxalement vivant de la mort, de la désolation et du mal.  Loin de vouloir glorifier le mal et la violence, je cherche en peignant une forme d’harmonie et d’apaisement.


Mon travail croise des influences iconographiques anciennes, du Moyen-Âge et de la Renaissance, et des références contemporaines. Je m’inspire de la boxe thaïlandaise et anglaise, de l’univers gangster du cinéma, des films de Takeshi Kitano en particulier ou de la série napolitaine Gomorrah.
J’aime les mosaïques byzantines aux couleurs éclatantes, les miniatures mogholes, les peintres primitifs de la Renaissance comme Bartolomé Bermejo et ses rutilantes visions de l’au-delà, les peintures de Rufino Tamayo, Leonora Carrington et Leon Golub.  
 

 

By giving a central place to the representation of men, my practice explores the themes of glory, violence, religion, the quest for wealth and elevation.Narrative serves as a basis: it is by illustrating ancient texts such as Paradise Lost and the Bible that I attempt to show the enduring nature of these human aspirations, their universality and their resonance in contemporary times.  

Being inspired by medieval and renaissance art, particularly miniatures, I pay great attention to detail and colour.I try to bring cheerfulness through very bright colours, despite the rigidity of the figures and the melancholy and violence of the subjects.The paint is diluted, translucent and glossy.

Boxing often appears in my drawings and paintings, to draw parallels between this universe and the Christian religion, because boxing, like religion, condenses and ritualises human violence.
It's a reflection on the boxer as an archetypal hero with whom we can identify, the fight as an archetypal action and the arena as a metaphor for the world.

For a few months now, I've been studying John Milton's poem Paradise Lost.

The images that reading it imprints on the imagination are countless, terrible and colourful. The profusion of detail and the gloomy yet radiant character of the creatures and places in the poem fit in with my aesthetic intentions, as does the attractive or paradoxically vivid character of death, desolation and evil.  Far from wanting to glorify evil and violence, I seek in painting a form of harmony and appeasement.


My work combines ancient iconographic influences, from the Middle Ages and the Renaissance, with contemporary references. I'm inspired by Thai and English boxing, the gangster world of cinema, Takeshi Kitano's films in particular, and the Neapolitan series Gomorrah.
I love brightly coloured Byzantine mosaics, Mughal miniatures, primitive Renaissance painters like Bartolomé Bermejo and his gleaming visions of the afterlife, and the paintings of Rufino Tamayo, Leonora Carrington and Leon Golub.

 

Portrait de Montien Piar

 

 

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Charlotte Simonnet

Prix THADDAEUS ROPAC

"Mes sculptures et installations sont construites selon un rapport d'oxymore ; une logique des contraires où j'hybride des formes et symboles empruntés à l'architecture, à l'industrie, à la nature et à l'ornementation. Ces oppositions me permettent de créer des espaces où l'intérieur et l'extérieur, le visible et l'invisible se confondent. J'utilise ces hybridations pour créer des sculptures se situant entre hostilité et bienveillance. Plusieurs d'entre elles évoluent dans une dynamique de croissance et de dissémination. Ces sculptures contaminent l'espace, se développant à travers l'architecture du bâtiment en imitant des comportements assimilés à des milieux naturels et industriels. Elles se propagent sur les structures des lieux d'exposition et également parfois sur les œuvres d'autres artistes.


Ce processus me permet de créer une réalité propre à l'espace d'exposition interrogeant l'équilibre existant entre habiter et construire. Les milieux perturbés produits par ces pièces peuvent être perçus comme des tissages où les liens existants entre structures urbaines, sociales et biologiques viennent s'entremêler, se superposer et se confondre."
 

 

"My sculptures and installations are constructed according to an oxymoron; a logic of opposites in which I hybridise forms and symbols borrowed from architecture, industry, nature and ornamentation. These opposites allow me to create spaces where inside and outside, the visible and the invisible merge. I use these hybridities to create sculptures that straddle the line between hostility and benevolence. Several of them evolve in a dynamic of growth and dissemination. These sculptures contaminate the space, developing through the architecture of the building by imitating behaviours assimilated to natural and industrial environments. They spread to the structures of the exhibition spaces and sometimes to the works of other artists.


This process enables me to create a reality specific to the exhibition space, questioning the balance between living and building. The disturbed environments produced by these pieces can be seen as weavings in which the existing links between urban, social and biological structures become intertwined, superimposed and confused."

 

Contamination

 

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Jérémie DANON

Prix agnès b.

L’individu, son identité et la place que lui donne la société sont au cœur de mon travail.

Par le biais des rencontres et des liens que je noue, je m’immerge dans des univers qui ne sont pas les miens. Mes travaux rendent compte du temps passé et des moments partagés ensemble au moyen de la photographie, de la peinture et de la vidéo, en faisant la somme de mes observations et de mes interrogations.

Dans une approche au croisement du documentaire et de l’expression plastique, mon travail permet de présenter très directement les paroles et histoires dont je me fais le médiateur ; les formes qui en résultent ne relèvent pas de la seule documentation, mais de la transposition d’une expérience commune présentée sous forme d’installation.

 

The individual, his identity and the place given to him by society are at the heart of my work.

Through the encounters and relationships I form, I immerse myself in worlds that are not my own. Using photography, painting and video, my work captures the time spent and the moments shared together, bringing together my observations and questions.

Taking an approach at the crossroads of documentary and visual expression, my work enables me to present very directly the words and stories that I mediate; the resulting forms are not simply documentation, but the transposition of a shared experience presented in the form of an installation.

Open Air

L’association Les Amis des Beaux-Arts de Paris, fondée et présidée par agnès b., a décerné le 29 juin 2023 huit prix aux étudiant·es de l’École sélectionné·es par un jury composé de professionnel·les du monde de l'art contemporain.

Retour sur les deux expositions organisées conjointement à Mains d’œuvres et aux beaux-arts de Paris dans le cadre des Ateliers ouverts de l’école et en partenariat avec le fameux lieu de création et de diffusion artistique de Saint-Ouen !

Les Beaux-Arts de Paris remettent traditionnellement chaque fin d’année scolaire un ensemble de prix, aides et bourses dont ils ont la chance de pouvoir faire bénéficier les étudiants et jeunes diplômés de l’établissement, grâce à la générosité de donateurs historiques ou nouvellement impliqués en faveur de la jeune création. Ces donateurs ont, soit procédé à des dons et legs directement en faveur des Beaux-Arts de Paris, soit créé des fondations unipersonnelles abritées par la Fondation de France, comportant un ou plusieurs objets, dont le soutien aux Beaux-Arts de Paris.

Vedettes de Paris partenaire des Beaux-Arts de Paris pour créer une œuvre artistique avec ses matériaux recyclés

 

L’artiste Nastassia Kotava, diplômée 2020 des Beaux-Arts de Paris, propose une création artistique en volume mettant en scène diverses pièces provenant des bateaux.
L’œuvre est exposée au quai de Suffren à partir du 11 juillet 2023.

 

Pour sa quatrième édition, « À première vue » aura lieu du mercredi 12 juillet au vendredi 1er septembre 2023.
Pendant tout l’été, les galeries participantes de Saint-Germain-des-Prés présentent dans leurs vitrines les pièces d'un·e jeune diplômé·e des Beaux-Arts de Paris.

Pour cette édition 2023, le musée accueille l'artiste Victoire Mangez qui propose un projet collectif à partir d’œuvres choisies de Jean-Jacques Henner.

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